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[Introduction] [Les
Congrès d'avant la première guerre mondiale]
[Les Congrès entre les deux guerres mondiales
]
[Les Congrès a l'ombre de la Shoah] [De
1951 à 1972] [De 1978 à 1992] [De
1992 au Centenaire]
Introduction: Les Congrès sionistes
Herzl réunit le premier congrès sioniste en 1897 afin de
démontrer au monde "ce qu'est le sionisme et ce qu'il recherche."
L'un des objectifs du congrès était également de
réunir tous les sionistes dans un seul et même mouvement,
chose que les sympathisants sionistes n'avaient jusque là pas pu
réaliser. A partir de cette date, en dépit de la sécession
des Révisionnistes de 1935 à 1946, le congrès remplit
cette fonction. Il devait devenir la plus haute autorité de l'Organisation
sioniste.
Au début, le congrès se réunit tous les ans (1897-1901),
puis tous les deux ans (1903-13, 1921-39) et, après la deuxième
guerre mondiale, irrégulièrement.
Selon la constitution de l'OSM (1960), le congrès doit se réunir
une fois tous les quatre ans. Cependant, il peut être ajourné
par le Comité d'action sioniste en raison de circonstances spéciales
ou extraordinaires. Depuis la création de l'État d'Israël,
tous les congrès se sont tenus à Jérusalem.
Un examen de l'histoire du congrès sioniste avant la création
de l'État éclaire les questions idéologiques auxquelles
le mouvement s'est trouvé confronté, en particulier la lutte
pour la réalisation du foyer national juif. Après la création
de l'État, le congrès reflète les efforts de l'Organisation
sioniste pour se trouver un nouveau rôle. Les problèmes de
structure, de démocratie et d'idéologie dominent alors plus
particulièrement ses débats, surtout depuis 1971.
Les Congrès d'avant guerre
Le Premier Congrès - Bâle [ Bâle ], 1897
Le premier congrès sioniste devait avoir eu lieu à Munich
en Allemagne. Cependant, en raison de l'opposition considérable
des leaders de la communauté locale, aussi bien orthodoxe que réformée,
on décida de transférer le lieu de la réunion à
Bâle, en Suisse. Herzl fut le président
du congrès qui compta 200 participants. Les principales réalisations
de ce congrès furent la formulation de la plate-forme sioniste,
connue sous le nom de programme de Bâle et la création
de l'Organisation sioniste mondiale. Le programme disait,
"le sionisme recherche pour le peuple juif un foyer juif sûr
et reconnu en Palestine."
Cette phrase exprimait clairement le sionisme politique de Herzl par
opposition aux activités d'implantation d'un mouvement moins organisé,
Hibbat Sion.
Herzl fut élu président de l'Organisation sioniste. Un
Comité d'actions internes ainsi qu'un Comité des grandes
uvres furent élus pour gérer le mouvement entre les
congrès.
Dans son journal intime Herzl écrivit,
" Si je devais résumer le congrès de Bâle
en un mot - que je me garderai de prononcer publiquement je dirais
ceci: À Bâle, j'ai fondé l'état juif. "
Le deuxième Congrès - Bâle, 1898
Face à une opposition au sionisme plus active de la part des
divers dirigeants juifs, Herzl appela le congrès "à
conquérir les communautés." C'était essentiellement
un appel au mouvement sioniste pour qu'il concentre son attention non
seulement sur l'activité politique pour la Palestine mais également
sur le travail au sein des communautés juives. A ce congrès
furent créées les bases de l'établissement du Trust
colonial juif, un organisme financier ayant pour objectif le développement
de la Palestine. A ce congrès également un groupe de socialistes
demanda à être représenté au sein du leadership
sioniste.
Le Troisième Congrès - Bâle, 1899
Herzl ouvrit le troisième congrès par un compte rendu sur
ses réunions avec l'empereur Guillaume II à Constantinople
et à Jérusalem. En dépit du fait qu'elles n'avaient
donné aucun résultat pratique, le fait qu'elles aient eu
lieu avait une valeur symbolique considérable.
Le congrès passa beaucoup de temps à débattre des
dimensions du sionisme bien que l'opposition à cette orientation
ait été exprimée par les partisans des efforts pratiques
de colonisation. Au cours d'une discussion sur le Trust colonial juif,
le congrès décida que ses fonds ne pourraient être
dépensés qu'en Palestine ou en Syrie.
Tandis que les délégués étaient de plus
en plus préoccupés par ce qu'on appelait la question de
culture, la tentative sioniste d'une identité nationale/ethnique
pour les juifs, Herzl était préoccupé par la politique
contemporaine. Quelques historiens avancent que Herzl n'était pas
tant désintéressé par ces sujets culturels qu'effrayé
par leur potentiel de diviser le mouvement.
