Rabin discours


EXTRAITS DES DERNIERS DISCOURS DE ITZHAK RABIN, Za"l


26 juillet 1994 :
SIGNATURE DU TRAITE DE PAIX AVEC LA JORDANIE
DISCOURS AU CONGRES AMERICAIN

"Nous sommes venus de Jérusalem à Washington parce que le temps est venu pour nous de dire : notre but, c'est la paix. C'est la paix que nous recherchons. Je suis ici avec mes partenaires pour la réalisation de ce grand rêve.

[...] Je représente ici, en ce jour, des jeunes qui veulent vivre, aimer, construire un foyer.

[...] On continuera à discuter : qui sont ceux qui façonnent l'Histoire ? Les dirigeants ou les circonstances ? Je vous répondrai : nous façonnons tous l'Histoire. Nous, le peuple.

[...] Et nous, les dirigeants, nous entendons les voix, et nous ressentons les émotions qu'eprouvent les milliers, qu'éprouvent les millions, et nous les transformons en réalité.

[...] Nous en portons la responsabilité. Nous avons le pouvoir de décider. [...] Nous bénéficions du privilège de pouvoir accomplir cette mission au nom de nos peuples.

[...] Il nous reste beaucoup à faire. Nous avons à surmonter des barrières psychologiques. Nous nous heurtons à des problèmes matériels très ardus.

[...] (Au roi Hussein de Jordanie :) Sire, Nous avons, tous deux, vécu des vies pleines d'événements Nous avons, tous deux, assisté à trop de souffrances. Quel héritage allons nous laisser a nos enfants ? Que léguerai-je à mes petits-enfants ? Je suis poursuivi par ce rêve : construire un monde meilleur, un monde de compréhension et d'harmonie, un monde où il fera bon vivre. Ce n'est pas trop demander.

[...] Nous nous lançons aujourd'hui dans une bataille qui ne laissera ni morts, ni blessés, ni sang, ni souffrances. C'est la seule bataille que l'on puisse entreprendre dans la joie : la bataille pour la paix.

[...] Nous trouvons au livre de Jérémie cette lamentation sur notre mère Rachel :

"Interdis à ta voix de pleurer, à tes yeux de verser des larmes; oui, il existe un salaire pour ton oeuvre, dit le Seigneur."
Je n'arretêrai pas de pleurer pour ceux qui ne sont plus. Mais [...] je sens que notre oeuvre sera récompensée."

3 août 1994 :
RATIFICATION DES ACCORDS AVEC LA JORDANIE

Discours du Premier ministre Itzhak Rabin à la Knesseth

[...] "Israël a connu des journées mémorables. Même si c'est au prix de nombreuses difficultés, même si cela nous demande un grand effort et si nous devons connaître des heures d'abattement et de frustration, nous n'en sommes pas moins convaincus pour autant : les pays arabes nous rejoindrons sur le chemin de la paix. La route risque d'être longue, et nous avons encore une grande tâche devant nous."

[...] "Je voudrais ajouter à cette liste bien d'autres qui sont parmi nous et qui ont, eux aussi, droit à notre reconnaissance, ainsi que tous ceux, à l'étranger, envers qui nous éprouvons une profonde gratitude."

26 octobre 1994 :
DISCOURS DU PREMIER MINISTRE ITZHAK RABIN LORS DE LA SIGNATURE DU TRAITE DE PAIX AVEC LA JORDANIE

"Il est un temps ou il faut être fort et prendre des décisions courageuses, traverser les champs de mines, surmonter la sécheresse, le désert qui sépare nos deux peuples.

Nous avons connu de long jours de tristesse, vous avez, de votre côté, eu votre part de malheurs, mais le deuil nous réunit, comme le fait la bravoure, et nous rendons hommage à ceux qui ont fait le sacrifice de leur vie. Il faut maintenant que nous puisions aux sources de notre héritage spirituel, que nous trouvions la force de pardonner les peines que nous nous sommes causées mutuellement. Le temps est venu de nettoyer les champs de mines qui nous ont séparés si longtemps, et de les remplacer par des terres d'abondance."

[...] "Le temps est venu où nous ne nous contentons plus de rêver à un avenir meilleur - nous voulons le réaliser."

[...] " Avec l'aube de ce matin, avec le début d'une nouvelle journée, une vie nouvelle est entrée dans le monde. Des enfants sont nés à Jérusalem, des enfants sont nés à Amman. Mais cette journée n'est pas comme les autres."

14 octobre 1994 :
DECLARATION DU PREMIER MINISTRE ITZHAK RABIN A L'ANNONCE SA NOMINATION AU PRIX NOBEL DE LA PAIX

[...] " Ce prix revient à la nation toute entière, à tous les citoyens de l'Etat d'Israël, à toutes les familles en deuil, à tous les invalides de guerre, aux centaines de milliers qui ont prix part à toutes les guerres d'Israel.

