Loulav
Le Loulav


Extrait de : SOUKOTH - MATERIEL DE DOCUMENTATION ET SUGGESTIONS D'ACTIVITES, édité par le Département Jeunesse et Hehaloutz de l'Organisation Sioniste Mondiale sous la direction d'Eliahou Eilon.


On observe pendant toute la fête de Soukoth, sauf le Shabath, le commandement des arba'a minim. Ces "quatre espèces" comprennent : un cédrat -ethrog- ; une palme -loulav- ; trois rameaux de myrte -hadassim- ; et deux de saule -'aravoth-. Les branches sont liées à la palme, généralement par trois noeuds tress&eacutes au moyen de feuilles ou de fibres provenant du loulav lui-même.

A la fin de la prière du matin, on saisit le bouquet ainsi constitué dans la main droite, y joignant le cédrat tenu verticalement dans la main gauche, et on les agite par trois fois dans la direction des points cardinaux, puis vers le haut et le bas. Une bénédiction précède ces gestes qui se répéteront à plusieurs reprises au cours de la récitation des psaumes du Hallel. Il est recommandé de posséder son propre loulav, bien qu'à la rigueur on puisse emprunter celui de la communauté.

Selon Maïmonide, les quatre espèces végétales représentent le plus beau fruit (cédrat), le meilleur parfum (myrte), la plus belle feuille (palmier), et la précieuse plante dont la présence indique la proximité de l'eau (saule).

La Kabale propose une autre interprétation symbolique :
Les quatre espèces représentent les quatre catégories d'hommes qui forment le peuple d’Israël : Les hommes de savoir et de mérite (le cédrat, qui joint le parfum à la beauté) ; les hommes de savoir mais dépourvus de mérite (le myrte, parfumè mais d'aspect quelconque) ; les hommes de mérite mais qui n'ont aucun savoir (la branche de palmier, majestueuse mais inodore) ; et enfin, les hommes ignorants que ne rachètent aucune action méritoire, assimilés au saule qui est sans beauté ni parfum.


LA ROUTE DES HEBREUX VERS LA TERRE PROMISE


"Vous prendrez le premier jour, du fruit de l'arbre Hadar, des branches de palmier, des rameaux de l'arbre Aboth et des saules de rivière; et vous vous réjouirez, en présence de l'Eternel votre Dieu, durant sept jours" (Lévitique 23:40).


Le palmier-dattier

Notre première image est celle du palmier-dattier, dans le désert du Sinaï, son milieu naturel. Partout où l'on trouve des sources souterraines dans le Sinaï, on peut voir des palmiers-dattiers, même si l'eau n'est pas visible à la surface du sol. Les branches de palmier s'étalent sur le ciel bleu et donnent beaucoup d'ombre. La branche du dattier n'est rien d'autre qu'une feuille gigantesque qui porte des épines très dures, formant des feuilles sur ses côtés .

Les nomades du désert utilisent des branches sèches pour se construire des cabanes, de véritables soukoth. Aujourd'hui encore on en trouve de semblables dans le désert, exactement comme la Torah en parle: "J'ai donné des cabanes pour demeure aux enfants d'Israël quand je les ai fait sortir du pays d'Egypte."

Les nomades avaient coutume d'habiter des cabanes, exactement au cours de la saison où survient Soukoth : à la fin de l'été, quand l'herbe des pâturages devient très rare dans le désert. C'est à cette époque que les dattes sont mûres sur les arbres. Les nomades s'en nourrissaient et préparaient des produits variés à partir de ces fruits, notamment des dattes sèches et du miel de datte pour le reste de l'année. Avec la pellicule qui les recouvre, ils faisaient de la nourriture pour leurs chameaux.

Les peuples du désert savaient exploiter chaque partie des plantes et des fruits qui poussaient dans leur environnement naturel. Ils utilisaient même des fibres entourant le tronc du palmier-dattier, très résistantes, elles servaient à soutenir les feuilles de l'arbre pour éviter qu'elles ne se cassent. Ils les utilisaient aussi pour tresser des cordes ou pour confectionner des paniers.

