Contemporary Jewish Demography

 

 

Démographie

La population juive mondiale (2002)
Par le Professeur Sergio dellaPergola
Sergio dellaPergola, « World Jewish Population 2002 », American Jewish Year Book, 102, New York, 2002.

La population juive mondiale était estimée à 13.3 millions au début de l’année 2002 – soit une augmentation d’à peu près 40,000 personnes par rapport à l’estimation révisée de l’année précédente (1).

Les chiffres sur la taille d’une population, ses caractéristiques et ses tendances sont des outils primordiaux pour pouvoir faire une estimation des besoins de la communauté juive et de ses perspectives au niveau local et mondial. Les estimations faites pour de grandes régions et des pays individuels, données dans cet article, reflètent d’un effort prolongé et continu pour étudier scientifiquement la démographie du monde juif contemporain. La collection des données et les recherches comparatives ont bénéficié de la collaboration de chercheurs et d’institutions de nombreux pays, y compris des réponses à des enquêtes directes concernant les estimations actuelles. Il faut cependant insister sur le fait que l’élaboration d’une estimation mondiale de la population juive pour les différents pays est un processus difficile et d’incertain.

Les utilisateurs de ces estimations de la population juives doivent être conscient de ces difficultés et des limites qu’elles créent.

Des changements géopolitiques et socioéconomiques ont affecté la scène mondiale depuis la fin des années 80, citons en particulier, l’effondrement politique de l’Union Soviétique, la réunification de l’Allemagne, la transition politique de l’Afrique du Sud, les problèmes avec les économies Latino-Américaines et la situation volatile en Israël et au Moyen-Orient. Les mouvements de tendances au sein de la population juive ont été particulièrement sensibles à ces développements : l’immigration à grande échelle des Juifs de l’ex-Union Soviétique, et l’augmentation rapide de la population en Israël en sont les effets les plus visibles.

En dépit de la mobilité générale et de la fragmentation accrue du système global de nations, plus de 80% de la population juive vit dans deux pays, les Etats-Unis et Israël. Et 95% sont concentrés dans 10 pays seulement. L’ensemble de ces centres majeurs de population juive détermine, de façon importante, l’estimation de la taille de la population juive.

Les principaux problèmes dans les recherches sur la population juive :

Les facteurs déterminants de changements dans la population juive :

Un des aspects fondamentaux de la population en général, et de la population juive en particulier, c’est qu’elle est en perpétuelle évolution. La taille d’une population, mais aussi sa composition, reflètent continuellement un éventail de déterminants bien connus. Deux d’entre eux sont communs à toutes les populations :

  1. La balance entre les événements de la vie (la naissance et la mort)
  2. La balance de l’immigration interne (ceux qui émigrent et ceux qui immigrent).
    Ces deux facteurs ont un effet sur l’augmentation ou la diminution de la présence physique d’individus dans un territoire donné.
  3. Le troisième déterminant consiste en un changement identitaire (que ce soit l’accession ou la sécession) et ne s’applique qu’à des populations qui se définissent par des particularités culturelles ou symboliques, comme c’est le cas des Juifs. Ce type de changement n’affecte pas la présence physique de la personne, mais plutôt sa volonté de s’identifier, ou non, avec un groupe religieux, ethnique ou défini différement culturellement.

Les chiffres par pays, présentés ici pour 2002, ont été mis à jour par rapport à ceux de 2001, en accord avec les changements connus ou estimés ayant eu lieu pendant ce laps de temps – événements de la vie, migrations et changements identitaires. Au cours de notre procédure de mise à jour, que des données supplémentaires sur les changements intervenus soient disponibles ou pas, nous appliquons constamment la direction connue ou assumée de changement, et en accordance, nous procédons à un ajout ou à une soustraction sur l’estimation précédente de la population juive. S’il y a des signes que les changements intervenus s’équilibrent, la population juive reste inchangée. Cette procédure s’est montrée extrêmement efficace dans le passé. Chaque fois que de nouvelles enquêtes ou recensement de la population juive ont été rendu disponibles, notre estimation annuelle mise à jour nous a montré que nous étions restés dans les normes.

Les recherches les plus récentes confirment, en fait, les estimations que nous avions rapportées dans notre précédent volume de l’Annual Jewish Year Book. Il est peut être plus important encore de dire que notre intépretation des tendances l’emporte maintenant dans la recherche démographique de la population juive.

En résumé, cela comprend : une balance positive des événements de la vie en Israël et négative dans pratiquement toutes les autres communautés juives. Une balance migratoire positive pour Israël, les Etats-Unis, l’Allemagne et quelques autres pays Occidentaux. Une balance migratoire négative pour les pays d’Amérique Latine, d’Europe de l’Est et les pays musulmans, ainsi que certains pays occidentaux.

Un balance d’accession et de sécession positive en Israël et une plutôt négative ou, dans le meilleur des cas, incertaine partout ailleurs.

Bien que l’on puisse y apporter des améliorations et des corrections, l’estimation de la population 2002 met en valeur une complexité en constante augmentation des processus sociodémographiques et identitaires qui sont sous-entendus dans la définition de la population juive. Ce qui complique le travail d’estimation de sa taille. C’est d’autant plus compliqué à une époque d’intenses migrations internationales, ce qui provoque souvent un double compte de populations en mouvements. En conséquence, comme nous le clarifierons plus loin, l’analyste doit se réconcilier avec le paradoxe du caractère éternellement provisoire de l’estimation de la population juive.

Sources de données :

En général, la quantité de données sur la taille de la population juive et ses caractéristiques est loin d’être satisfaisante. Ces dernières années, cependant, de nouvelles données importantes et des estimations ont été rendues publiques pour différents pays, avec le recencement officiel de la population et des enquêtes sociodémographiques subventionnées par des institutions juives. Les recensements nationaux ont eu des résultats sur le recensement de la population juive en Union Soviétique (1989), Suisse (1990), Canada, Afrique du Sud, Australie et Nouvelle-Zélande (en 1991 et 1996), Brésil, Irlande, République Tchèque et Inde (1991), Roumanie et Bulgarie (1992), République Russe et Macédoine (1994), Israël (1995), Biélorussie, Azerbaïdjan, Kazakhstan et Kirghistan (1999) et Lettonie (2000). Le recensement de l’année 2001 au Royaume-Uni comprenait une nouvelle question optionnelle sur la religion. Des registres nationaux permanents de population incluent des informations sur la religion juive ou des groupes nationaux dans différents pays européens (Suisse, Norvège, Finlande, Estonie, Lettonie et Lituanie) et en Israël.

Là où des sources officielles sur la population juive ne sont pas disponibles, des études socio-démographiques indépendantes ont fourni des informations de grande valeur sur la démographie juive et sa stratification socio-économique, ainsi que sur l’identification au judaïsme. L’enquête la plus importante de ce type a été jusqu’à présent le National Jewish Population Survey (NJPS) conduit aux Etats-Unis en 1970-71 et 1990). Des enquêtes similaires ont été conduites au cours de la dernière décennie en Afrique du Sud (1991 et 1998), au Mexique (1991), en Lituanie (1993), Au Royaume-Uni et au Chili (1995), au Vénézuela (1998-99), en Hongrie, Hollande et au Guatemala (1999), en Moldavie et en Suède (2000). Plusieurs autres enquêtes ont été conduites séparément dans les grandes villes des Etats-Unis et dans d’autres pays. Des preuves supplémentaires des tendances de la population juive peuvent être obtenues par le contrôle systématique des registres d’adhésion, les statistiques des mouvements démographiques et les registres de l’immigration, disponibles au sein des organisations juives de nombreux pays ou villes, en particulier au Royaume-Uni, en Allemagne et à Buenos Aires. Les données détaillées sur l’immigration qui sont relevées en Israël de façon routinière, aident aussi à estimer la taille de populations juives dans d’autres pays. Quelques unes de ces recherches font partie d’un effort coordonné pour constamment mettre à jour le profil du judaïsme mondial.

Une nouvelle série d’enquêtes et de recherches sur la population juive est attendue pour permettre d’en savoir plus sur le profil de larges communautés juives à l’aube du nouveau millénaire, en particulier aux Etats-Unis, NJPS 2000-2001, le recensement 2001 du Canada, de l’Ukraine et de l’Australie, et le recensement 2002 de la République Russe.

