Yasser Arafat

ARAFAT Yasser
Né en 1929, il est élevé en Egypte et obtient un
diplôme
d'ingénieur à l'Université du Caire. Dans les années 50
il
dirige l'Union des Étudiants palestiniens à Gaza,
puis
travaille au Koweit comme ingénieur de 1957 à 1960. II
est
l'un des fondateurs du groupe de guérilla al-Fatah dont
il
devient le dirigeant dans les années 60.
En 1968 al-Fatah prend le contrôle de l'Organisation
de
Libération de la Palestine, fondée en 1964 et conçue
comme
un organisme centralisant de tous les groupes de
guérilla
palestiniens. Arafat devient président du Comité
Exécutif
de l'OLP, son dirigeant principal et son commandant en
chef
Arafat a toujours été considéré par l'OLP comme
un
centriste. Pourtant ce n'est pas un modéré: il
considère
l'action "militaire", c'est-à-dire le sabotage et
le
terrorisme, comme le moyen principal de combattre, et
son
influence a été déterminante dans la formulation de
la
Charte de 1'OLP en 1968. Il s'agit d'un document qui
dénie
à Israël le droit à l'existence, dénie toute relation
entre
les Juifs et la Palestine, et refuse tout compromis
ou
coexistence avec ceux-ci .
Arafat participe à toutes les conférences du Sommet
arabe
depuis 1974. Il maintient des contacts permanents avec
les
chefs d'Etats et les chefs de gouvernement arabes et il
est
traité par eux comme un chef d'Etat. De même, il obtient
la
reconnaissance de nombreux pays. En novembre 1974, il
est
invité à parler à l'Assemblée Générale des Nations
Unies.
Il effectue des visites constantes dans les
capitales
arabes et dans le monde entier
Arafat a pu agrandir et structurer 1'OLP à 1'aide des
fonds
énormes mis à sa disposition par des États
arabes,
principalement par les pays producteurs de pétrole.
C'est
aujourd'hui un organisme fort, menant des
activités
militaires, financières, sociales, médicales et
éducatives.
Il a ainsi bâti successivement un
véritable
Etat-dans-l'Etat en Jordanie puis au Liban, sans
le
consentement de ces pays.
Au cours de la guerre d'Israël au Liban , à partir de
juin
1982 , la direction de 1'OLP a été expulsée du Sud-Liban
et
évacuée de Beyrouth-Ouest. Arafat a alors établi
son
état-major à Tunis.
Contrairement aux diverses factions rivales de
l'OLP,
Arafat insiste sur le fait que l'unité du
mouvement
palestinien doit être maintenue à tout prix et que tous
les
combats internes, locaux et idéologiques concernant
les
orientations politiques doivent être remis à plus tard.
Une
telle position est considérée par les gauchistes de
l'OLP
comme une position de droite. En vérité, la
propre
inclination d'Arafat est clairement conservatrice, avec
une
teinte d'islamisme.
En tant que dirigeant du Fatah puis de l'OLP, Arafat
a
dirigé la planification et l'exécution d'opérations
de
sabotage et de terrorisme continuels contre Israël,
contre
des représentations israéliennes à l'étranger, ainsi
que
des détournements d'avions. Mais, depuis les années 70
,
Arafat est considéré par de nombreux observateurs comme
un
modéré. II s'oppose au terrorisme contre les pays
étrangers
et l'aviation internationale, qui est pratiqué par
les
factions extrémistes. Il a pris en 1974 l'initiative
d'une
résolution stipulant que l'OLP créerait une
"autorité
nationale" dans toute partie de la Palestine évacuée
par
Israël. Bien que cette résolution n' exprime pas
clairement
une renonciation à reconquérir toute la Palestine ou
un
engagement à une coexistence pacifique avec Israël
,
certains observateurs l'interprètent dans ce sens .
Arafat rencontre à plusieurs reprises des
Israéliens,
principalement les "colombes" de la gauche sioniste et
les
communistes non-sionistes. Ces contacts sont
fondés
explicitement sur le fait qu'il accepte de considérer
les
Juifs d'Israël comme des habitants légitimes du
pays (contrairement à ce qu'affirme la Charte de
l'OLP), et
implicitement sur 1'idée qu'une négociation entre Israël
et
les Palestiniens est envisageable (ce qui est
aussi
contraire à la Charte de l'OLP).
A partir de fin 1987 il est pris par surprise,
depuis
Tunis, par la révolte des pierres, "l'intifada". Mais
il
encourage dorénavant ce soulèvement populaire sans
pour
autant abandonner les actions terroristes. L'une
d'entre
elle perpétrée sur une plage israélienne, a
pour
conséquence l'interdiction pour tout dirigeant de
l'OLP
d'entrer aux Etats-Unis Son soutien inconditionnel à
Saddam
Hussein lors de la guerre du Golfe ne fait qu'accroître
son
isolement sur la scène internationale et dans le
monde
arabe modéré. Le Koweit, l'Arabie Saoudite,
principales
sources de financement de son organisation, cessent
toute
subvention. Le mécontentement de la
population
palestinienne ne fait alors que croître facilitant
la
montée des forces musulmanes fondamentalistes.
Lors de la conférence de Madrid en décembre 1991,
il
supervise depuis Tunis la délégation palestinienne dont
les
membres résident tous en Cisjordanie ou dans la Bande
de
Gaza (c'était la condition posée par le gouvernement
du
Likoud à l'ouverture de la Conférence).
Après de longs pourparlers secrets entre l'OLP et
le
gouvernement israélien travailliste, entre 1992 et
1993,
Arafat renonce par écrit à toute forme de terreur,
et
reconnaît l'Etat d'Israël. Le 13 septembre de la même
année
il signe avec Itzhak Rabin à Washington la Déclaration
de
Principes portant sur les dispositions intérimaires
de
gouvernement palestinien autonome, qui doivent
s'appliquer
d'abord à Jéricho et à la Bande de Gaza. Le 4 mai 1994
il
signe les Accords du Caire déterminant le cadre
de
l'Autonomie palestinienne.
Début juillet 1994 Arafat s'installe définitivement à
Gaza
devenue autonome quelques semaines auparavant. Depuis il
y
siège en tant que président de l'Autorité palestinienne.
Le
10 décembre, il reçoit le Prix Nobel de la Paix,
qu'il partage avec Itzhak Rabin et Shimon Peres.
Le 14 janvier 1997, Yasser Arafat a signé un accord
avec
le premier ministre israélien Benjamin Natanyahou. Celui-
prévoit que l'armée israélienne se retirera des 4/5ème
de
la ville de Hebron. L'accord stipule aussi que
l'armée
israélienne procédera à trois retraits des zones rurales
de
Cisjordanie, de mars 97 à août 98, et prévoit
l'ouverture
dans les deux mois, de négociations sur les
statuts
définitifs de la Cisjordanie et de Gaza.
Source : Political Dictionary of the
Arab
World.
©1998 Le Centre Pédagogique
Created: 11/12/97 Updated: 18/12/97