Le Quatrième Congrès - Londres, 1900
Le congrès se tint à Londres afin d'influencer positivement
l'opinion publique de ce pays dans le sens de l'idée sioniste.
Le congrès s'était réuni dans une atmosphère
d'inquiétude croissante pour la situation des Juifs roumains dont
plusieurs milliers avaient été expulsés de force,
les autres faisant l'objet de persécutions. Bien que ceci aille
dans le sens d'un besoin évident de "charte", Herzl n'avait
aucun secours sérieux à offrir à ces juifs.
Sur la question culturelle, les sionistes religieux dirigés par
Rabbi Itshak Ya'akov Reines exigèrent que
le mouvement sioniste se limite aux sujets politiques. Le congrès
discuta également du problème des ouvriers juifs en Palestine
et de la question d'un mouvement national sportif juif.
Le Cinquième Congrès - Bâle, 1901
Herzl fit au congrès le rapport de sa réunion avec le
sultan Abdul Hamid II de Turquie et des progrès du Trust colonial
juif. Ces réalisations n'ont pas satisfait tous les délégués,
en particulier ceux de la toute nouvelle faction démocratique.
Le groupe dirigé par Léo Motzkin,
Martin Buber et Haïm Weizmann
invita le mouvement sioniste à adopter un programme de culture
hébraïque et une plus grande démocratie dans l'organisation.
La réalisation la plus concrète du congrès fut l'établissement
du Fonds national juif (KKL) qui devaient collecter des fonds pour
l'achat de terre en Palestine.
Le Sixième Congrès - Bâle, 1903
Au cinquième congrès sioniste, on adopta une résolution
selon laquelle les congrès auraient dorénavant lieu tous
les deux ans et non tous les ans, comme c'était le cas jusqu'à
présent.
Dans son discours d'ouverture, Herzl passa en revue les efforts d'établir
une charte du mouvement, mais ces tentatives étaient de plus en
plus désespérées et dramatiques tout comme l'était
la situation des juifs, en particulier après le pogrom de Kishinev.
Cette situation donna naissance à diverses solutions provisoires
telles que le projet de "El Arish", négocié avec
les hommes politiques anglais Joseph Chamberlain et Lord Landsdowne.
Après l'échec de ce programme, les Anglais offrirent alors
à Herzl la possibilité d'un règlement juif autonome
en Afrique de l'est (connu sous le nom de projet Ouganda). Herzl invita
le congrès à y réfléchir sérieusement,
bien qu'il sache que rien ne pourrait remplacer la Palestine en tant que
foyer juif.
Dans la discussion animée qui suivit, Max Nordau,
principal confident de Herzl, avança le fait que "l'Ouganda
ne constituerait qu'un refuge provisoire". En dépit d'une
considérable opposition et d'une grève surprise des sionistes
russes, les délégués adopterent par 295 voix pour,
178 contre et 98 abstentions le fait qu'il fallait envoyer un comité
pour examiner la possibilité d'une colonisation juive en Afrique
de l'est.
Parmi les sujets du congrès, il y avait un rapport de Franz Oppenheimer
sur la possibilité d'un implantation coopérative, programme
qui aurait quelques années plus tard son influence sur la création
de plusieurs points de peuplement en Palestine. Ce congrès devait
être le dernier congrès de Herzl. Il mourut un an après.
Le Septième Congrès - Bâle, 1905
Le congrès s'ouvrit avec un panégyrique de Herzl fait par
Nordau. Immédiatement après, la discussion reprit sur la
question d'une implantation en dehors de Palestine. Le congrès
entendit le rapport de la Commission qui avait été envoyée
en Afrique de l'est et conclut que "l'Ouganda ne convenait pas à
un peuplement juif de masse et demandait à voter contre tout foyer
national juif en dehors de la Palestine ou à proximité".
Les Territorialistes, dirigés par Israël
Zangwill quittèrent le congrès en signe de protestation
et fondèrent l'Association territoriale juive.
Le congrès evoqua également le travail pratique en Palestine,
par exemple du besoin d'appuyer les implantations agricoles et les activités
industrielles. Bien que Nordau semble etre la personne qui devait succéder
à Herzl comme président de l'Organisation sioniste, il refusa
et c'est David Wolffsohn qui prit ces fonctions.
Le directeur de l'OSM transféra ses bureaux de Vienne à
Cologne.
Le Huitième Congrès - La Haye, 1907
La décision de tenir le congrès à la Haye se basait
sur le fait que la Seconde conférence internationale de paix devait
s'y tenir.
Les principaux débats portaient sur les approches contradictoires
des sionistes pratiques et des sionistes politiques.
