Au-delà de l'Amérique - la Grande-Bretagne
L'origine de la communauté juive de Grande-Bretagne actuelle remonte
seulement à trois siècles, mais le fait est que la communauté
'anglo-juive' (dominée par l'Angleterre comme l'Angleterre domine
la Grande-Bretagne) est l'une des communautés le mieux intégrées
du monde.
A la fin du dix-neuvième siècle, cette communauté connut
un nouvel essor avec l'arrivée d'une vague d'immigration en provenance
de Russie. Cette communauté d'immigrants accueillit chaleureusement
dans son ensemble le Sionisme d'Herzl au dix-neuvième et au vingtième
siècles.
Lorsque les mouvements de jeunesse sionistes firent leur apparition en
Grande-Bretagne, dans les années 1920-1930, les dirigeants communautaires
ne brillaient pourtant pas par un excès d'enthousiasme. Tant que
ces mouvements avaient pour but de renforcer l'identité juive des
jeunes par des activité culturelles et un soutien à la communauté
juive de Palestine, ils étaient d'accord. Mais lorsqu'il s'agissait
d'un soutien actif et personnel à la Palestine y compris par l'Aliyah,
les réactions de l'Establishment juif étaient plutôt tièdes.
Depuis la fondation de l'Etat juif, la communauté juive de Grande-Bretagne
s'est définie comme pro-sioniste mais elle l'a fait d'une manière
très 'British'. Le Sionisme a été aidé par les adultes,
qui ont contribué généreusement à la cause sioniste
par des dons à Israël et au Sionisme, mais à part quelques
exceptions comme pendant la guerre des Six Jours, ce soutien a toujours
été modéré. Certes un mouvement sioniste existe et
il est actif mais ses leaders n'ont jamais considéré l'Aliyah
comme une obligation personnelle, quoiqu'ils aient certainement encouragé
d'autres personnes à le faire. Ce leadership n'a changé que
très lentement.
C'est la jeunesse et les membres les plus jeunes de la communauté
qui ont donné l'impulsion nécessaire au militantisme sioniste
et sans nul doute, leur contribution personnelle a été impressionnante.
En effet, depuis la fondation de l'Etat d'Israël, plus de 26.000
Juifs britanniques ont fait leur Aliyah, ce qui est beaucoup pour une
communauté 'bourgeoise' qui est en constante progression sociale
et qui n'a jamais été menacée par l'antisémitisme
ou par un comportement hostile au cours de cette période. Aujourd'hui,
et alors que les collectes de fonds - y compris en faveur d'Israël
- montrent une générosité constante, le mouvement sioniste
ne fait décidément pas partie des institutions les plus importantes
de l'Angleterre. 50% des jeunes juifs britanniques font des voyages d'étude
en Israël dans le cadre d'un mouvement de jeunesse sioniste mais
pour la majorité d'entre eux et pour leurs parents, ce n'est qu'une
étape obligée de leur future vie en Grande-Bretagne.
Une remarque en guise de conclusion. Sur les 300.000 Juifs vivant en
Grande-Bretagne, environ 30.000, soit 10% d'entre eux, sont d'anciens
Israéliens. Ces 'yordim' (en contraste avec les 'olim', qui 'montent'
en Israël) possèdent leurs propres communautés et ils ont
souvent des liens mal définis avec la communauté juive anglaise,
ceci dans beaucoup de grandes villes de l'ouest. Il est trop tôt
pour procéder à une estimation de l'impact des quelque 500.000
yordim israéliens sur la question des relations Israël-Diaspora,
mais il est évident que ce fait aura des conséquences, à
moyen ou à long terme.
[Introduction]
[La Période Biblique] [La
Période postérieure au Second Temple] [Les
Temps modernes] [Le Sionisme et l'Occident]
[Résumé] [Autres
Modèles] [La Russie] [La
Grande-Bretagne] [La France] [L'Allemagne]
[Le Yémen] [L'Inde]
[Conclusions] [Implications]
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