Ces nouvelles découvertes permettront une révision significative et une amélioration des données disponibles actuellement sur la population juive.

Définitions :

Un des problèmes majeurs dans les estimations de la population juive qui sont faites périodiquement par des chercheurs individuels ou des institutions juives, c’est le manque de cohérence et d’uniformité au niveau des critères – et ceci quand le problème de définition de critère est pris en compte !

Pour qu’une étude comparative de la démographie puisse se faire sur des bases sérieuses, trois concepts opératifs devraient être pris en compte :

Le noyau de la population juive comprend tout ceux qui, quand on le leur demande, s’identifient en tant que Juifs. S’il y a différentes personnes dans le même foyer, toutes sont considérées comme Juives. C’est une approche qui est intentionnellement pragmatique et complète, et qui reflète la nature de toutes les sources disponibles sur la population juive.

Dans des pays autres qu’Israël, de telles données dérivent souvent de recensements de population ou d’enquêtes sociales où les personnes interviewées peuvent décider de la façon dont ils veulent répondre à des questions d’ordre de la préférence ethnique ou religieuse. Définir une personne comme juive reflète des sentiments subjectifs largement chevauchés mais qui ne coïncident pas nécessairement avec la Halakha (la Loi rabbinique) ou d’autres définitions normatives. Elles ne dépendent pas d’une mesure, quelle qu’elle soit, de l’engagement juif de cette personne ou de son attitude – en terme de religiosité, croyance, connaissances, affiliation communautaire et autres. Ce noyau comprend aussi tous les convertis au judaïsme, de quelque manière que ce soit, ainsi que toute autre personne qui se déclare juive. Cela inclus aussi des personnes d’ascendance juive qui ne se réclament d’aucune religion ou appartenance ethnique.

Les personnes d’ascendance juive ayant adopté une autre religion sont exclues, ainsi que d’autres personnes qui sans s'être explicitement converties s’identifient ouvertement avec un autre groupe non-juif.

En Israël, le statut personnel est sujet à la loi du Ministère de l’Intérieur, qui relève des autorités rabbiniques. C’est pourquoi le noyau de la population juive n’exprime pas simplement une identification subjective, mais reflète des lois définies, légales : la Halakhah.

La population juive élargie comprend la somme de :

  1. Le noyau de la population juive.
  2. Toute autre personne d’ascendance juive qui n’est pas juive directement (ou qui ne se déclare pas comme telle au moment de l’enquête).
  3. Tous les membres de la famille des personnes appartenant à la catégorie précédente (conjoint, enfant, etc…). Non-juifs qui ont des racines juives, aussi loin qu’ils peuvent le savoir. Cela comprend : des personnes qui ont elles-même adopté une autre religion, même s’il se peut qu’ils se déclarent Juifs, ethniquement ou par religion. Toute autre personne avec une ascendance juive qui déclare ne pas être juive. Il est de coutume, dans les enquêtes socio-démographiques de prendre en compte l’identification éthnico-religieuse des parents. Certaines enquêtes, cependant, posent des questions à propos d’ancêtres plus lointains. Pour des raisons à la fois conceptuelles et pratiques, la définition du judaïsme élargi ne comprend pas d’autres personnes de la famille qui ne sont pas juives, qui n’ont aucun ancêtre juif et qui vivent dans un quartier exclusivement non-juif.

La Loi du Retour, le cadre légal distinctif d’Israël pour l’acceptation de nouveaux immigrants et leur intégration, permet aux immigrants juifs de bénéficier de façon immédiate de la citoyenneé et d’autres droits civils. Selon la version actuelle, amendée, de la Loi du Retour, est juive toute personne née de mère juive ou convertie au judaïsme (que ce soit une conversion du mouvement orthodoxe, conservateur ou réformé), et qui n’a pas une autre identité religieuse. Par décision de la Cour Suprême Israélienne, la conversion-sortie du judaïsme, comme cela arrive à des Juifs d'origine qui s’identifient à une autre religion, a pour résultat la perte des bénéfices dans le cadre de la Loi du Retour. La loi en elle-même n’affecte pas le statut juif d’une personne, qui comme nous l’avons dit, est donné par le Ministère de l’Intérieur et les authorités rabbiniques. La Loi s’étend à tous les Juifs et leur conjoint, qu’il soit Juif ou non Juif, leurs enfants et petits-enfants. en conséquende de cette extension latérale et à trois générations, la Loi du Retour s’applique à une population importante, et significativement plus large que le noyau de la population juive et même de la population juive élargie tels qu’ils ont été définis auparavant. Il est même difficile de faire une estimation de ce que pourrait être la taille totale de la population touchée par la Loi du Retour. Ces fortes estimations ne sont pas discutées plus bas de façon systématique, mais certaines notions de leur étendue est donnée pour les pays principaux.

Les estimations suivantes de la distribution de la population juive par continent (table 1), par pays (tables 2-9) et par centres urbains majeurs (table 10) ont toujours pour but de se rapprocher du noyau du judaïsme.

Présentation des données

Jusqu’en 1999, les estimations de la population juive présentées dans l’American Jewish Yearbook référaient au 31 décembre de deux années précédent la date de parution. Depuis 2000, notre estimation se réfère au mois de janvier de l’année de publication. Les efforts pour fournir le tableau le plus récent possible ont réduit le laps de temps pour l’évaluation et la correction des informations, ce qui provoque une marge plus grande d’imprécision. Cependant, chaque fois que cela se prouve nécessaire, à la lumière de nouvelles informations sur la population juive, nous révisons nos estimations prévisionnelles (voir tables 1 et 2). Des corrections ont aussi été apportées retrospectivement aux chiffres de 2001 pour les régions géographiques majeures et ce, afin d’assurer une meilleure base de comparaison avec les estimations 2002. Les corrections de la dernière estimation, si besoin est, seront présentées dans un futur volume de AJYB.

Taux de précision

Nous fournissons des chiffres précis pour chaque pays ayant approximativement 100 (ou plus) juifs appartenant au noyau du judaïsme. Des estimations résiduelles de Juifs vivant dans des communautés plus petites viennent compléter certains des totaux continentaux. Pour chacun des pays reportés, les quatre colonnes des tables 3-7 procurent une estimation pour la population totale, à la moitié de l’année 2000, la population juive estimée au 1er janvier 2002, la proportion de Juifs par rapport à la population totale (pour mille) et le taux de précision de notre estimation.

En effet, la différence de qualité entre les estimations pour les différents pays est très large. Pour de nombreux pays, ils serait plus approprié d’indiquer un éventail (maximum – minimum) plutôt qu’un chiffre définitif pour le nombre total de Juifs. Mais ce serait prendre le risque d’embrouiller le lecteur avec de longues listes d’éventails. Cela compliquerait aussi les totaux mondiaux et régionaux. Les chiffres que nous indiquons pour la plupart des communautés de la Diaspora doivent être interprétés comme étant la valeur moyenne de l’éventail plausible du noyau de la population juive. La largeur de cet éventail varie inversement par rapport à la précision de l’estimation.

Les trois principaux éléments qui ont un effet sur la précision de chaque estimation sont la nature et la qualité de la base de données, si la base de données est plus ou moins récente, et la méthode de mise à jour. Un code simple combinant ces éléments est utilisé afin de fournir une évaluation générale du sérieux des chiffres de la population juive reportés sur les tables détaillées ci-dessous. Le code indique les différents niveaux de qualité des estimations :

  1. Chiffre de base qui dérive d’un recensement au niveau national, ou d’une enquête sur la population juive relativement fiable ; mise à jour sur la base d’informations partielles ou complètes sur les mouvements des populations juives dans ces pays, pendant la période d’intervention.
  2. Chiffre basé sur un recensement moins précis mais récent, et fait au niveau national . Information partielle sur les mouvements de population au cours de cette période.
  3. Chiffre de base qui dérive de sources moins récentes et/ ou couverture du pays ou de la région pas satisfaisant. Mise à jour à partir d’informations démographiques illustratives de tendances démographiques régionales.
  4. Chiffre de base essentiellement spéculatif, pas de procédure sérieuse de mise à jour.