Les sionistes politiques exigeaient l'établissement d'une charte
avant que ne commence le travail pratique en Palestine, alors que les
sionistes pratiques avançaient le fait que sans implantation substantielle,
il y avait peu d'espoir d'obtenir sanction légale d'une ou plusieurs
grandes puissances.
En l'occurrence, le mouvement soutint un certain nombre d'efforts pratiques
et établit une branche de l'OSM en Palestine, dirigée par
Arthur Ruppin.
Cependant, l'adoption du sionisme synthétique -- une synthèse
des deux positions devint l'appel à l'action d'un bon nombre
de délégués, leur porte-parole principal étant
Haïm Weizmann.
Le Neuvième Congrès - Hambourg, 1909
À ce congrès, Wolffsohn et Nordau ont exprimé l'espoir
que suite à la jeune révolution turque, les efforts sionistes
pourraient connaître un nouveau tournant.
En attendant, le congrès fut partagé sur la question de
la mise en application du programme sioniste. Le lobby pratique accusa
Wolffsohn de se concentrer sur l'activité politique et son directeur,
de juger des projets en fonction de leur valeur marchande. Parmi les dirigeants
de l'opposition, Menahem Ussishkin, Haïm Weizmann
et Nahum Sokolov reçurent l'appui des représentants
du mouvement ouvrier en Palestine.
Le Dixième Congrès - Bâle, 1911
On a souvent décrit ce congrès comme étant celui
de la paix parce qu'il mena à la cessation du débat entre
les sionistes pratiques et les sionistes politiques avec l'adoption d'un
sionisme synthétique comme mode opérationnel du mouvement.
Le travail pratique en Palestine ainsi que la culture hébraïque
ont fait l'objet d'une attention considérable. Shlomo Kaplansky
a soulevé la question des relations sionistes avec les Arabes et,
pour la première fois, une session du congrès s'est tenue
en hébreu.
Otto Warburg, un juif allemand , scientifique de
renom identifié avec le camp sioniste pratique succéda à
David Wolffsohn au poste de président. Le siège de l'OSM
fut transféré de Cologne à Berlin.
Le Onzième Congrès - Vienne, 1913.
Une grande partie du temps fut consacrée à la discussion
des activités d'implantation en Palestine et du travail du bureau
de l'Organisation à Jaffa. Nordau, qui s'était opposé
à cet écart de l'approche de Herzl, brilla par son absence.
Weizmann et Ussishkin eurent l'appui du congrès pour la fondation
de l'Université hébraïque à Jérusalem.
Cependant, il faudra attendre douze ans son ouverture.
Les Congrès d'après guerre
Le Douzième Congrès - Carlsbad (Karlovy Vary), 1921
Ce fut le premier congrès à se réunir après
la Première guerre mondiale. Le mouvement sioniste avait entre-temps
gagné l'appui des Anglais pour la création d'un foyer national
juif en Palestine (Déclaration Balfour). Le
congrès adopta des résolutions accueillant la décision
des Forces alliées d'accorder à la Grande-Bretagne le mandat
de la Palestine et il encouragea la ratification du mandat par la
Ligue des nations.
Avec la fin de la guerre, la défaite de l'Allemagne et le succès
de la branche londonienne du mouvement, il était clair que le leadership
britannique serait récompensé. Weizmann devint président
de l'OSM et Sokolov président de l'Exécutif.
Le congrès a débattu des activités et de l'organisation
du Keren HaYessod, fondé un an plus tôt à la conférence
de Londres, dont le but était de réunir des fonds parmi
les communautés juives de diaspora pour l'édification de
la Palestine.
On parla également de la question des relations du sionisme avec
les Arabes. C'était devenu un sujet important en raison des émeutes
arabes à Jérusalem (1920) et à Jaffa (1921). Le congrès
adopta une résolution déclarant que le sionisme recherchait
"à vivre en harmonie et respect mutuel avec le peuple arabe"
et appelait l'Exécutif à uvrer pour "une sincère
compréhension avec le peuple arabe."
Le congrès reflétait la tendance croissante des scissions
politiques et territoriales au sein du mouvement sioniste. L'Exécutif
se réunissait maintenant à Londres et à Jérusalem.
Le Treizième Congrès - Carlsbad, 1923
L'article quatre du Mandat pour la Palestine de la Ligue des nations
appelait la création d'une Agence juive,
"pour assurer la coopération de tous les juifs étant
disposés à contribuer à l'établissement
du Foyer national juif".
La proposition d'inclure des non-sionistes dans l'Agence juive fut une
question qui éveilla une opposition considérable et qui
fut à l'époque rejetée. (Weizmann réussit
cependant à mettre en ce programme application six ans plus tard).