Ces pratiques de la vie du désert expliquent pourquoi le palmier a été choisi comme l'une des quatre espèces de Soukoth. Cela nous rappelle l'aube de notre histoire, lorsque nos ancêtres séjournèrent dans le désert et utilisèrent les produits du dattier dans leur vie quotidienne.




Le saule

Après que les Hébreux eurent traverse le désert du Sinaï, ils parvinrent dans la région du fleuve Jourdain. Ils demeurèrent longtemps dans cette région avant de pouvoir traverser le fleuve. Sur l'autre rive on trouve une végétation riche et verdoyante. Quel contraste frappant avec les teintes brunes et aveuglantes du désert brûlant !

Les saules poussent tout près du Jourdain, et près d'autres rivières et torrents qui se jettent dans la Mer Morte, ainsi qu'au bord de l'Euphrate, en Mésopotamie. Quand les Hébreux traversèrent le Jourdain sous la direction de Josué, ils reçurent l'ordre de prendre douze grosses pierres du torrent et de les dresser sur l'autre rive du fleuve pour commémorer l'événement. On peut supposer que c'est pour cette raison qu'on leur ordonna aussi de récolter des branches de saule et de les intégrer a la cérémonie de Soukoth (pour évoquer le souvenir de ce torrent).




Un arbre touffu

Quand les Hébreux entrèrent enfin en Eretz Israël, ils y virent de larges régions montagneuses qui n'étaient ni habitées ni cultivées. De plus, elles étaient couvertes de forêts épaisses et broussailleuses, où les lions et les ours faisaient rage. Il était très difficile d'y pénétrer. Josué conseilla aux membres de la tribu d'Ephraïm qui se plaignaient de n'avoir pas reçu un territoire assez grand, de déboiser les forêts qui se trouvaient sur leurs terres et d'aménager ces espaces pour la culture (Josué chap. 17).

Ceci nous explique pourquoi les Juifs avaient dû ajouter au palmier et au saule une nouvelle espèce : Etz Avoth, "un gros arbre des forêts". Ainsi, seraient rappelés les premiers temps de leur installation, époque ou de grands espaces étaient recouverts d'épaisses forêts.




Un fruit majestueux

Les vignobles et les vergers, avec leurs figues, leurs grenades, leurs olives et leurs vignes devinrent abondants. Le fruit de l'arbre hadar, "le fruit le plus majestueux" mentionné dans le Lévitique symbolise la beauté du fruit cultivé, et il apparaît à la fin de la moisson, à l'époque de Soukoth.

Ce fruit témoigne de la prospérité qui fit suite à l'installation des Hébreux en Israël.



LES QUATRE ESPECES CHOISIES PAR LA MISHNA


Un millier d'années environ après l'installation des premiers Hébreux en Eretz Israël, nos maîtres commencèrent à rédiger la Mishna. Ils définirent avec beaucoup de précision les instructions relatives à la fête dans le Traité Soukoth.

A la place de la branche de parlmier-dattier ouverte, ils instituèrent l'usage du loulav, qui est une branche embryonnaire du même arbre. Ils décidèrent que la branche d'un "arbre touffu" serait le myrte, et que le "fruit majestueux" serait le cédrat. Ils définirent aussi la race de saule qui devait être jointe aux quatre espèces.




Le loulav

Le loulav pousse tout-à-fait au sommet du palmier-dattier, au coeur de celui-ci. Telle est l'origine du mot hébreu loulav, dans lequel on reconnaît le mot lev ("coeur").

Le loulav se dresse très droit au sommet de l'arbre. Son extrémité pointe vers le ciel. De nombreux peuples l'ont utilisé comme symbole de victoire. Les maîtres du Talmud ont vu en lui le symbole de la victoire d'Israël sur ses ennemis, ainsi que le triomphe du peuple juive sur ses propres transgressions. Le Saint béni soit-Il, siégeant en juge le jour du Yom Hakipourim, a garanti la vie au peuple juif, et agréé son repentir sincère.



