Montefiore
MONTEFIORE Moses (1784 - 1885)
Sir Moses Montefiore fut le plus célèbre des Juifs
religieux anglais du 19ème siècle. Il était le descendant
d'une famille juive italienne, qui avait prospéré en
Angleterre, et naquit à Leshorn. Il fut élevé à Londres,
où son oncle lui enseigna les rudiments de l'hébreu. Il
commença comme apprenti dans une affaire d'épicerie, et
finit par être l'un des douze "boursiers juifs" de la City
de Londres, après avoir épousé Judith Cohen en 1812,
devenant ainsi le beau-frère de Nathan Mayer Rothschild.
Il se retira des affaires en 1824, et, dès lors, consacra
son temps et ses ressources aux actions civiques et
communautaires.
Sa première visite en Eretz Israël l'imprégna d'un profond
sentiment religieux, et de là jusqu'à la fin de sa vie, il
devint strictement observant. Il fonda sa propre
synagogue, et voyageait toujours avec son sho'heth
personnel (boucher chargé de l'abattage rituel). C'est là,
sans doute, l'origine des légendes que colportaient sur
son compte les Juifs pauvres de Jérusalem, émerveillés
par ce Lord et par son carrosse. Leurs récits
fantastiques sur Montefiore et sur sa richesse
extraordinaire, dépassaient de loin la réalité :
Lorsque Montefiore est reçu par le tsar de Russie, il
porte un costume avec dix boutons d'or pur incrustés
de diamants, chaque bouton valant cinq mille roubles
(...)
Montefiore possède un carrosse fabuleux, qu'il a
commandé spécialement pour ses nombreux voyages à
l'étranger. Celui-ci comporte un garde-manger pour la
nourriture casher que le Lord emporte pour
ses voyages, et même une place pour y loger un
rouleau de la Torah. Quand tombe la neige, on peut
enlever les roues du véhicule pour transformer
celui-- ci en traîneau.
Après la mort de Montefiore, son célèbre carrosse sera
transféré à Jérusalem.
Il se rendit sept fois en Eretz Israël; la dernière fois,
il était âgé de 90 ans ! Ses premières initiatives en
faveur des Juifs du pays consistèrent en un plan
d'acquisition de terres, pour les aider à assumer leur
subsistance, ainsi que des tentatives pour implanter des
industries, en introduisant en Palestine une presse à
imprimer et un atelier de fabrication textile. Il
encouragea la création de plusieurs localités agricoles,
ainsi que du quartier Yemîn Moshé, en dehors des murailles
de la Vieille ville de Jérusalem, qui fut nommé d'après
son prénom.
La visite de 1855, la quatrième, fut peut-être la plus
importante : il vint pour gérer un testament. L'année
précédente, Judah Touro, homme d'affaires new yorkais,
était mort en léguant sa fortune à un certain nombre
d'institutions, notamment, la somme de 50,000 dollars
pour les nécessiteux de la terre d'Israël. Cet argent,
Touro le précisait, devait être géré par Montefiore, un
homme qu'il n'avait jamais rencontré mais qui s'avérait
être le candidat désigné pour cette tâche, étant donné sa
réputation.
Montefiore exerça la fonction de Bailli de Londres en 1837
et 1838, et fut armé chevalier par la reine Victoria. Sur
les armes de son blason figuraient le lion, symbole de
Jérusalem, et le nom de la cité écrit en toutes lettres.
Il reçut une baronnie en 1848, en reconnaissance de ses
efforts humanitaires en faveur des Juifs.
Il occupa la fonction de président du Conseil des
Délégués de la Communauté juive de 1835 à 1874, mais il ne
joua pas de rôle important dans les luttes pour
l'émancipation qui se déroulaient en Angleterre, préférant
aider les communautés juives opprimées dans d'autres pays.
C'est ainsi qu'il se rendit en Russie en 1846 pour
demander aux autorités de mettre fin aux persécutions des
Juifs, puis en Syrie, au Maroc (1863) et en Roumanie
(1867), dans le même but.
La prestance physique de Sir Moses Montefiore (plus d'1,90
mètre), sa personnalité et son action philanthropique lui
valurent une grande estime et l'admiration de tous, en
Angleterre et à l'étranger. Son centième anniversaire fut
célébré par les communautés juives du monde entier.
©1998 Le Centre Pédagogique
Created: 14/12/97 Updated: 18/12/97