Dans les catégories A, B et C, l’année au cours de laquelle le chiffre de base d’un pays ou une importante mise à jour partielle a eu lieu sont aussi notés. Pour les pays pour lesquelles l’estimation 2002 n’a pas seulement été mise à jour, mais aussi révisée à la lumière d’informations plus complètes, le signe « X » est ajouté au taux de précision.

Un outil supplémentaire pour la mise à jour d’estimations de la population juive est fourni par une nouvelle série de projections démographiques développées à l’Université Hébraïque de Jérusalem. Les projections de ce type extrapolent les tendances qui ont été observées ou qui ont le plus de chance de se produire sur une ligne de base d’une population juive. Pour cela, on établit une liste détaillée par groupes d’âge et de sexe depuis la fin de l’année 1995. Même si une information sérieuse sur la dynamique des changements au sein de la population juive n’est pas immédiatement disponible, le fort lien qui existent généralement entre l’âge de la composition d’une population et les mouvements de vie ainsi que les mouvements migratoires aide à donner un scénario plausible sur le développement à prévoir à cours terme.

Lorsque nous n’avions pas de meilleures données, nous avons utilisé les indications de ces projections pour raffiner notre prévision 2002 par rapport aux années précédentes. D’un autre côté, les projections sont clairement formées par une série limitée et définie de suppositions qui doivent être périodiquement mises à jour à la lumière des développements démographiques réels.

Vue d’ensemble globale

La taille de la population juive mondiale

La taille de la population juive mondiale au début de l’année 2002 est estimée à 13,296,100. Le judaïsme mondial constitue à peu près 2.19 pour 1000 de la population mondiale totale. A peu près une personne sur 457 au monde est Juive. Selon les chiffres révisés entre 2001 et 2002, la population juive a grandi d’à peu près 44,000 personnes, ou à peu près 0.3 pourcent. Ceci comparé à un taux d’augmentation de la population mondiale de 1.4 pourcent (0.1 % dans les pays les plus développés et 1.7% dans les pays les moins développés.) Malgré les imperfections de ces estimations, le judaïsme mondial continue à être proche du taux « zéro d’augmentation de la population », alors que le taux de 1.5 % en Israël relève légèrement le déclin de la Diaspora (-0.3%).

La table 1 donne un tableau général de la population juive au début de l’année 2002, comparé à l’année 2001. Pour 2001, l’estimation publiée à l’origine est présentée avec des chiffres légèrement modifiés, qui prennent en compte, retrospectivement, les corrections qui ont été faites dans les estimations de certains pays, à la lumière d’informations améliorées. Ces corrections ont résulté en une nette réduction de l’estimation 2001 de la population juive par rapport à l’année 2000. Ces changements sont le résultat de correction à la hausse pour l’Azerbaïdjan (+500) et à la baisse pour la Turquie (-2000) et le Tadjikistan (-500). Une explication est donnée ci-dessous sur les raisons de ce changement.

Le nombre de Juifs en Israël a augmenté de 4,952,200 en 2001 à 5,025,000 au début de 2002. Soit une augmentation de 72,800 personnes, ou 1.5%. Au contraire, l’estimation de la population de la Diaspora a baissé de 8,299,900 (selon les chiffres révisés) à 8,271,100 – soit une baisse de 28,800 personnes ou –0.3 %. Ces changements reflètent principalement la continuation de l’immigration juive des Etats de la Fédération Russe. En 2001, l’estimation de la balance migratoire nette entre Israël et la Diaspora se chiffrait en un gain d’à peu près 15,000 Juifs pour Israël. Les mouvements d’évolution démographique internes (cela inclus les événements de la vie et les conversions) ont produit une autre augmentation d’à peu près 58,000 auprès de la population juive en Israël et une baisse d’à peu près 14,000 dans la Diaspora. Récemment, une tendance au retour vers le judaïsme peut-être observée en rapport avec le processus d’immigration d’Europe de l’Est et d’Ethiopie et les dispositions compréhensives de la Loi du Retour Israélienne (voir ci-dessus). Le retour ou premier accès au judaïsme de ceux qui auparavant n’étaient pas inclus ou ne s’identifiaient pas comme Juifs a légèrement ralenti le processus de déclin de la population juive de Diaspora et a provoqué de nouveaux gains de population juive en Israël.

(Voir table 1)

Comme nous l’avons noté, des corrections devraient être apportées à des estimations de population juive qui ont été publiées précédemment, à la lumière d’informations qui ne deviennent disponibles qu’à la suite de la publication.

La Table 2 propose un synopsis des estimations de la population juive mondiale qui ont été faites entre 1945 et 2002, telles qu’elles ont été publiées par l’American Jewish Yearbook puis, telles qu’elles ont été révisées retroactivement. Ces données révisées corrigent parfois significativement les chiffres qui ont été publiés, par d’autres jusqu’en 1980 et depuis, par nous-même. Grâce aux développements aux cours des ans, d’une base de données améliorée, ces nouvelles révisions ne sont pas nécessairement les mêmes estimations que celles qui ont été publiées année par année dans le AJYB, basées sur les seules informations disponibles à l’époque. Nous nous attendons à ce que le processus de révision continue, produit d’une recherche future en progression.

Les chiffres révisés de la table 2 font un portrait clair du ralentissment global de l’augmentation de la population juive depuis la seconde guerre mondiale. Basé sur une estimation d’une population juive mondiale post-Holocauste à 11,000,000, une augmentation de 1,079,000 s’est produite entre 1945 et 1960, suivie d’une augmentation de 506,000 dans les années 60, 234,000 dans les années 70, 49,000 dans les années 80 et 344,000 dans les années 90. Alors qu’il n’a fallut que 13 ans pour ajouter 1 million à la taille du judaïsme mondial post-seconde guerre mondiale, il a fallut 38 ans pour y ajouter le million suivant. Le léger sursaut des années 90 reflète principalement les cas de retour ou d’entrées individuelles vers le judaïsme que nous avons déjà noté (principalement d’Europe de l’Est), ainsi qu’un court effet d’écho du « baby-boom » d’après guerre (voir au dessus).

(Voir table 2)

Distribution par principales régions

A peu près la moitié de la population juive mondiale vit en Amérique, avec près de 46% en Amérique du Nord. Plus de 38% vivent en Asie, cela inclus les Républiques Asiatiques de l’Ex-URSS (mais pas la partie Asiatique de la République Russe ni la Turquie) – la plupart en Israël.

L’Europe, incluant les territoires asiatiques de la République de Russie et la Turquie, compte pour à peu près 12% du total. Moins de 2% de la population juive mondiale vit en Afrique et en Océanie. Parmi les régions principales listées dans la table 1, le nombre de Juifs en Israël, et par conséquence en Asie, - a augmenté en 2001. Un gain modéré de population juive a aussi été noté pour l’Union Européenne (cela inclus les 15 membres). L’Océanie, l’Amérique Centrale et du Sud, les autres régions d’Europe, L’Asie (sauf Israël) et l’Afrique ont quant à eux, subit une baisse de leur population juive.

Pays au cas par cas

Les Amériques

En 2002, le nombre total de Juifs sur le continent Américain était estimé à près de 6.5 millions. La grande majorité (94%) résidant aux Etats-Unis et au Canada, moins de 1% vivant en Amérique centrale (incluant le Mexique) et à peu près 6% vivant en Amérique du Sud – avec l’Argentine et le Brésil pour les communautés les plus importantes. (Voir table 3).

Pour les Etats-Unis : Le travail de champ pour l’Enquête Nationale sur la Population Juive (NJPS) en 2000-2001, sponsorisé par les United Jewish Communities (UJC), était terminé, mais les résultats finaux n’étaient pas encore disponibles au moment où cet article a été écrit. C’est donc l’Enquête 1989-90 de ce même NJPS qui a servi d’information de base pour déterminer la taille et les caractéristiques du judaïsme Américain, mais aussi pour les mises à jour qui ont suivi. Au cours de l’été 1990, le noyau de la population juive était de 5,515,000 personnes. Parmi elles, 185,000 n’étaient pas nées ou n’avaient pas été éduquées en tant que Juifs, mais s’identifiaient avec le Judaïsme. A peu près 210,000 personnes, qui ne sont pas comprises dans les chiffres précédents, étaient nées ou avaient été élevées en tant que Juifs mais s’identifiaient avec une autre religion. 1,115,000 personnes, dont 415,000 adultes et 700,000 enfants en dessous de 18 ans – avaient un parent juif mais n’avaient pas été éduqués en tant que Juifs et avaient déclaré une autre religion que le judaïsme à l’époque de l’enquête. Ensemble, ces différents groupes formaient une population juive étendue de 6,840,000. NJPS avaient aussi couvert 1,350,000 membres de foyers éligibles (juifs ou mixtes) qui n’étaient pas nés juifs. Cette étude avait donc élargie la population juive jusqu’à 8.2 millions.