Le saule

Deux races de saules sont considérées comme convenant au commandement des quatre espèces. La première est celle qui pousse au bord des rivières du monde entier. Elle est utilisée dans la majorité des communautés juives.

Mais le saule qui pousse au bord du Jourdain n'est pas de la même race : il porte des feuilles de formes variées. Il pousse uniquement grâce à l'abondance de l'eau, sans laquelle il ne pourrait survivre. A cause de sa dépendance de l'eau, ses branches possèdent une signification symbolique supplémentaire : elles sont associées à la prière demandant à Dieu d'épargner à Israël une année de sécheresse.



Le myrte

On a vu que la Torah ne fait pas mention du nom de myrte, qui se contente d'évoquer "un arbre touffu". Pourquoi les maîtres du Talmud ont-ils décidé que c'était le myrte qui était la plante à utiliser ?

Le myrte pousse sur les pentes des montagnes dans les forêts. Il porte beaucoup de branches, s'évasant à partir d'un tronc épais. Il convient donc de l'appeler "arbre touffu", plus qu'aucun autre arbre de la forêt.

La feuille de myrte contient une huile aromatique essentielle, qui lui donne son merveilleux arôme. C'est pourquoi les branches de myrte restent fraîches si longtemps après qu'elles ont été cueillies de l'arbre. Le myrte sera toujours la plus représentative des plantes parfumées d'Israël. Ses branches restent droites et fraîches.

Ces particularités expliquent pourquoi le myrte était un symbole de la continuité de la vie chez les peuples antiques du Moyen-Orient. Ils avaient coutume d'attacher des branches de myrte aux cercueils des morts. Dans un sens plus gai, on utilisait ces branches comme décoration au cours des cérémonies de mariage.

Esther, l'héroïne de la fête de Pourim, porte le nom hébraïque Hadassah, qui évoque le myrte (hadass en hébreu). En symbolisant l'immortalité et la continuité de la vie, le myrte devint aussi le symbole de la prospérité et du succès dans la vie. De plus le myrte a été sanctifié par les Juifs, comme une plante symbolisant la paix et la fraternité.



Le cédrat

Pourquoi les maîtres du Talmud ont-ils utilisé le cédrat comme "fruit de l'arbre Hadar", "le fruit le plus majestueux" qui puisse être utilisé pendant la fête de Soukoth ? Curieusement, le cédrat ne poussait pas en Israël à l'époque de l'arrivée des Hébreux dans le pays. Il vient d'une lointaine contrée d'Asie, par la route de l'Inde et de la Perse, et n'a comencé à pousser en Israël qu'à l'époque du second Temple.

La plaine côtière est particulièrement propice à la culture de tous les agrumes, et on les cultive aujourd'hui encore dans cette région. Le cédrat a été la première variété d'agrumes qui ait pénétré dans le pays.

Les fleurs du cédratier sont dotées d'un large pistil qui s'avance hors de la fleur. Fertilisé par les étamines, ses ovaires s'enflent à l'intérieur. Dans le cas de tous les autres fruits, le style du pistil ainsi que son stigma (sa partie supérieure) tombent après que le fruit ait commencé à pousser.

Mais à cet égard, le cédrat diffère des autres fruits. Le style ne tombe pas après que le fruit ait commencé à pousser. Style et stigma demeurent sur le fruit lorsqu'il est arrivé à maturité. Cette particularité originale a fait du cédrat un symbole de fertilité; le pistil, qui donne la vie à la plante, ne s'en détache pas.

Après avoir mûri tout l'été, le fruit est récolté avec précaution, à l'aide de ciseaux ronds, les cueilleurs gardant leurs ongles méticuleusement coupés, afin que le pistil ne soit pas entamé, ce qui le rendrait impropre à l'usage de Soukoth. Un cédrat dont le pistil est arraché ne peut être utilisé pour la fête; il n'est plus casher pour la célébration.