Le Quatorzième Congrès - Vienne, 1925
Le congrès se réunit à une époque d'importante
immigration juive en Palestine venant principalement de Pologne. Les sympathisants
de l'édification d'un foyer national juif par une entreprise privée
considéraient cette vague d'immigration comme la réalisation
de leurs espoirs, tandis que le mouvement des ouvriers la considérait
comme une menace de leurs efforts socialistes constructifs.
Les Révisionnistes, dirigés par Ze'ev
Jabotinsky participèrent à leur premier congrès
et exigèrent un activisme sioniste plus intense pour le mouvement
sioniste
Ils s'opposèrent également à l'inclusion de non-sionistes
dans l'Agence juive.
Le Quinzième Congrès - Bâle, 1927
Le congrès se reunit avec en toile de fond la crise économique
croissante en Palestine qui avait déjà fait bon nombre de
pauvres et de chômeurs. 1927 serait l'année où le
nombre des émigrants juifs à quitter le pays sera plus important
que celui des immigrants à débarquer (c'est la seule année
ou, avant la création de l'État, cela s'est produit).
Il était normal que le congrès consacre une grande partie
de son temps à ce sujet. Weizmann et Ruppin donnèrent des
discours sur la façon de contrecarrer la crise.
La discussion se pooursuivit également sur la question de l'élargissement
de l'Agence juive.
On fit le panégyrique d'Ahad Ha'am, le chef
idéologique des sionistes culturels qui n'avait assisté
qu'au premier congrès.
Dans les élections à la fonction du président de
l'OSM, Weizmann fut de nouveau réélu. Sokolov, le fut également
au poste de président de l'Exécutif, alors que Henrietta
Szold devenait la première femme à être élue
à l'Exécutif sioniste.
Le Seizième Congrès - Zurich, 1929
A la différence des congrès précédents, le
seizième congrès se réunit dans une atmosphère
d'optimisme concernant les développements économiques en
Palestine. L'immigration était en hausse ainsi que la reprise économique,
contrairement aux Etats-Unis et à l'Europe.
Le congrès approuva l'élargissement de l'Agence juive
au grand chagrin d'une minorité, dominée par les
Révisionnistes et qui ne manqua pas de se faire entendre. Cette
décision mit fin à un débat qui durait depuis sept
ans. Weizmann et Sokolov furent respectivement élus aux fonctions
de président de l'OSM et président de l'Exécutif.
Le Dix-septième Congrès - Bâle, 1931
Des émeutes éclatèrent en Palestine quelques jours
après la clôture du seizième congrès. La Commission
Shaw fit un rapport défavorable sur les activités sionistes
en Palestine, tout comme le fit la Commission Hope-Simson, envoyée
en Palestine peu après. Leurs recommandations furent adoptées
par Lord Passfield dans le livre blanc qui porte
son nom. Le mouvement sioniste était dans la plus vive agitation
et Weizmann offrit sa démission de président de l'Organisation.
Cependant, après des négociations avec le gouvernement minoritaire
de Ramsay MacDonald, un bon nombre de clauses négatives furent
supprimées.
Pendant le congrès, beaucoup de délégués
protestèrent contre la politique de Weizmann envers les Anglais,
en particulier contre son engagement à coopérer au maximum
avec les autorités mandataires. Les Révisionnistes n'étaient
pas les seuls à s'opposer à Weizmann, bien qu'ils aient
été les plus démonstratifs.
Jabotinsky, chef indiscuté de ce courant sioniste, invita l'organisation
à adopter une résolution déclarant que les objectifs
finaux du sionisme étaient l'établissement d'une majorité
juive et d'un État juif en Palestine, sur les deux rives du Jourdain.
Quand le congrès rejeta sa demande, Jabotinsky déchira sa
carte de délégué et s'écria : "Ceci n'est
pas un congrès sioniste! "
Ce fut un jalon supplémentaire dans la sécession révisionniste.
Weizmann ne revint pas sur sa démission. Sokolov fut élu
pour lui succéder. Étant donné la représentation
travailliste accrue au sein de l'Exécutif, l'orientation pro-britannique
de Weizmann allait continuer.
Le Dix-huitième Congrès - Prague, 1933
Le congrès se réunit sous l'influence de trois facteurs
principaux:
- l'avènement du nazisme en Allemagne;
- une économie inflationniste en Palestine, et:
- l'assassinat du chef du parti travailliste et chef du département
politique de l'Agence juive, Haïm Arlosoroff.
Les récriminations mutuelles entre le mouvement travailliste -
unifié en Palestine dans le mouvement Mapai en 1930 - et les Révisionnistes
atteignirent de nouveaux sommets. Une commission d'enquête fut nommée
pour enquêter sur le meurtre.
Ce fut le premier congrès où le nombre des partisans du
mouvement travailliste dépassa celui du sionisme général.