La tâche n'est pas encore accomplie - et ce prix est un prix pour l'avenir, plus encore qu'il ne récompense les efforts que nous avons accomplis jusqu'ici.

La paix n'est pas l'affaire d'un seul : ils sont nombreux ceux qui ont contribué à ouvrir la voie à la paix, et, au premier rang, les ministres du gouvernement.

10 décembre 1994 :
DISCOURS DU PREMIER MINISTRE ITZHAK RABIN EN RECEVANT LE PRIX NOBEL DE LA PAIX

[...] " Parmi tous les souvenirs que j'ai accumulés au cours de mes soixante-douze ans d'existence, les plus terribles, ceux qui me suivront jusqu'au dernier jour, sont les silences : le lourd silence qui règne tout de suite après et le silence terrifiant qui précède ".

[...] " C'est à ce moment qu'on réalise que la décision qui vient d'être prise va causer des morts. Des morts de mon pays, des morts d'autres nations. Et ils ne le savent pas encore.
Ils sont encore en train de rire ou de pleurer; ils élaborent des plans d'avenir ou ils pensent à l'amour; ils rêvent à leur jardin, à la maison qu'ils voudraient construire - et ils ne savent pas que leurs dernières heures sont venues. Qui d'entre eux va mourir ? De qui sera la photo qui apparaîtra, encadrée de noir, dans les journaux de demain ? Quelle est la mère qui va prendre le deuil ? Qui va voir son monde s'effondrer sous le poids d'une perte irréparable ?"

[...] " Et parmi tous les souvenirs que j'ai accumulés au cours de mes soixante-douze ans d'existence, il faut aussi énumérer les espoirs.
Nous avons été choisis par notre peuple pour lui donner la vie. C'est terrible à dire, mais leur vie est entre nos mains. Ce soir, ils nous regardent et leur coeur se demande : que font ces hommes et ces femmes, du pouvoir dont nous les avons investis ? Quelles décisions vont-ils prendre ? De quoi demain sera-t-il fait ? Un jour de paix ? de guerre ? de rires ? de pleurs ? "

[...] "Mais il est un message universel, capable d'embrasser la terre entière."

[...] " C'est un message que le peuple juif a porté pendant des milliers d'années, un message gravé dans le Livre des Livres :

"Ve-nishmartem meod le-nafshote'hem", c'est-à-dire : "Prenez grand soin de vos âmes".
En d'autres termes, c'est un message sur la sainteté de la Vie. Les dirigeants des nations se doivent d'assurer à leurs peuples les conditions de base - l'infrastructure - qui lui permette une vie de plénitude : liberté d'expression et de mouvement, nourriture et logement mais aussi, plus que toute autre chose, la vie elle-même. Un homme peut-il jouir de ses droits s'il n'est pas vivant ?"

[...] " Nous poursuivrons la route de la paix avec détermination. Nous n'abandonnerons pas en chemin. Nous ne renoncerons pas. La paix triomphera de tous ses ennemis, car l'alternative est pire, pour nous tous. Et nous réussirons.
Je suis ici pour représenter les générations futures, afin que nous soyons tous jugés dignes de porter la médaille que vous attribuez aujourd'hui à moi-même et à mes collègues. "

[...] " Permettez-moi de conclure par une bénédiction juive traditionnelle, répétée par mon peuple dans la joie et dans la tristesse, témoignage de la profondeur de notre nostalgie :

"Que le Seigneur accorde la force à son peuple; que le Seigneur bénisse son peuple - et nous tous - par la Paix."

23 janvier 1995 :
PAROLES D'ITZHAK RABIN APRES L'EXPLOSION DE BET LID

(Attentat terroriste perpétré près de Natanya, avec 21 morts et 34 blessés, pour la plupart des soldats, filles et garçons)

[...] " Nous avons été frappés, hier et aujourd'hui, d'un coup terrible. Nos yeux sont pleins de larmes et le coeur saigne à la vue des visages des parents, des frères, des soeurs et des amis des victimes. Quels mots seraient capables de consoler et de guérir cette douleur et cette perte ?"

[...] " En cette heure difficile, il n'y a plus de droite ou de gauche, de religieux ou de laïques; nous sommes tous le Peuple d'Israël. Et au nom de ce Peuple d'Israël, qui a connu d'autres jours difficiles mais aussi de grandes heures, nous prenons notre part de douleur et de larmes."

[...] " Je sais que beaucoup se demandent si c'est la paix que nous avons apportée, ou la terreur. La voie de la paix n'est pas simple. Il y a dix-sept ans, la paix a été conclue pour la première fois entre un pays arabe et Israël, grâce aux efforts de Menahem Begin, alors chef du gouvernement, qui eut le courage de prendre une décision pénible et de payer un prix difficile pour arriver à la paix. Nous continuons aujourd'hui sur cette route de la paix."

