LES RELATIONS ISRAEL-DIASPORA
par Steve Israel
Introduction
Terminologie
Toute discussion sur les relations Israël-Diaspora doit commencer
par l'examen des termes qui sont à la base de notre discussion.
Deux termes sont utilisés pour décrire le monde juif
en dehors d'Eretz Israël qui ont un sens très différent
quoiqu'ils décrivent la même réalité physique.
Le mot Diaspora vient d'un mot grec qui signifie "dispersion"
; c'est un mot sans connotation spéciale qui décrit
objectivement le monde juif comme un monde dans lequel des Juifs
vivent dans un grand nombre de pays différents.
Un autre mot qui décrit exactement la même réalité
mais qui, lui, est chargé de sens est le mot Galout (ou Gola)
qui signifie "exil". L'utilisation du mot exil pour décrire
les communautés juives dans le monde revient à dire
que leur vie n'est pas normale ni souhaitable. Lorsque les gens
sont en exil, on suppose qu'ils ne sont pas là où ils
devraient être et que ce serait bien plus normal pour eux
de vivre dans leur pays. En d'autres termes, l'utilisation du
terme Galout pour décrire les comunautés juives dispersées
dans le monde indique une attitude spécifique les concernant,
une désapprobation, avec souvent l'espoir que cette situation
anormale va prendre fin et que les gens qui vivent en Galout pourront
retourner dans leur pays.
Faire la différence
Néanmoins par convention on utilise ces deux termes pour décrire
deux situations objectives qui se sont produites à différentes
époques de l'histoire juive. Aux époques de souveraineté
juive en Eretz Israël, c'est-à-dire l'époque du
Premier Temple, du Second Temple et l'Etat d'Israël moderne,
la convention veut que l'on se réfère aux communautés
qui ne vivent pas sous souveraineté juive comme étant
'la Diaspora', alors qu'aux époques où il n'y avait
pas de souveraineté juive en Terre d'Israël, elles étaient
la 'Galout'. L'implication est que dans le premier cas la dispersion
des Juifs est volontaire (parce qu'ils ont le choix de vivre en
Israël) alors que aux époques où il n'y a pas de
souveraineté juive, un tel choix n'existe pas, et c'est donc
une période d'exil.
D'après la théologie juive conventionnelle, la Galout
est considérée comme le résultat d'une punition
divine. On croyait que Dieu punissait les Juifs pour leurs péchés,
conformément aux avertissements de la Torah, en les dispersant
parmi les nations du monde. Les Juifs devaient s'efforcer d'annuler
le décret divin pour permettre à l'état de Galout
de prendre fin et afin qu'ils puissent retourner dans leur pays.
Nous ferons ici cette distinction entre Galout et Diaspora pour
plus de clarté, tout en soulignant le fait qu'elle n'est
absolument pas immuable, ni acceptée par tout le monde.
Importance de la terminologie
à l'heure actuelle
En ce qui concerne les relations Israël-Diaspora, il est important
de faire comprendre que à une époque donnée, certains
Juifs peuvent très bien se considérer comme vivant en
Diaspora (c'est-à-dire une situation qu'ils ont choisie et
qui est souhaitable pour eux personnellement) alors que d'autres
peuvent se considérer dans une situation qui n'est ni naturelle
ni souhaitable de Galout. Cette situation, qui a caractérisé
certaines judaïtés, a entraîné une grande
confusion, du ressentiment et de la tension entre différents
groupes de Juifs.
Cependant il semble que cette divergence soit un phénomène
moderne. Jusqu'au début de l'émancipation (fin du 18ème
siècle en Europe occidentale) il semble que la plupart des
Juifs étaient prêts à accepter l'idée que
dans des périodes sans souveraineté juive ils vivaient
dans une situation de Galout et c'est cette conception qui a prévalu
pendant des milliers d'années dans la relation des communautés
juives à Eretz Israël. Examinons maintenant la situation
d'un point de vue chronologique.
[Introduction]
[La Période Biblique] [La
Période postérieure au Second Temple] [Les
Temps modernes] [Le Sionisme et l'Occident]
[Résumé] [Autres
Modèles] [La Russie] [La
Grande-Bretagne] [La France] [L'Allemagne]
[Le Yémen] [L'Inde]
[Conclusions] [Implications]
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