Le Dix-neuvième Congrès - Luzerne, 1935
De nouveau, la faction travailliste était la plus importante.
Une large coalition fut formée, permettant le retour de Weizmann
à la présidence. Sokolov a été élu
président d'honneur de l'OSM et de l'Agence juive, mais il mourut
l'année suivante.
Le congrès a débattu de divers sujets dont beaucoup portèrent
sur le sauvetage du judaïsme allemand et leur immigration en Palestine.
C'est dans ce contexte qu'Henrietta Szold décrivit le travail de
l'Alya des jeunes. David Ben-Gourion fut élu
directeur de l'Agence juive et commenca a y jouer un rôle de plus
en plus important. Les Révisionnistes ne participerent pas au congrès;
ils avaient décidé de se séparer et d'établir
leur propre organisation sioniste.
Le Vingtième Congrès - Zurich, 1937
Après la révolte arabe en Palestine au printemps 1936,
le gouvernement britannique expédia une Commission royale pour
étudier une éventuelle solution au conflit.
La principale recommandation de la Commission Peel
(du nom de son président) fut la partition de la Palestine en un
État juif et un État arabe. Le congrès fut invité
à déterminer la position du Mouvement sioniste envers cette
proposition.
La crise qui éclata au sein du mouvement fut comparable à
celle qu'avait connu l'organisation pendant les jours de la polémique
sur l'Ouganda. Les factions sionistes étaient son seulement divisées
entre elles mais en leur sein. Par exemple,
- au Mapai, Ben-Gourion (travailliste) appuya la proposition tandis
que Berl Katznelson et Itshak
Tabenkin s'y opposaient .
- L'opposition dirigée par Menachem Ussishkin (les Révisionnistes
ayant quitté l'OSM), avançaient que l'État juif
proposé était trop petit pour accueillir l'immigration
juive potentielle, qu'il ne pourrait se défendre contre une attaque
arabe et qu'il excluait Sion (Jérusalem).
- A l'opposé, Weizmann et Ben-Gourion avançaient qu'un
État juif permettait la libre immigration et la souveraineté.
En ces temps incertains, ils doutaient que les Anglais améliorent
leur offre. Le judaïsme européen étant en crise,
il fallait une solution immédiate. Si l'État juif était
attaqué, disait Ben Gourion, le mouvement sioniste serait en
droit de demander une révision de ses frontières.
Le congrès décida de rejeter les frontières recommandées
par la Commission Peel mais autorisa son Exécutif à négocier
un plan plus favorable pour un État juif en Palestine.
Les Congrès a l'ombre de la Shoah
Le Vingt et unième Congrès - Genève, 1939
Le congrès se réunit quelques jours seulement avant la
déclaration de la Seconde deuxième guerre mondiale. Depuis
le précédent congrès, la Grande-Bretagne avait préparé
un retrait du plan de partition proposé à l'origine par
la commission Peel. La Commission Woodhead avait
déclaré l'accord infaisable. La Conférence St. James
à Londres n'a pas réussi à combler le fossé
entre les parties; et les intérêts britanniques militaires
menèrent le premier ministre à la conclusion que
" si nous devons offenser quelqu'un, offensons les Juifs plutôt
que les Arabes. "
En mai 1939, la publication du Livre blanc porta
durement atteinte à l'immigration mais allait dans le sens d'un
État palestinien indépendant.
Le congrès condamna fortement la politique britannique en des
termes des plus sévères et un certain nombre de délégués
félicitèrent les activités des organismes impliqués
dans l'immigration illégale. Etant donné le climat de guerre
imminente,
on demanda à l'Exécutif sortant de rester en place. Weizmann
conclut les débats du congrès en déclarant : "Je
n'ai qu'une prière, que nous nous revoyons vivants."
Le Vingt-deuxième Congrès - Bâle, 1946
Le congrès s'est réuni après la Seconde guerre mondiale
et la Shoah (holocauste), dans lesquelles fut massacré la majeure
partie du judaïsme européen.
La principale ressource humaine du mouvement sioniste n'était
plus.
La communauté juive en Palestine s'était portée
en grand nombre volontaire pour l'effort de guerre britannique mais fut
relativement impuissante pour aider ses frères derrière
les lignes ennemies.
Les Anglais n'avaient consenti qu'à l'établissement d'une
Brigade juive en octobre 1944. Cette unité
n'a donc pu jouer qu'un rôle limité.
Le Yishouv avait également essayé, mais sans succès,
de faire pression sur les autorités britanniques, pour obtenir
l'abrogation du Livre blanc.