[...] " Il n'y a pas d'autre alternative. Nous réussirons à atteindre la paix, car c'est la seule solution à long terme, et nous éliminerons le terrorisme, même si nous avons encore du mal à y arriver. Je suis convaincu que la voie choisie par le gouvernement nous permettra de mettre un terme à la sujétion d'un peuple par un autre peuple."

[...] " Les habitants de ce pays ont montré qu'ils étaient capable de surmonter la guerre et le terrorisme, sans renoncer pour autant à rêver de paix. Ils ont su faire face à leurs ennemis tout en construisant un pays admirable - qui compte aujourd'hui 4,4 millions d'habitants juifs sur une population totale de 5,3 millions.
Nous continuerons notre lutte pour arriver à la paix, pour continuer à construire notre pays tout en combattant les ennemis d'Israel et les ennemis de la paix.
Nous ne nous laisserons pas aller à la faiblesse. Le peuple juif saura démontrer sa capacité - dont il a fait preuve tout au long de son histoire - à surmonter des guerres où des milliers de ses fils ont péri, et nous atteindrons, en dépit de tous les obstacles, le but que nous nous sommes fixés.

Chers concitoyens, voici ce que je tiens à vous dire ce soir : nous sommes un pays fort, nous avons une armée remarquable, nous sommes capables d'atteindre les objectifs que nous avons déterminés, à savoir la paix, la sécurité, la construction et le développement. Nous vivons des heures difficiles, mais nous saurons les surmonter. Il faut que nous trouvions, entre nous, le commun dénominateur qui nous permette d'accomplir le rêve de générations de Juifs au cours de deux mille ans d'exil. Nous voulons accomplir le rêve du Retour à Sion en construisant un pays fort où nous vivrons en paix et en sécurité."

15 mai 1995 :
DISCOURS DE POLITIQUE GENERALE A LA KNESSETH

[...] " Nous avançons d'un pas assuré sur la route de la paix et voyons déjà mûrir les premiers fruits de nos efforts, en dépit des difficultés qui s'accumulent. Notre situation politique, économique et notre sécurité sont une source d'optimisme et d'espoir pour chacun d'entre nous."

12 octobre 1995 :
DECLARATION A LA RADIO ISRAELIENNE

[...] " Nous déciderons ce qu'il y a lieu de faire dans les autres domaines, et j'espère sincèrement que le peuple d'Israël, y compris ceux qui s'opposent à la politique du gouvernement, permettra aux forces de police et de sécurité de combattre efficacement le terrorisme, sans avoir à gaspiller ses efforts dans d'autres secteurs. Nous sommes une nation démocratique, qui permet à chacun d'exprimer ses opinions, et de manifester dans le cadre de la loi."

28 septembre 1995 :
DISCOURS DU PREMIER MINISTRE ITZHAK RABIN LORS DE LA SIGNATURE DES ACCORDS INTERIMAIRES ISRAELO-PALESTINIENS A WASHINGTON D.C.

[...] " Votre rêve est aussi le nôtre. Qu'il s'agisse du roi Hussein, du président Mubarak, du président Arafat, de tous les autres et, en tout premier lieu, du président Bill Clinton - si dévoué au service de la paix- nous aimons les mêmes enfants, nous versons les mêmes larmes, nous nous insurgeons contre la même haine, et nous prions pour la réconciliation. La paix ne connaît pas de frontières."

[...] " Mesdames et Messieurs, Permettez-moi de formuler le voeu que nous puissions, très bientôt, nous retrouver tous ici. Bonne année."

5 octobre 1995 :
DISCOURS A LA KNESSETH A L'OCCASION DE LA RATIFICATION DE L'ACCORD INTERIMAIRE ISRAELO-PALESTINIEN

[...] " Ici, sur la terre d'Israël, nous sommes revenus et nous avons fondé une nation. Ici, sur la terre d'Israël, nous avons établi un Etat. La terre des prophètes, qui a légué au monde un héritage de moralité, de loi et de justice, est enfin revenue à ses propriétaires légitimes, au peuple d'Israël. Sur cette terre, nous avons construit un foyer exceptionnel pour notre peuple et lui avons fondé un Etat."

[...] " Nous pouvons continuer à nous battre. Nous pouvons continuer à tuer - et continuer à être tués. Mais nous pouvons aussi tenter de mettre un terme à ce cycle infernal de sang versé. Nous pouvons donner sa chance à la paix.
Ce gouvernement a décidé de donner sa chance à la paix. Il a décidé de faire ce qu'il faut pour y parvenir."

29 octobre 1995 :
DISCOURS DU PREMIER MINISTRE ITZHAK RABIN AU SOMMET ECONOMIQUE D'AMMAN

[...] " A dater de ce jour, nous prenons l'engagement d'investir dans la paix.
Des obstacles d'importance sont encore dressés devant nous. Il nous faudra surmonter, des deux côtés, des barrières psychologiques et des générations d'hostilité."


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