Katzenelson
KATZENELSON Berl (1884 - 1944)
Né à Bobrouïsk, petite ville de Biélorussie, il est
fils d'un sioniste, et sa famille comporte des
membres du parti socialiste-révolutionnaire, ainsi que
des bundistes socialistes marxistes antisionistes.
Témoin de la révolution russe avortée de 1905, de
menaces de pogromes, de perquisitions policières, du
congrès sioniste russe de 1902, de menées et d'actions
clandestines socialistes, il cherche sa voie jusqu'à
ce qu' il arrive en Palestine, en 1908. Après avoir
occupé divers emplois près de Petah-Tikva, où il réside
en compagnie d'Aharon David Gordon et du romancier
Yossef Haïm Brenner, il rejoint la ferme de Kinereth.
Il devient vite le porte-parole de sa communauté dans
des négociations sur l'autogestion ouvrière qui
mèneront à la fondation du Mouvement kibboutzique.
Son éloquence et son ton persuasif, oralement et par
écrit, font de lui un tribun, et le principal
publiciste de la presse ouvrière (Hapoël
Hatzaïr, A'hdouth). Homme d'initiatives,
c'est lui qui propose en pleine guerre 1914-1918, la
création d'institutions d'approvisionnement dont est
issu la chaîne de magasins Hamashbir, ou encore
d'une caisse d'assurance-maladies. Il est aussi de
ceux qui, à l'initiative de Trumpeldor, poussent à la
création de la Histadrouth (le syndicat).
Il fonde le journal Davar, qui devient "son journal" à
partir de 1925. Par son article de fonds quotidien, il
est en quelque sorte le maître à penser de la majorité
ouvrière. Aux époques de crise et de lutte, c'est lui,
souvent, qui exprime le sentiment de tous, socialistes
ou non, et même les révisionnistes le respectent,
tandis que les religieux s'étonnent de sa profonde
culture juive.
Berl est aussi le fondateur de la société d'édition
ouvrière Am Oved.
Le Mouvement kibboutzique, qu'il avait aidé à faire
naître, était son enfant favori, et il se considérait
toujours comme lié au kibboutz Kinereth, son lieu de
prédilection. Mais, il était déchiré par sa fonction de
journaliste, d'homme de parti et de politique, ses
activités littéraires et éducatives, d'autre part, il
souffrait de la division interne existant au sein du
Mouvement ouvrier.
Contrairement à Weizmann et à Ben-Gourion, il s'oppose
en 1939, au partage de la Palestine, proposé au
gouvernement britannique par la Commission royale Peel.
En fait, son activité débordante, les frictions
internes au sein du Mouvement ouvrier qu'il dirige avec
Ben-Gourion, les nouvelles angoissantes venues de
l'Europe occupée par les nazis, le tout ensemble ont
raison de lui.
Le 15 août 1944, Berl meurt à Jérusalem. Le deuil est
na-tional et partagé par tous, partisans et adversaires
politiques réunis. A sa demande, Berl Katzenelson est
enterré près de la tombe de la poétesse Ra'hel au
cimetière de Kinereth qui allait devenir
le cimetière central des maîtres à penser du sionisme
socialiste.
Sa perte est irremplaçable : si Ben-Gourion continue à
être l'homme d'action, Berl, en tant que maître à
penser, ne sera jamais remplacé. Il était la
conscience d'un mouvement qui devint une pleine
réussite matérielle, et ce sont encore les douze
volumes de son oeuvre, ainsi que les deux volumes de
ses lettres qui restent l'aiguille d'une boussole
maintes fois mise à l'épreuve pour un vaisseau qui
connut plus que souvent la tempête. Et ce n'est pas peu
son profond judaïsme qui rappelle comment appliquer ce
qu'il appelait dans la ligne de Syrkin, le
"constructivisme révolutionnaire".
Les centres d'études Ohalo, près de Kinereth, et Beith
Berl près de Kfar Saba, sont les hauts lieux où se
poursuit son oeuvre de renouveau social dans un esprit
juif.
Source : Voir Israël, vivre Israël, Eliahou Eilon, Département Jeunesse et Hehaloutz, 1984.
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Created: 14/12/97 Updated: 18/12/97