Les estimations de la population juive de 1990 sont dans un éventail d’erreur de plus ou moins 3.5%. Cela veut dire que le noyau de la population juive américaine oscille entre 5.3 et 5.7 millions en 1990.

Depuis 1990, la balance de migration internationale aurait dû générer une augmentation de la population juive. Selon le HIAS (Hebrew Immigrant Aid Society), la principale agence qui s’occupe d’assister l’immigration juive de l’ex-URSS aux Etats-Unis, plus de 250,000 immigrants ont reçu une aide entre 1991-2000. Ces chiffres font référence au concept de la population juive élargie, incluant donc les membres non-juifs des foyers mixtes. Le nombre réel de Juifs de l’ex-URSS qui se sont donc installés aux Etats-Unis est donc légèrement plus petit. Il reste cependant important, même s’il décline depuis 1992. Cependant, le nombre d’immigrants qui arrivent d’Israël, d’Amérique du Sud, d’Afrique du Sud, d’Iran et d’autres pays est plus important. Au même moment, les chiffres d’Israël continuent à montrer des chiffres modérés, mais réguliers, d’immigrants américains. Entre 1990 et 2000, un total de 20,000 Juifs américains ont fait leur alyah et sont retournés en Israël, emmenant avec eux leurs enfants nés en Amérique.

L’enquête NJPS de 1990 apporte les preuves de différents facteurs qui ont contribués à ralentir l’augmentation de la population juive aux Etats-Unis. Bas niveau de fertilité effective juive, augmentation de l’âge moyen de la population, taux en hausse de mariages inter-communautaires, taux en déclin de conversion au judaïsme (ou judaïsme « par choix »), une proportion assez basse d’enfants issus de mariages mixtes qui s’identifient au judaïsme et une tendance grandissante à adopter des rituels non-juifs. En conséquence de quoi, un surplus de morts juives parmi la population américaine prévaut probablement sur les naissances. A partir de cette base de 5,515,000 juifs appartenant au noyau du judaïsme et en tenat compte de la balance d’immigration positive, en assumant une certaine érosion en vue de ce qui se passe au niveau des mariages, du taux de fertilité, de la composition par âge et par sexe, nous estimons que la population juive actuelle aux Etats-Unis est de 5,700,000. La plus importante au monde.

Une autre étude, terminée en 2001 et basée sur un échantillon pris à l’échelle nationale : l’American Jewish Association Survey (AJIS), estime le noyau de la population juive à 5,640,000 et une population élargie a un total de 10 millions, incluant les membres non-juifs de foyers mixtes et les foyers d’ascendance juive qui ne s’identifient pas au judaïsme. Le but d’AJIS était de reproduire la méthodologie de NPJS, alors que l’enquête de NJPS de 2000-2001 avait introduit plusieurs changements conceptuels et techniques dont le but était d’améliorer l’efficacité dans la façon de faire le portrait de la population juive américaine. Les chiffres trouvés par l’AJIS indiquent une baisse de 175,000 personnes au niveau du noyau juif et une augmentation de 1,975,000 de la population élargie, par rapport à la version de 1990. Ce dernier chiffre comprend 845,000 adultes d’ascendance juive qui ont une autre religion, et 957,000 autres non-juifs. A en croire l’enquête de l’AJIS, le processus d’érosion à la fois démographique et identitaire, déjà démontré en 1990, s’est renforcé de façon significative au cours de années 90.

Notre révision de notre estimation de la population juive américaine ne sera déterminée qu’une fois que les résultats de l’enquête NJPS 2000-01 seront disponibles.

La North American Jewish Data Bank (NAJDB) a continué sa compilation annuelle des estimations des populations juives locales. Elles sont reportées ailleurs dans cet article. L’estimation du NAJDB en 2000 a été révisée à 6,136,000, incluant un pourcentage inconnu de membres non-juifs de foyers juifs. Outre une révision à la baisse significative en 1991, à la suite de NJPS, les changements faits dans les estimations de NAJDB reflétaient des corrections et des adaptations faites dans les chiffres de plusieurs communautés locales – certains à la suite de nouvelles études faites dans ces communautés locales. Il est clair que les compilations d’estimations locales, même lorsqu’elles sont aussi sérieusement réalisées que dans le cas de l’étude de NAJDB, sont sujettes à de nombreuses erreurs et ont tendance à tomber en dessous de l’allure générale de la tendance au niveau national. C’est particulièrement vrai dans un contexte de migration interne intense, comme c’est le cas aux Etats-Unis. A notre avis, et malgré quelques erreurs inévitables, les enquêtes nationales du type NPJS offrent un résultat plus fiable au niveau du pays que les sommes des enquêtes locales.

Canada : Comme il est de coutume au Canada, le recensement de milieu de décade en 1996 a donné des informations sur l’origine ethnique. Le recensement de 1991, quant à lui, contenait des questions à la fois sur l’origine ethnique et la religion, en plus d’informations du type année d’immigration pour ceux qui sont nés à l’étranger, et langue. En 1996, 351.705 Canadiens ont reporté une origine ethnique juive, dont 195.810 comme réponse unique et 155.900 comme une des réponses dans une sélection de quatre options. Pour interpréter ces données, il est nécessaire de faire référence au recensement de 1991 qui comptait 318.070 juifs selon la religion. Parmi eux, 281.680 reportaient aussi être juifs ethniquement (en tant que une des quatre options proposées) alors que 36.390 reportaient une ou plusieurs origines ethniques supplémentaires. 38.245 personnes ne se disaient pas juives religieusement mais d’origine ethnique juive (une fois encore il s’agissait d’une proposition parmi 4 options possibles). En tenant compte du dernier groupe, on trouve pour 1991 un noyau juif de 356.315 personnes. Il y avait encore 49.640 Canadiens qui disaient être d’origine ethnique juive mais appartenir à une autre religion (comme par exemple Catholique, Anglicane…). Ils n’étaient pas inclus dans l’estimation de 1991 du noyau juif. Les inclure aurait porté l’estimation à 405,955 en 1991.

Les chiffres du rencensement de 1991, équivalant aux chiffres de 1996 de 351,705 Juifs d’origine ethnique (incluant ceux qui ne sont pas Juifs par religion, mais excluant ceux qui n’ont pas rapporté d’origine ethnique juive) est de 349,565. Basé sur des critères similaires à l’origine ethnique, la population juive canadienne a donc augmenté de 2,140 personnes durant la période 1991-96. Cependant, il faut signaler que la définition d’origine ethnique ne correspond pas à notre concept d’un noyau de population juive. Il nous montre donc une très légère augmentation de la population juive.- avec une immigration continue. En prenant compte du vieillissement de plus en plus marqué de la structure d’âge de la population juive, nous suggérons que dans les années qui ont suivi le recensement de 1991, le surplus migratoire aura généré un modeste surplus sur la probable balance négative de l’évolution interne. Pour le début de l’année 2002, nous avons mis à jour la population juive du Canada par rapport à la ligne de base de 1991, de 356,300 à 364,000, faisant du Canada la quatrième population juive du monde. Le recensement de 2001 offrira une meilleure ligne de base.