Au commencement, la politique d'une confrontation violente avait été
rejetée par une grande majorité du Yishouv mais, en été
1945, les divers groupes armés ont coordonné leurs efforts
contre le Mandat. Ceci mena à une tension accrue avec les Anglais
qui, en juillet 1946, incarcérèrent les chefs du Yishouv
à Latrun.
Le congrès s'est réuni après la publication du rapport
de Morrison-Grady qui avait recommandé la
partition de la Palestine en quatre cantons et invitait à une conférence
judéo-arabe à Londres.
Weizmann, toujours président de l'OSM, invita les délégués
à approuver la plate-forme politique du mouvement sioniste adoptée
lors des conférences à l'hôtel Biltmore à New
York en mai 1942 et à Londres en 1945. Le principal passage de
ce programme était l'appel à ce que "la Palestine soit
établie comme un Commonwealth juif intégré dans la
structure du monde démocratique. "
Le congrès vota en grande majorité en faveur du programme
mais rejeta l'appel de Weizmann à la participation à la
conférence de Londres. Weizmann démissionna de son poste
de président de l'OSM, poste qui restera vacant jusqu'en 1956.
De 1951 à 1972
Le Vingt-troisième Congrès - Jérusalem, 1951
Ce fut le premier congrès à se tenir dans l'État
d'Israël et il s'ouvrit symboliquement par un rassemblement sur le
tombeau de Herzl à Jérusalem. Herzl avait demandé,
dans ses dernières volontés, que si un État juif
était créé , on y transfère sa dépouille
enterrée à Vienne.
Le sujet principal débattu au congrès fut la définition
des objectifs sionistes, étant donné que le Programme de
Bâle avait été réalisé.
Le congrès adopta le Programme de Jérusalem, qui définit
les futures tâches du sionisme comme:
"consolider l'État d'Israël, rassembler les exilés
en Eretz Israël et stimuler l'unité du peuple juif".
On parla également des relations entre le nouvel État et
l'Organisation sioniste. Le congrès adopta une résolution
invitant l'État d'Israël à reconnaître l'OSM
comme organe représentatif du peuple juif pour tous les sujets
qui impliquent la participation organisée du judaïsme de diaspora
dans l'édification d'Israël. En 1952, la Knesset agit dans
ce sens en adoptant la loi sur l'OSM et l'Agence juive pour Israël
.
Le Vingt-quatrième Congrès - Jérusalem, 1956
Le congrès s'est réuni dans une atmosphère d'inquiétude
croissante concernant la situation politique et la sécurité
sur la frontière méridionale d'Israël.
Il a débattu d'autres sujets comme l'alya, le peuplement, la collecte
de fonds et l'organisation.
On proposa aux délégués d'éliminer les divisions
au sein des partis dans le mouvement et d'avoir des délégations
unifiées qui représenteraient chaque communauté de
diaspora. Cette proposition ne fut pas adoptée.
Le nouveau président de l'Organisation sioniste et le président
de l'Agence juive était Nahum Goldmann.
Le Vingt-cinquième Congrès - Jérusalem, 1960-1
L'un des principaux sujets de ce congrès fut l'attitude du gouvernement
israélien par rapport à l'Organisation sioniste. Ben-Gourion
avait décidé de s'atteler à ce problème et
formula de sérieuses critiques à l'égard de l'OSM.
Les autres débats portaient sur l'immigration des pays occidentaux
et l'éducation juive en diaspora. Nahum Goldmann fut réélu
président de l'OSM.
Le Vingt-sixième Congrès - Jérusalem, 1964-5
Dans son discours d'ouverture au congrès, Nahum Goldmann invita
le Mouvement sioniste à prendre une plus grande responsabilité
concernant la situation des communautés juives de diaspora. Il
appela l'organisation à soutenir le judaïsme dans sa lutte
contre le déclin et l'assimilation spirituels.
Certaines résolutions politiques furent adoptées, y compris
celle qui invitait les gouvernements à stopper des approvisionnements
en armes aux pays du moyen-orient et celle qui demandait à l'Union
soviétique d'assoupplir son attitude envers sa communauté
juive. Nahum Goldmann fut été réélu au poste
de président de l'OSM.
Le Vingt-septième Congrès - Jérusalem 1968
Le congrès s'est tenu un an après la guerre des Six jours
dans une Jérusalem unifiée. Pour la première fois,
les délégations de la jeunesse étaient présentes
aux débats, ainsi que des groupes d'étudiants et le mouvement
de l'Alya. Ceci reflétait les changements en cours dans le monde
juif et en particulier le grand nombres de volontaires arrivés
en Israël juste avant et immédiatement après la guerre.
A noter que, pour la première fois, la guerre entraîna une
importante immigration des pays occidentaux.
Dans le contexte des discussions sur l'alya, le congrès accepta
la décision du gouvernement de créer un ministère
de l'Intégration.