Le cédrat était donc le plus représentatif des fruits majestueux de l'arbre à l'époque de la Mishna. En l'incluant parmi les quatre espèces, nos maîtres ont exprimé le symbole de nos espoirs de fertilité et d'abondance au seuil de l'année nouvelle.



LES QUATRE ESPECES ET LA BOTANIQUE


Le palmier-dattier (Phoenix)

Le Phoenix (le palmier-dattier), de la famille des palmiers, pousse en Israël d'un bout à l'autre de la plaine côtière et dans la vallée du Jourdain. Des espèces sélectionnées ont été importées et plantées dans les vergers de Galilée et dans la vallée du Jourdain.

Le dattier est un arbre d'une hauteur supérieure à vingt mètres. Les feuilles poussent tout au sommet, en forme de plumes. Quand elles sont encore jeunes, elles sont attachées et pointues; ce sont les loulavoth qu'on utilise parmi les quatre espèces. Le tronc du palmier est rugueux et ne porte pas de branches.

Le palmier-dattier est un arbre monosexuel, les arbres mâles portant le pollen et les arbres femelles portant les ovaires, à partir desquels les fruits se développent. La pollinisation est transmise principalement par le vent, mais certains cultivateurs la font artificiellement. Les graines du dattier germent à peu près trois mois après qu'elles ont été plantées. Un palmier bourgeonne et donne des fruits après huit à dix ans; certains arbres produisent des fruits pendant cent ans et plus.

En Israël, il est possible de faire pousser des palmiers-dattiers sur une terre salée, au bord de la mer, et on les cultive aussi dans le sud du Néguev, dans la région d'Eilat.



Le saule (Salix)

On connaît plusieurs races de saule dans le monde. Certains sont grands et feuillus, poussant au bord des rivières, alors que d'autres types, rabougris, peuvent se trouver en haute montagne.

Le saule a des feuilles caduques mais toujours vertes. La plante mâle et la plante femelle sont des pousses différentes. Au printemps, quand sortent les nouvelles feuilles, les bourgeons tombent des branches comme des pendentifs. La pollinisation est transmise en hiver.

Le saule pousse et parvient à maturité très rapidement. Dans les régions humides, on peut le planter à partir d'une jeune pousse. On l'utilise pour créer des forêts, des parcs, pour la fabrication du papier et dans l'industrie du cuir.

On extrait du saule l'acide acétylsalicylique avec lequel on fabrique l'aspirine. Même avant l'invention de ce médicament, ses feuilles étaient connues pour leurs vertus calmantes et pour leur pouvoir de faire tomber la fièvre. C'est peut-être aussi une des raison pour lesquelles on l'a inclus dans les quatre espèces.



Le myrte (Myrtus)

Le myrte est connu dans le monde entier par son parfum délicieux, ainsi que par les nombreuses légendes que colportaient les Anciens à son sujet.

En Europe, il est cultivé comme plante ornementale. En Israël, il pousse à l'état sauvage dans les forêts de Galilée et des Monts du Carmel.

Le myrte est un arbre à feuilles persistantes, qui poussent par paires ou trios. Tout au long de l'été il porte des bourgeons blancs. Ses fruits sont des baies bleuâtres. Lorsqu'on presse ses feuilles, on obtient une huile qui est utilisée pour les cosmétiques et les produits pharmaceutiques.



Le cédrat (Citrus medica)

Le cédratier appartient à la famille des agrumes qui comprend l'orange, le pamplemousse, la mandarine et le citron. Dans l'antiquité, le cédrat a été importé des montagnes de l'Himalaya en Israël, où il a trouvé son terrain le plus favorable le long de la plaine côtière.

Le cédratier atteint trois à quatre mètres de haut. Vert toute l'année, il ne perd jamais ses feuilles. Il fleurit au printemps, répandant un parfum délicieux, ses bourgeons sont roses et parfois violets.

Les fruits du cédratier ne sont pas comestibles, mais on les utilise pour confectionner des parfums et de la marmelade. Les cultivateurs religieux ne récoltent que les cédrats qui poussent sur des arbres et éliminent ceux qui proviennent de pousses greffées.


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