Amérique Centrale : Le recensement de la population de 1991 dans la région urbaine de Mexico a montré une population juive moins affectée que les autres communautés de la Diaspora par la tendance au taux de fertilité bas, aux mariages inter-communautaires et au vieillessement de la population. Un secteur comparativement plus traditionnel de la communauté juive contribuait au surplus des naissances sur les décès. Et dans l’ensemble, grâce aussi à l’immigration, la population juive est restée assez stable, voire même a légèrement augmenté. La population juive de la région urbaine de Mexico était estimée à 37,500 et au niveau national, à 40,000. Les recensement officiels faits au Mexique durant de nombreuses années, produisaient des chiffres plutôt désordonnés et peu fiables de la population juive. C’était le cas avec le recensement de 1990 qui donnait le chiffre de 57,918 Juifs (de plus de 5 ans) au niveau national. Comme par le passé, la plupart des problèmes dérivaient de chiffres déraisonnablement gonflés dans les états périphériques. Le nouveau recensement de la région urbaine de Mexico est arrivé assez près (avec 33,932 Juifs âgés de cinq ans et plus dans le district fédéral et l’Etat de Mexico) – en fait, il était même très légèrement en dessous de notre estimation. En prenant en compte un résidu modeste du potentiel pour l’accroissement naturel, comme le recensement de 1991 nous l’a montré, mais aussi une certaine immigration, nous avons estimée la population juive à 40,400 en 2002.

La population juive était estimée à près de 5,000 au Panma, 2,500 au Costa-Rica, 1,500 à Puerto Rico et 900 au Guatemala.

Amérique du Sud : Le judaïsme argentin, le plus important en Amérique latine représente la 7ème population juive du monde. Il a été marqué par une balance de population négative. Différentes enquêtes, conduites dans certaines sections centrales de Buenos Aires à l’initiative de l’Asociación Mutualista Israelita Argentina (AMIA), tout comme dans plusieurs villes de province, ont montré le vieillissement de la population et la multiplication des mariages inter-communautaires. Mais étant donné qu’il manque une enquête majeure dans la région du Grand Buenos Aires, la qualité des estimations nationales reste relativement inadéquate. Depuis les années 60, alors que la population juive était estimée à 310,000, l’allure de l’immigration et du retour des immigrants a été largement affectée par la nature variable des tendances politiques et économiques du pays, générant une balance migratoire négative. La plupart des Juifs vivent dans la région du Grand Buenos-Aires, avec à peu près 25-30,000 Juifs qui vivent dans les autres villes de provinces et certains centres mineurs. Les Juifs, appartenant de façon dominante à la classe moyenne, ont beaucoup souffert de la crise économique nationale, tant et si bien qu’un nouveau problème de pauvreté juive est apparu. Le réseau institutionnel juif a été négativement affecté, incluant l’éducation juive. Entre 1990 et 2000, plus de 10,000 personnes ont émigré en Israël et le nombre a augmenté de façon significative en 2001-02, alors qu’un nombre non spécifié a choisi d’immigrer ailleurs. Le nombre diminuant de funérailles faites par les sociétés funéraires juives est un autre symptôme du déclin de la population, même si le coût élevé de ce type de funérailles pourrait pousser certaines familles juives à préférer une cérémonie non juive. C’est ainsi que l’estimation pour la population juive d’Argentine a été revue à la baisse en 2002, à 195,000.

Au Brésil, le recensement de la population de 1991 indiquait une population juive de 86,816, soit un déclin de 4,979 par rapport au recensement précédent en 1980. En 1991, 42,871 Juifs vivaient dans l’Etat de Sao Paulo (44,569 en 1980), 26,190 dans l’Etat de Rio de Janeiro (29,157 en 1980) 8,091 à Rio Grande do Sul (contre 8,330) et 9,264 dans les autres états, (contre 9,739). Etant donné que certaines personnes peuvent avoir manqué de se déclarer juive, nous avons adopté une estimation corrigée à 100,000 depuis 1980, en assumant que la balance globale entre les événements de la vie juive, les changements d’identification et la migration externe étaient proches de zéro. Le recensement de 1991 montrait une population juive en déclin dans tout le pays, mais principalement à Rio de Janeiro, où ce déclin avait d’ailleurs commencé dès 1960. A Sao Paulo, la principale communauté juive du Brésil, tous les recensements faits depuis les années 40, ainsi que les enquêtes faites par des organismes juifs et les registres de données, donnaient l’image d’une population juive en augmentation. Mais le recensement de 1991 est venu contredire cette impression. Une étude de 1992 dans l’Etat du Rio Grande do Sul et sa capitale Porto Alegre – la troisième communauté du Brésil en taille, a montré une population juive élargie de près de 11,000. Le chiffre correspondant pour le noyau juif est d’un peu plus de 9,000, à peu près 10% de plus que dans le recensement de 1991, ce qui est assez consistant. A la lumière de ces informations et d’autres preuves qui montrent une population juive stable, malgré un taux de mariage inter-communautaire en hausse et une érosion certaine dans le groupe d’âge des jeunes, nous avons estimée la population juive du Brésil à 97,300 en 2002, donc la onzième communauté juive du monde en taille.

Au Chili, une enquête soci-démographique conduite dans la région urbaine de Santiago en 1995, indiquait une comunauté juive élargie de 21,450 personnes, dont 19,700 juifs et 1,750 non-juifs membres d’un foyer juif, cela incluait des personnes n’ayant aucune affiliation avec une organisation juive. Si l’on considère un nombre de 1,300 juifs qui vivent dans des communautés plus petites de province, une nouvelle estimation à l’échelle nationale de 21,000 a été obtenue. Des résultats précédents plus bas, provenant du recensement de 1970 et une enquête communautaire de 1982-83 ont peut-être surestimé l’effet de l’immigration juive. La nouvelle enquête faisait le portrait d’une population plutôt stable, bien que vieillissante et ayant tendance à l’assimilation.

Au Venezuela, une nouvelle enquête socio-démographique a été conduite en 1998-99. Basée sur une liste exhaustive des foyers affiliés et un échantillon indicatif des non-affiliés, puis complétée par une compilation des registres de décès, ainsi qu’une enquête sur les tendances migratoires qui a suivie, elle suggérait une population juive estimée à 15,800 en 2002.

Sur la force d’une information fragmentaire disponible, notre estimation pour l’Uruguay, la Colombie et le Pérou sont légèrement en dessous de, respectivement, 22,300, 3,400 et 2,600.

Europe

Plus de 1.5 millions de Juifs vivaient en Europe au début de 2002, deux tiers en Europe de l’Ouest et un tier en Europe de l’Est et les Balkans – cela comprend les territoires asiatiques de la République Russe et la Turquie (voir table 4).

En 2001, l’Europe a perdu 1.4% de sa population juive, principalement à cause de l’immigration continu des pays de l’Ex-URSS.

Union Européenne : Comprenant 15 pays depuis 1995, avec l’accession de l’Autriche, la Finlande et la Suède, l’Union Européenne a une population juive combinée estimée à 1,034,400 – une augmentation de 0.2% par rapport aux années précédentes. Divers courants ont affecté la population juive dans différents pays.

Avec l’effondrement de l’Union Soviétique, la France est devenue la troisième communauté juive du monde par la taille, après les Etats-Unis et Israël. La taille estimée de la population juive (530,000 en 1970) est restée relativement stable au cours des 20 années qui ont suivi. La communauté juive de France a continué à absorber un léger flux d’Afrique du Nord, ce qui explique que sa composition par âge est plus jeune que dans les autres pays européens. L’immigration en Israël s’est élevée à 7,500 en 1980-89 et plus de 15,000 en 1990-2000. Depuis les années 90, le vieillissement de la population a commencé à déterminer un léger surplus de décès par rapport aux naissances, alors que les mariages inter-communautaires ont eu tendance à augmenter. Aux vues de ces tendances, notre estimation de la population juive française a été revisée à 525,000 en 1995 et 519,000 au début de l’année 2002. Une nouvelle enquête qui a été terminée en 2002 fournira bientôt un nouvel aperçu de la situation des Juifs en France.

Une révision à la baisse, et ce de façon significative, de la population juive du Royaume-Uni a été publiée en 1998 par le Community Research Unit (CRU) du Conseil des Députés des Juifs Britanniques. Une compilation actuelle des registres de décès et de naissances juifs a montré un excès de mort sur les naissances dans une proportion d’à peu près 1,000-1,500 par an. Une enquête sur les Juifs britanniques, conduite en 1995, indiquait une augmentation significative des mariages inter-communautaires (38% des tous les hommes mariés et 50% des hommes de moins de 30 ans), ce qui a entraîné une augmentation des pertes par assimilation. Une érosion supplémentaire s’explique par l’immigration (plus de 7,000 immigrants en Israël de 1980 à 1989 et à peu près 6,000 entre 1990 et 2000). Considérant que ces tendances bien établies allaient continuer, nous avons établi une estimation pour 2002 à 273,500 (la cinquième communauté mondiale).

