1. Pessah
Le verbe "PaSSaH" (passer au-dessus) est proche sémantiquement
du verbe plus connu "PaSS'a" qui signifie "marcher",
"faire un pas". Il y a toutefois une différence intéressante
entre ces deux verbes : chaque pas marque en fait le passage de l'endroit
où un pied était posé vers l'endroit où l'autre
se pose.
Le verbe exprimant cette action peut mettre en valeur le passage réel
d'un endroit à l'autre mais il peut également souligner
l'idée suivante : la zone en question se trouve désormais
en arrière, dans la mesure où l'homme l'a franchie et est
allé plus loin.
Le verbe "PaSS'a" souligne principalement le passage,
par exemple dans cette phrase :
"Il y avait là douze marches et Moshé les franchit
d'un seul pas"
(traité Sota, 13)
ou dans celle-ci :
"Qu'ils ne marchent pas d'un grand pas au-dessus l'autel"
(Shemot Rabba 30).
D'où l'origine de l'expression "pass'a pessiya gassa",
il a marché d'un grand pas, il a franchi rapidement, à grands
pas.
Par ailleurs, le verbe "PaSSaH" se rapporte surtout
au lieu franchi, celui par-dessus lequel on a sauté ou au-dessus
duquel on a passé. C'est sous cette forme que le verbe apparaît
dans le livre de l'Exode, en relation avec Pessah :
"Et le sang vous servira de signe sur les maisons où vous
demeurez ; je reconnaîtrai le sang et passerai par-dessus et le
fléau n'aura pas prise sur vous lorsque je sévirai sur le
pays d'Egypte"
ou
"...et lorsqu'il verra le sang appliqué au linteau et
aux deux poteaux, le Seigneur passera au-dessus de la porte et ne permettra
pas au fléau d'entrer dans vos maisons pour sévir"
(Exode, ch. 12).
Le sens est renforcé par l'usage exclusif de la préposition
"al", au-dessus - "passah al" (passé
au-dessus) - tandis que le verbe "pass'a" peut être utilisé
avec ou sans la préposition "al", cf l'expression "pass'a
badereh" (il s'est promené le long du chemin).
Le verbe "passah" a également donné le
substantif "pessah", qui signifie sauvetage et rédemption,
grâce au passage par-dessus : la Bible nous raconte en effet que
le Seigneur passa par-dessus les demeures des Juifs, les épargnant
lorsqu'il frappa tous les premiers nés d'Egypte.
Un autre nom issu du même verbe est "posséah",
boîteux, un homme dont les jambes ne remplissent pas leur fonction
comme il faut, qui ne marche pas normalement. Il est évident que
ce nom a été formé à partir du sens premier
de passer par-dessus, sauter, puisque le boîteux a tendance lui
aussi à sautiller, à marcher à cloche-pied.
"Passah al shté hasséifim" :
balancer entre deux opinions
Cette expression bien connue, fondée sur le verbe "passah",
est utilisée pour décrire quelqu'un qui hésite, qui
n'arrive pas à se décider devant un choix. Elle évoque
l'oiseau qui va et vient entre deux branches, sautillant de l'une à
l'autre (le mot "séif" signifie branche).
L'expression a son origine dans la Bible : dans I Rois, ch. 18, v. 21,
on nous relate la rencontre entre le prophète Elie et les prêtres
de Baal. Elie déclare au peuple qu'il doit prendre une décision
claire et nette et définir sa position :
"Jusqu'à quand clocherez-vous (boîterez-vous) entre
les deux partis ("Ad matai atem pos'him al shté haséifim")
? Si l'Eternel est le vrai Dieu, suivez-le ; si c'est Baal, suivez Baal
! Mais le peuple ne lui répondit mot."
2. AFIKOMAN
Le mot Afikoman désigne une partie de la matza du milieu, qu'on
cache sous un coussin le soir du Séder et qui est consommée
tout à la fin du repas. D'origine grecque probablement, ce mot
signifie "festin à l'issue du repas", festin au cours
duquel on boit du vin, on déguste des sucreries et on chante.
Dans les temps anciens, c'était l'usage d'aller après le
repas de fête d'un groupe à l'autre et de continuer les réjouissances
en mangeant et en buvant les uns chez les autres. C'est pourquoi la Halakha
stipule, dans le traité Pessahim de la Michna : "Après
l'agneau pascal, il ne faut pas ajouter de dessert." Autrement
dit, il ne faut pas se livrer à de telles réjouissances
après le Séder de Pessah.
Notons toutefois qu'il existe d'autres explications de ce mot.
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