Le congrès modifia également le programme de Jérusalem
de 1951 qui avait défini les objectifs sionistes. Le nouveau texte
disait :
"Les objectifs du sionisme sont:
- L'unité du peuple juif et la centralité d'Israël;
- le rassemblement du peuple juif dans sa patrie historique, Eretz
Israël, par l'alya de tous les pays;
- le renforcement de l'État de l'Israël fondé sur
les idéaux prophétiques de justice et de paix;
- la conservation de l'identité du peuple juif en prônant
l'éducation juive et hébraïque ainsi que les valeurs
spirituelles et culturelles;
- la protection des droits des Juifs, où qu'ils soient."
L'élection d'un nouveau président de l'OSM, après
la démission de Nahum Goldman fut renvoyée au Comité
d'action sioniste qui élut Ehud Avriel au
poste de président de l'OSM et d'Arié [
Louis ] Pincus à celui de chef de l'Exécutif.
Le Vingt-huitième Congrès - Jérusalem, 1972
Un certain nombre de changements ont été mis en application
dans les élections au congrès, dont :
L'abolition du "shekel", dont le paiement donnait droit à
l'adhésion à l'OSM et au droit de vote pour les élections
au Congrès.
Le nouveau système permit la mise en application de divers systèmes
électoraux dans chaque fédération territoriale, tandis
que, en Israël, c'était les élections à la Knesset
qui servaient à déterminer la taille respective des délégations
des partis au Congrès.
Il y eut également d'autres changements parmi lesquels l'acceptation
de divers organismes juifs internationaux au sein de l'OSM tels que la
Fédération mondiale des Communautés Séfarades
(mais avec un droit de vote partiel ).
L'alya des pays occidentaux, l'ouverture de l'immigration d'Union soviétique
et l'éducation juive en diaspora firent eux aussi l'objet de débats.
Il y eu des tentatives pour obliger les titulaires de hautes fonctions
sionistes à s'engager à immigrer en Israël après
deux mandats d'activités (huit ans), mais elles ne réussirent
pas à obtenir l'appui nécessaire des délégués.
Cependant, elles placèrent la question idéologique de l'accomplissement
sioniste [ hagshama ] à l'ordre du jour du mouvement.
Louis Pincus fut réélu président de l'Exécutif
sioniste.
De 1978 a 1992
Le Vingt-neuvième Congrès - Jérusalem, 1978
Six ans s'etaient écoulés depuis le précédent
congrès, période pendant laquelle des changements significatifs
ont affecté le peuple juif . Il s'agit entre autres
- de la hausse du terrorisme international;
- la guerre de Yom Kippour;
- l'isolement croissant d'Israël, accentué par la résolution
des Nation-Unies identifiant le sionisme au racisme;
- l'exode des juifs d'Union soviétique et la lutte pour les droits
des juifs dans ce pays;
- la victoire du Likoud à la Knesset (qui mit fin à la
domination travailliste) et la visite d'Anwar Sadat à Jérusalem
en 1977.
Bien que ces événements aient influencés l'atmosphère
du congrès, ils ne constituaient pas l'essentiel de ses débats
qui porta en fait sur la question du pluralisme religieux au sein du mouvement
sioniste. Suite à une discussion animée, le Congrès
accepta le principe de l'égalité religieuse pour chacun
des courants religieux affiliés à l'OSM. Cela signifiait
que les nouveaux venus, les Réformés et les Conservateurs
devaient obtenir un statut égal aux autres courants.
Arié Dulzin fut élu Président de l'Exécutif
sioniste.
Le Trentième Congrès - Jérusalem, 1982
Les principaux sujets débattus au Congrès furent l'organisation
et la structure sionistes et la réévaluation de son idéologie.
La question du rapport de l'OSM avec l'Agence juive occupa une bonne partie
du Congrès.
Les "non-sionistes " (collecteurs de fonds), qui constituaient
50% de l'Agence juive avaient, suite au "Processus de Césarée",
signé le "Programme de Jérusalem ", annonçant
de ce fait leur acceptation de la plate-forme sioniste. En pratique, cela
signifiait que l'Agence juive allait être impliquée dans
des domaines qui avaient jusque là été ceux de l'OSM,
notamment l'alya et l'éducation juive en diaspora. Ceci avait pour
objectif l'intensification du "Processus d'Herzlia", qui débuta
après le Congrès et recommandait d'importants changements
dans l'organisation, la démocratisation et l'orientation idéologique
de l'OSM et de l'Agence juive.