En 1990, l’Allemagne a été réunie politiquement. Dans l’ancienne République Fédérale Allemande, le recensement de la population reportait 32,319 Juifs. L’immigration compensait pour le surplus de décès par rapport aux naissances au sein de cette population juive vieillissante. Les estimations sur la petite population juive de l’ancienne République Démocratique Allemande variaient entre 500 et 2000. D’après des rapports disponibles, plus de 150,000 Juifs de l’Ex-URSS se sont installés en Allemagne depuis la fin de 1989, chiffre qui inclus les membres non-juifs de familles mixtes. Un registre détaillé des Juifs affiliés au Zentralwohlfahrtstelle der Juden in Deutschland (ZDJ) montre une augmentation de la population de 27,711 au début de 1990 à 93,326 au début de 2002. D’après les mêmes registres communautaires, si ce n’était pour l’immigration importante de l’Ex-URSS, la communauté juive serait passée de 28,000 en 1990 à moins de 18,000 en 2002, à cause du vieillissement de la population et de l’excès continu de décès sur les naissances. Nous assumons qu’il y a assez d’encouragement de la part des institutions juives pour que la plupart des nouveaux arrivants veuillent être affiliés à la communauté juive. Il faut, de plus, considérer qu’il y a toujours un certain nombre de non-affiliation, il faut aussi laisser un temps d’adaptation entre la date d’immigration et les démarches pour s’affilier. Si l’on assume que ces deux catégories représentent 10,000 personnes, on estime à 103,000 le nombre de Juifs du noyau (ce chiffre ne comprend pas les membres non-juifs de foyers mixtes) pour l’année 2002, ce qui fait de l’Allemagne la huitième communauté juive du monde, en taille.

La Belgique, l’Italie et la Hollande avaient chacune une population juive forte d’à peu près 30,000 personnes. La tendance à la réduction interne de ces communautés a pratiquement été récupérée grâce à l’immigration. En Belgique, la taille de la population juive, estimée à 31,400, était sans doute relativement stable grâce à la forte section orthodoxe de cette commnauté. En Italie, l’adhésion à la communauté juive qui était obligatoire, est devenue facultative en 1987. Bien que la plupart des Juifs ont continué à s’inscrire, le nouveau cadre plus souple a facilité l’érosion qui avait déjà commencée. Les récents registres communautaires juifs de Milan indiquaient la population juive affiliée à 6,500 contre plus de 8,000 dans les années 60 et ce, malgré une immigration significative depuis d’autres pays. Ces données, ainsi que d’autres du même type, indiquant une baisse du taux de la natalité, nous ont poussé à revoir notre estimation à la baisse pour l’Italie, à 29,400. En Hollande, une étude récente a montré une population d’origine Israélienne grandissante. Cela suffit pour compenser de façon substantielle le déclin de population entamé au sein de la communauté vétérante. Aux vues d’une nouvelle enquête sur la population juive, qui estimait la population juive élargie (incluant les Israéliens et les nouveaux immigrants Russes) à 43,000, nous avons révisé notre estimation pour le noyau juif à 28,000 en 2002.

Les autres membres de la Communauté Européenne, ont des communautés moins importantes et en général sur le déclin. Avec une exception possible peut-être pour la Suède et l’Espagne, dont les populations ont été estimées à 15,000 et 12,000 respectivement (il ne s’agit pas d’estimations basées sur des faits très précis). La population juive permanente d’Autriche a été estimée à 9,000. Alors qu’une balance des événements de la vie négative a longtemps prévalue, en relation avec une communauté vieillissante et un fort taux de mariages inter-communautaires. L’immigration récente de l’ex-URSS tend à compenser ces pertes internes. Les petites populations juives des autres pays nordiques, sont restées dans l’ensemble assez stables. En Ireland, le recensement de 1991 indiquait 1,581 Juifs. Depuis 1961, la population juive a régulièrement décliné de 500-600 chaque 10 ans, nous amenant à une estimation pour 2002 de 1,000.

Autres pays d’Europe de l’Ouest

Il y a peu de pays en Europe de l’Ouest qui n’ont pas rejoint la Communauté Européenne. En 2002, ils comptaient pour une population juive combinée de 19,700. Les estimations pour la population juive de Suisse étaient basées sur les résultats du recensement de 1990. Le chiffre officiel indiquait un total de 17,557 Juifs contre 18,330 en 1980. Un déclin de 4%. Si l’on prend en compte les Juifs qui ne se sont pas déclarés en tant que tels et l’immigration en Israël (1,000 immigrants dans les années 90), nous avons mis notre estimation à 17,700.

(Voir table 4).

L’ex-URSS (parties européennes)

Depuis 1989, la situation démographique du judaïsme d’Europe de l’Est a été transformée radicalement, à la suite de changements géopolitiques dramatiques. Des sources gouvernementales officielles procurent la base fondamentale de l’information en ce qui concerne le nombre de Juifs en République Russe. Les recensements soviétiques et les données qui en découlaient distinguaient les Juifs comme une « nationalité » (groupe ethnique). Dans une société qui, il n’y a pas si longtemps, laissait peu, si ce n’est aucune place à la religion, le critère de définition ethnique pouvait être considéré comme exhaustif et valide. Les données du dernier recensement soviétique, conduit en janvier 1989, révélaient un total de 1,450,500 Juifs, ce qui confirmait une tendance au déclin montrée dans les trois précédents recensements soviétiques : 2,267,800 en 1959, 2,150,700 en 1970 et 1,810,900 en 1979.

Nos réverves concernant les chiffres des recensements juifs de l’URSS, faites dans les précédents volumes de l’AJYB, doivent être répétées : il est probable qu’une partie de la population juive ne se découvrait pas. Cependant, cela est quantifiable et ne devrait pas être exagéré. L’existance prolongée d’un régime totalitaire a produit des effets inverses sur les déclarations au moment des recensements. D’un côté, elle a stimulé la préférence pour d’autres nationalités que la juive, dans de nombreuses parties de la République Russe, cela est souvent vrai en particulier pour ceux qui ont contracté des mariages mixtes. D’un autre côté, elle a préservé une identification juive formelle par la contrainte, à travers l’enregistrement obligatoire de la nationalité sur les documents officiels, comme par exemple le passeport intérieur. Si on les regarde d’une façon conceptuelle, les chiffres des recensements représentent le noyau de la population juive en URSS. Elle représente en fait un bon exemple d’une large population juive, mesurée de façon empirique dans la Diaspora, qui consiste en une accumulation de personnes qui s’identifient en tant que juives. Les chiffres des recensements successifs étaient d’ailleurs remarquablement consistents l’un par rapport à l’autre, mais aussi avec les modèles connus de l’émigration et de l’évolution interne de la démographie de la population juive dans les décennies récentes. Notre estimation prend en compte, pour chacune des républiques de l’ex-URSS séparément, toutes les données disponibles et les estimations connues concernant l’émigration juive, les naissances, les décès, et la mobilité géographique entre les républiques.

L’immigration juive a joué un rôle majeur dans les changements démographiques qui sont intervenus depuis 1989. La crise économique et politique, qui a culminé avec la désintégration de l’Union Soviétique en tant qu’Etat en 1991, a généré une vague d’immigration majeure entre 1990 et 1991. L’immigration a continuée a un niveau plus bas mais toujours significatif jusqu’à 2001. Entre 1990 et 2000, plus de 1,4 millions de personnes telles qu’elles sont définies par la définition élargie de la Loi du Retour ont quitté une des Républiques de l’Ex-URSS. Parmi elles, 900,000 sont parties en Israël, 300,000 vers les Etats-Unis et plus de 200,000 ont choisi d’autres pays, principalement l’Allemagne. Sur le total de ces immigrants, au moins 980,000 étaient Juifs selon la définition du noyau. Le déclin périodique dans le volume de l’immigration ne doit pas donner une fausse image. Quand on le compare au réservoir d’immigrants potentiels et à son déclin rapide, la tendance de l’immigration reste remarquablement stable.

