David Ben Gourion
BEN GOURION David (Gryn dit-) (1886 - 1973)
David Gryn est né à Plonsk en Pologne, alors partie
intégrante de l'empire Russe. Son père, Avigdor Gryn
était un membre actif des Hovevé Tzion, le
sionistes d'avant Herzl. En 1903 il se joint au parti
sioniste socialiste Poalé-Tzion et en 1906 le
voilà qui arrive à Jaffa et propage parmi les membres
de son parti la langue hébraïque en un temps où parmi
les sionistes socialistes marxisants, le yiddish avait
un prestige, semblait-il, imbattable.
Ouvrier agricole, son tempérament bouillant de tribun
le menait souvent parmi les orateurs et les manieurs de
foules si tant est qu'il y avait alors foule.
En 1907 il est en Galilée où il est parmi les
travailleurs des fermes de Sedjera (Ilania), de
Kinnereth, de Milhamia (Menahemia) et il fait la
vendange et presse le raisin à Zikhron Yaakov.
L'insécurité des routes le place parmi ceux qui
soutinrent le corps de garde "Hashomer". Il devenait
clair que le problème de nos rapports avec les Arabes
allait devenir l'un des éléments essentiels de la
pensée politique de celui qui, depuis 1910, choisit
désormais de s'appeler David Ben-Gourion.
Au 6e congrès des Poalé Tzion palestiniens, il
est élu avec Itzhak Ben-Zvi, le futur second président
d'Israël, et Rahel Yanaïth la femme de ce dernier, à la
rédaction de l'organe du parti Ha-a'hdouth ce qui
orienta clairement sa vie dans la direction politique.
La montée au pouvoir depuis 1908 des "jeunes Turcs" à
Istamboul, capitale de l'Empire ottoman auquel
appartenait alors la Palestine, éveilla des espoirs
chez David Ben-Gourion. Il se mit à l'étude du turc et
se rendit à Istamboul pour y apprendre le droit à
l'université. La guerre 1914-1918 allait éclater
bientôt et B.G. proposa alors au yishouv (la
communauté juive de Palestine) le loyalisme turc.
Les autorités ottomanes poursuivaient néanmoins les
leaders ouvriers et sionistes en général de leur plus
lourds soupçons. Ben Zvi et Ben Gourion furent arrêtés
en 1915 et exilés. Au début, les deux exilés
s'opposèrent à la création d'une Légion Juive dans le
cadre de l'armée britannique. Ben Zvi et B.G. prônaient
la neutralité du sionisme dans la guerre et ils se
rendirent aux Etats-Unis où ils prirent une part active
à l'action sioniste-socialiste en faveur du yishouv. En
1917, David épousa Paula, sa femme qui allait rester
son aide de tous les moments. Ensemble et à la suite de
la proclamation de la Déclaration Balfour, ils
fondèrent le mouvement Hehaloutz ("Le pionnier") aux
U.S.A., comme Trumpeldor le fondait en Russie. Ben Zvi
et B.G. rejoignirent alors les rangs de la Légion Juive
et c'est sous les drapeaux qu'ils rentrèrent en
Palestine devenue
britannique.
Ben Gourion fut parmi les dirigeants du nouveau
parti A'hdouth Avoda ("L'union du travail") et
l'un des fondateurs de la Histadrouth, le
syndicat (1920), de laquelle il fut élu le secrétaire
général (1921). Dès ce moment, B.G. apparaît comme un
des dirigeants du yishouv et du sionisme
officiel, surtout dès le moment où le mouvement ouvrier
sioniste choisit de soutenir Haïm Weizmann à la tête du
mouvement sioniste. En 1930, il est un des fondateurs
du parti unifié des ouvriers d'Eretz Israël, le
Mapaï avec Haïm Arlozoroff, Moshé Sharett, Berl
Katznelson, etc.
En 1933, l'assassinat d'Arlozoroff dans des
circonstances encore mal élucidées, provoque une montée
en flèche du mouvement ouvrier sioniste. Ben-Gourion
est aussitôt appelé aux côtés de Weizmann à la
direction de l'Agence Juive. Au 19e congrès sioniste
(1935), Ben Gourion est nommé président de l'Exécutif
sioniste et il n'y a que Weizmann en tant que présiden
de l'Agence Juive qui lui soit hiérarchiquement
supérieur.
En 1936, les troubles arabes secouent le yishouv
qui approche alors du demi-million. B.G., avec
Weizmann, penche pour le plan de partage de la
Palestine proposé en 1938 par la Commission royale
Peel. Mais le yishouv est très partagé. Ils ne
recueillent pas l'unanimité.
Entre-temps, le gouvernement Chamberlain, comme pour la
Tchécoslovaquie vendue à l'Allemagne nazie par l'accord
de Munich, trahit le yishouv pour s'attirer les
bonnes grâces des Arabes. Le Livre Blanc de 1939 est
proclamé, qui limite de façon dramatique l'immigration
juive. Les Juifs, pris au piège, ne peuvent trouver
leur salut en Palestine.
B.G., devant la situation de guerre qui éclate entre
l'Allemagne et les alliés, organise le yishouv
comme un État en gestation, mais celui-ci s'installe en
économie de guerre pour participer à la lutte contre le
nazisme. La Hagana, armée illégale, est de plus
en plus organisée, malgré le manque d'armes, et le
recrutement dans les rangs anglais est encouragé. Plus
tard, il en sortira la Brigade juive dont les hommes
se sont battus à Tobrouk, en Libye, en Italie, et ont
profité de leur présence en Europe, sur l'ordre secret
de B.G., jour organiser le sauvetage et l'alya illégale
en Palestine.
Dès la fin de la guerre, en 1945, B.G. se désolidarise
de la ligne de Weizmann, trop respectueuse des
Britanniques, mais s'oppose à l'action terroriste de
l'Irgoun. Il choisit la voie moyenne, où l'accent est
mis sur la préparation en vue d'une attaque arabe
généralisée. Celle-ci a lieu en 1947, après la
résolution de l'ONU du 29 novembre en faveur du partage
de la Palestine en deux États.
B.G. organise le yishouv pour la guerre d'indépendance,
au cours de laquelle, le 14 mai 1948, il proclame
l'indépendance de l'Etat d'Israël, à Tel Aviv.
Les premières années d'Israël, jusqu'en 1963, à sa
deuxième retraite du gouvernement, sont de loin ou de
près, dominées par David Ben Gourion. La primauté
donnée à Jérusalem, au Néguev et à l'alya
massive telles sont l'essentiel de l'apport de B.G. aux
premières années d'Israël. De même, l'importance que
B.G. attribue à l'étude de la Bible. Sa politique
générale basée surtout sur l'amitié avec les U.S.A. et
la France, mais aussi avec certains pays d'Asie,
d'Afrique et d'Amérique du Sud, la reprise des rapports
avec la nation allemande et les accords de réparation
allemands qui ont beaucoup aidé à renforcer Israël. Il
s'établit sur ses vieux jours dans le désert du Néguev,
au Kiboutz Sdé Boker, pour y prôner un esprit
pionnier.
Source : Voir Israël, vivre Israël,
Eliahou Eilon, Département Jeunesse et Hehaloutz, 1984.
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Created: 11/12/97 Updated: 18/12/97