Un certain nombre de sessions du congrès furent orageuses, en
particulier celle consacrée à la construction des implantations
juives en Cisjordanie/Judée-Samarie et dans la bande de Gaza. Le
département des implantations de l'OSM était associé
à ces activités et certains délégués
souhaitaient y mettre un terme. En fin de compte, le Congrès adopta
une résolution déclarant qu'il '"acceptait d'être
en désaccord " sur ce point. Il fut également décidé
qu'un comité conjoint gouvernement-OSM devrait débattre
de l'emplacement exact des nouvelles implantations.
Arié Dulzin fut réélu président
réélu de l'Exécutif.
Le trente-et-unième Congrès - Jérusalem, 1987
Le congrès a de nouveau débattu des rapports entre Israël
et les communautés juives par rapport à l'Organisation sioniste.
On avait espéré que ce rassemblement conclurait le processus
d'Herzlia qui exprimait l'influence croissante des collecteurs de fonds
de l'Agence juive dans la restructuration, la démocratisation et
la réévaluation des objectifs idéologiques de l'Organisation.
Cependant, rien de majeur ne fut fait dans ce domaine.
On proposa d'élire le président de l'OSM, poste qui avait
été vacant depuis la démission de Nahum Goldmann
en 1968. La requête des "Magishimim" (ceux qui s'étaient
engagés à immigrer en Israël dans un certain délai)
de se voir accorder un statut spécial au sein du mouvement fut
rejetée avoir avoir été débattue.
On considéra cela comme le rejet du principe selon lequel les
sionistes devaient s'engager personnellement à immigrer dans un
certain délai.
L'ancien ambassadeur israélien aux États-Unis, Simha
Dinitz et député travailliste à la Knesset, fut
élu président.
Le 32ème Congrès sioniste, Jérusalem, 1992
Le Congrès s'est réuni suite aux premiers changements survenus
dans les départements de l'OSM et l'adoption d'une nouvelle structure,
le tout ayant été quelque peu relégué au second
plan par une très importante alya d'USSR/Russie et d'Éthiopie.
C'était également une période de baisse des contributions
de l'Appel juif unifié en raison de la crise aux Etats-Unis et
en Europe de l'ouest. Les deux vagues d'alya entraînèrent
d'énormes tensions sur les ressources et les équipements
et exigèrent des changements dans les allocations du budget de
l'Agence juive. Une grande partie du Congrès fut consacrée
à des visites sur le terrain pour voir des projets. En conséquence,
les débats idéologiques ne vinrent qu'après l'unification
des objectifs et la confirmation des nouvelles priorités.
Simcha Dinitz fut réélu Président du Comité
exécutif.
De 1992 au Centenaire
L' "Interregnum"
Les poursuites judiciaires contre Simcha Dinitz ont quelque peu assombri
l'Agence juive et sérieusement retardé la réalisation
de la démocratisation et des changements structurels.
Les élections intérimaires pour un nouveau Président
ont eu pour résultat l'élection du député
Avraham Burg, qui, cherchant une nouvelle définition du rôle
de l'agence, et confronté à un budget insuffisant, a entrepris
un plan radical de rationalisation au sein de l'Agence et de l'OSM, ainsi
que vis-à-vis du gouvernement israélien.
Avec le début du processus d'Oslo, l'agence espère pouvoir
de nouveau se consacrer à plusieurs de ses projets sociaux et pédagogiques
qui lui tiennent tant à cur, le budget de l'État étant
moins concentré sur la défense.
Il y a eu également une tentative de trouver une définition
contemporaine du sionisme dans l'époque cynique post isme
des rivalités du village global tentant d'établir les priorités
tout en considérant le besoin de combler le fossé croissant
entre les Juifs d'Israël et ceux de diaspora, particulièrement
au sein de la jeune génération.
Le XXXIIIème congrès sioniste à l'approche du centième
anniversaire
Malgré le sentiment de réalisation, et le centième
anniversaire du premier congrès sioniste, malgré le cinquantième
anniversaire de l'État d'Israël nous constatons une
escalade des processus de diversification et des conflits au sein de la
société israélienne. L'assassinat d'Itshak Rabin
aspect violent et inacceptable de ces développements, crée
une incertitude politique. Le parti travailliste au pouvoir perd les élections
au profit du Likoud, et le processus d'Oslo se fait de plus en plus instable.
Tandis que les organisations juives de diaspora au sein du mouvement
sioniste constituent maintenant 50% des voix au sein de l'Agence Juive,
et qu'il en est de même pour l'OSM [par l'Autorité conjointe,
réintitulée "Départment pour l'Éducation
juive sioniste" et réintegrée à l'Agence Juive],
la centralité d'Israël dans l'ordre du jour de la diaspora
n'est plus aussi importante. Les leaders et les intellectuels sionistes
de tout bord tentent d'analyser ou de définir la nature et le rôle
du sionisme à l'aube du nouveau millénaire.
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