Si l’immigration a été un facteur évident dans le déclin de la population juive, un lourd déficit de dynamique interne de population s’est dévelopé et s’est même intensifié à cause du vieillissement important de la population qui a prévalu depuis de nombreuses décennies déjà en Ex-URSS. Par exemple, en 1993-94, la balance des événements de la vie en Russie comprenait 2.8 naissances juives contre 30 morts pour 1,000 juifs. En Ukraine, la figure était respectivement de 4.2 naissance pour 25.9 pour 1,000. En Biélorussie, 5.2 et 34.6 pour 1,000, en Lettonie 3.1 et 24.5 pour 1,000, en Moldavie, 5.9 et 34.6 pour 1,000. Ces chiffres impliquent une perte annuelle de milliers de Juifs au sein de ces populations juives respectives. La fréquence des mariages mixtes avait atteint 80% parmi les Juifs de Russie dans la fin des années 80, de même qu’en Ukraine et en Lettonie en 1996. Les parents de mariages mixtes préféraient de façon générale une nationalité autre que juive pour leurs enfants. Le fait que les immigrants étaient parmi les plus jeunes, et ce de façon significative, a exacerbé le vieillissement de la population juive de leurs pays d’origine. C’est pourquoi ces populations ont rétréci de façon spectaculaire. Aux vues de ces considérations, notre estimation pour le noyau de la population juive de l’Ex-URSS, (incluant les régions asiatiques), a été réduite par rapport au chiffre du recensement du début de 1989, 1,480,000 (Tats compris) à 890,000 en 1993 et 435,000 au début de l’année 2002. Parmi eux, 410,000 vivaient des les Républiques européennes et 25,000 dans les Républiques asiatiques (voir ci-dessous). Si l’on essaie de faire une estimation pour la population élargie, incluant les membres non-juifs des foyers mixtes, on arriverait sans doute à un résultat deux fois supérieur, plus encore pour le total de ceux qui peuvent bénéficier de la Loi du Retour.

C’est la Russie qui a gardé la population juive la plus large parmi les Républiques de l’Ex-URSS. C’est actuellement la cinquième population juive au monde, en taille. Alors qu’une estimation basée sur un recensement en 1989 estimait la population juive à 570,000 (Tats compris), le microrecensement de février 1994 de la République Russe, basée sur un échantillon de 5%, a révélé une population juive d’à peu près 400,000, plus approximativement 8,000 Tats. Soit un résultat de 408,000, avec un éventail de variation de 401,000 à 415,000, pour prendre en compte les erreurs. En 2002, à la vieille d’un nouveau recensement, notre estimation pour la population juive de Russie est de 265,000. En dépit du déclin, la part Russe sur le total de la population juive de l’Ex-URSS a augmenté de façon significative, étant donné que le taux d’immigration y est plus faible. En attendant les résultats du recensement 2001, nous avons estimé les juifs d’Ukraine à 100,000 en 2002 contre 487,300 en 1989. Cela reflète l’immigration à grande échelle qui n’a pas cessée. L’Ukraine a actuellement la neuvième communauté juive du monde, en taille. En Biélorussie, le recensement de 1999 indiquait une population juive de 27,798, contre 112,000 en 1989. Pour 2002, nous avons estimé qu’il y avait 24,300 Juifs en Biélorussie. En Moldavie, une enquête conduite en 2000, à la demande de la Division du JDC-FSU et de la communauté juive locale, a confirmé la tendance d’un déclin important et d’une population très âgée. Nous avons estimé le noyau à 5,500 pour 2002, (65,800 en 1989). Basée sur des chiffres mis à jour par les registres locaux de population, un total combiné de 15,200 a été estimé pour les trois Républiques Baltes, la Léttonie, l’Estonie et la Lituanie (contre 39,900 en 1989). Le chiffre pour la Léttonie comprend une correction à la hausse de 1,800 personnes par rapport au recensement de 2000.

Les nouveaux recensements, conduits dans certaines parties de l’Ex-URSS, ont produit des chiffres à peine plus hauts que nos estimations qui étaient basées sur une comptabilité annuelle des événements de la vie et des migrations intérieures. Certaines différences peuvent être expliquées par n’importe quelle combinaison de l’un de ces cinq facteurs :

  1. La migration de plusieurs milliers de Juifs entre les différentes républiques de l’Ex-URSS depuis 1991, en particulier vers la République Russe.
  2. Une proportion plus importante de non-juifs que ce qui avait été assumé parmi le groupe élargi des immigrants juifs de l’Ex-URSS, qui a résulté en une estimation revue à la baisse pour le nombre du noyau juif qui y reste.
  3. Un certain nombre de personnes qui s’étaient déclaré d’une autre nationalité dans les précédents recensements, ont soudainement, selon les sources les plus récentes, commencé à s’auto-définir identitairement comme Juifs.
  4. La prise en compte, dans les recensements nationaux de ces Républiques et les registres de population, de certaines personnes qui ont en fait immigré en Israël ou vers d’autres pays.
  5. Quelques retours en Russie ou dans d’autres républiques de certains immigrants qui sont toujours considérés comme résidents en Israël.

Alors qu’il est difficile d’établir le poids respectif de chacun de ces facteurs, leur impact global a jusqu’à présent été relativement secondaire dans l’évaluation des changements au sein de la population juive. Les facteurs d) et e), ci-dessus, font remarquer une double comptabilité de Juifs, que ce soit dans leur pays d’origine ou d’immigration. De ce fait, notre estimation mondiale pourrait être affecté de plusieurs milliers.

Les chiffres respectifs des communautés juives élargies – qui incluent tous les Juifs actuels ainsi que toutes les autres personnes d’ascendance juive et les membres de leur foyer mixte – sont relativement plus importants dans l’Ex-URSS qu’ailleurs dans le monde. C’est dû à un taux de mariages inter-communautaires extrêmement élevé et ce, depuis plusieurs décennies. Si une estimation définitive ne peut pas être faite pour la totalité de l’Ex-URSS, par manque de données appropriées, il existe des preuves qui montrent qu’en Russie et les autres républiques Slaves, il y a un ratio très élevé de non-juifs par rapport aux Juifs dans la communauté juive élargie. En 1989, 570,000 Juifs en Russie formaient, avec 340,000 non juifs, une population juive élargie de 910,000. En 2001, les 275,000 juifs et les 245,000 membres non-juifs de familles mixtes formaient une population élargie de 520,000. Le ration de non-juif à Juif est donc passé de 1.6 en 1989 à 1.9 en 2001. Cela est dû au caractère extrêmement auto-sélectif de l’alyah, les non-juifs constituant une part relativement plus petite des nouveaux immigrants que leur part au sein de la population juive élargie de leur pays d’origine. Mais cette part augmente rapidement.

Les larges clauses de la Loi du Retour d’Israël s’appliquent virutellement au groupe le plus large possible de Juif auto-déclarés et à leurs relatifs proches non-juifs. Tous les chiffres importants qui ont récemment été attribués à la taille de la population juive de l’Ex-URSS, basés sur des raisonnements démographiques, ne faisaient pas référence au noyau de la population juive, mais dans des mesures variables (non-spécifiées), à une population juive élargie. Il y a aussi des signes qui montrent que dans l’Ex-URSS, le noyau du judaïsme constitue une part plus petite (et celle des non-juifs une part plus grande) de la population juive élargie que dans les pays Occidentaux comme par exemple les Etats-Unis. Si le nombre de personnes qui se déclaraient juives a évolué de façon consistente entre les recensements, celui des personnes d’ascendance juive qui préfèrent ne pas être identifiés comme Juifs est resté consistent lui-aussi. Cependant, les développements politiques récents, principalement l’urgence actuelle d’immigrer, pousse certainement un nombre plus grand de personnes qui ne se déclaraient pas Juives dans les précédents recensements, à le faire maintenant. Ces « retournés » impliquent une réelle augmentation nette du noyau de la population juive de l’Ex-URSS, d’Israël et du judaïsme mondial.

Les autres pays d’Europe de l’Est et les Balkans

Une enquête en Hongrie a fourni des preuves sur la taille et les caractéristiques de la communauté la plus large d’Europe de l’Est en dehors de l’Ex-URSS.

Alors que la totalité des adhésions aux organisations juives locales s’élève à 20-25,000, les nouvelles données ont révélées qu’il existait un large fossé entre les chiffres du noyau et ceux la population juive élargie. La définition plus large qui inclus toute personne d’ascendance juive, comprend 150-200,000 personnes. D’un autre côté, une reconstitution détaillée de l’immigration internationale et les statistiques de vie, basées sur l’estimation de la fin 1945 du World Jewish Congress, donne à peu près 144,000 survivants de la Shoah. Et le chiffre du recensement Hongrois de 1948, qui avait produit un chiffre de 134,000 Juifs produiraient un total de 50-55,000 pour 2000. le nombre d’applications pour des compensations (à peu près 20,000 personnes nées avant le 9 mai 1945, définies à partir de critères élargis) semble consistant avec ces calculs.

Notre nombre minimum admis pour notre estimation de 2002, d’une population juive de 51,300, reflète clairement l’excès de décès par rapport aux naissances qui prévaut en Hongrie en général, et au sein de la population juive en particulier.

Le recensement de janvier 1992 en Roumanie, a reporté une population juive de 9,107. Basée sur les registres détaillés de la communauté juive qui sont disponibles, avec la Federatia Comunitatilor Evreiesi, notre estimation pour 2002 était de 10,800.

Le recensement Tchèque de 1991, reportait 1,292 Juifs. Mais selon la fédération des communautés juives, il y avait au moins le double. Cela se reflète dans notre estimation de 2,800.

Le nombre de Juifs en Pologne et Slovaquie a été estimé de façon très imprécise à, respectivement, 3,500 et 3,300. En Bulgarie, le recensement du 4 décembre 1992 reportait 3,461 Juifs. Notre estimation pour 2002, reflétant l’immigration, était de 2,300.

Les crises de l’Ex-Yougoslavie ont augmenté le déclin de la populaiton juive. Le noyau du judaïsme pour le total de cinq des Républiques qui ont succédé à la Yougoslavie, a été estimé à à peu près 3,500 au début de 2002. Parmi eux, moins de 2,000 vivaient en Serbie et Montenégro et 1,300 en Croatie.

La population juive de Turquie, où un surplus significatif de décès par rapport aux naissances a été reporté depuis plusieurs années, a été ré-estimée à à peu près 17,000.

Asie

Israël

Au début de 2002, la population juive était d’à peu près 5,025,000 – la seconde population la plus large au monde, et une augmentation de 565,000 par rapport au nombre proposé par le recensement de novembre 1995. Le passage au dessus de la ligne des 5 millions en 2001, a été un passage significatif de l’histoire de la population juive mondiale. Si l’on ajoute plus de 250,000 membres non-juifs de familles d’immigrants, la plupart de l’Ex-URSS, mais aussi d’Ethiopie et d’autres pays, une population élargie de 5,278,700 a été obtenue sur une population totale en Israël de 6,508,400 (sans la populaiton Palestinienne de Territoires).

Israël représente 99% des plus de 5 millions de Juifs en Asie, incluant les Républiques Russes de l’Ex-URSS, mais excluant les territoires asiatiques de la République de Russie et la Turquie.

(Voir Table 5).

Au début de 2002, les Juifs Israéliens constituaient 37.8% de la populaiton juive mondiale. La population juive d’Israël a augmenté en 2001 par 72,800 ou 1.5%. La vitesse d’augmentation a été ralentie après avoir atteint des taux de 6.2% en 1990, 5% en 1991 et 2 à 2.5% entre 1992 et 1996. Le nombre de nouveaux immigrants en 2001 (48,443) a décliné de 28% par rapport à 2000 (60,130), chiffre qui représentait déjà un déclin de 22% par raport à 1999 (76,766). A peu près 25% de l’augmentation de la population juive en 2001 a dérivé de la balance nette de l’immigration, contre 32% en 2000 : la plupart des populations augmentent grâce à l’accroissement naturel. De plus, 4,000 personnes se sont converties au judaïsme chez les Orthodoxes en 1999 et 3,500 l’on fait en 2001. La plupart immigrants d’Ethiopie et de l’Ex-URSS et leurs enfants, qui étaient auparavant listés en tant que non-juifs.

Plus de la moitié des nouveaux candidats à la conversion au judaïsme sont allés à l’Institut pour les Etudes juive, établi conjointement fondé en Israël par les mouvements Orthodoxes, Conservateurs et Reformés.

(Voir table 5)

Au début de 2001, la population juive élargie d’Israël – incluant les membres non-juifs de foyers mixtes – arrivait à 5,180,600. Parmi eux, 4,794,600 vivaient sur des terres inclues dans Israël avant la guerre de 1967, 172,000 vivaient dans les quartiers de Jérusalem qui ont été annexés depuis 1967 et 15,800 vivaient sur le plateau du Golan.

Ex-URSS (les parties asiatiques).

La population juive totale dans les Républiques asiatiques de l’Ex-URSS a été estimée à 25,000 au début de 2002. Les conflits ethniques dans la région du Caucase et la peur du fondamentalisme musulman en Asie centrale ont continué à faire peur et à stimuler l’immigration juive. Au début des années 90, un taux minimal d’accroissement naturel existait encore parmi les sections les plus traditionnelles de la communauté juive, mais cet état de fait s’est rapidement arrêté, provoquant l’érosion de ce léger surplus. Reflétant ces tendances, la communauté la plus large reste en Azerbaïdjan (8,900 selon le recensement 1999 et 7,900 en 2002 contre 30,800 en 1989). Suivi par l’Ouzbekistan, (6,000 en 2002 contre 94,900 en 1989), Géorgie (5,000 contre 24,800), Kazakhstan (6,800 selon le recensement de 1999 et 4,500 en 2002 contre 19,900 en 1989), et les autres républiques (1,600 global, dont 900 au Kirghistan contre 24,000 en 1989).

Les autres pays

Il est difficile d’estimer la populaiton juive en Iran, qui a été comptée pour la dernière fois lors du recensement de 1986. Basée sur des preuves de déclin continu, l’estimation de 2002 a été réduit à 11,200. Dans les autres pays d’Asie qui ont d’anciennes communautés, la population juive tend à disparaître. La récente réduction a été plus notable en Syrie et au Yémen, après que les Juifs ont été officiellement autorisés à émigrer.
En Inde, le recensement de 1991 nous a fourni un chiffre de 5,271 Juifs, dont 63% dans l’Etat de Maharahastra, incluant la principale communauté de Mumbay. 1,067 personnes supplémentaires appartenant à des groupes religieux tels que le judaïsme messianique et Enoka Israel, tous de Mizoram, ont aussi été comptées.
Une enquête conduite en 1995-96 par ORT India a couvert 3,330 individus. Tous étaient assez bien éduquées et représentaient le modèle culturel de mariage reculé, fertilité déclinante et vieillissement.
Notre estimation pour 2002 était de 5,300.

De très petites communautés juives, de caractère partiellement transitaire, existent dans plusieurs pays d’Asie du Sud Est. Après la réunion en 1997 de Hong-Kong avec la terre principale, la population juive permanente de Chine a été grossièrement estimée à 1,000, la même que celle du Japon.

Afrique

On a estimé le nombre de Juifs qui sont restés en Afrique à 87,000 au début de 2002. Dont à peu près 90% dans la République d’Afrique du Sud.

(voir table 6).

Le recensement national de 1980 a compté à peu près 118,000 Juifs parmi la population blanche d’Afrique du Sud. Une immigration juive significative depuis, a été partiellement compensée par l’arrivée de Juifs et le retour d’anciens immigrants. Mais une balance légèrement négative de changements internes a produit une érosion supplémentaire. Le recensement de 1991 n’a pas apporté un nouveau chiffre national fiable sur la taille de la populaiton juive, étant donné que seulement 65,406 blancs ont répondu être juifs à une question facultative. Le résultat d’une enquête sponsorisée par un organisme juif pour la population juive dans les 5 principaux centres urbains du pays, terminée – comme le recensement – en 1991, a confirmé un déclin démographique continu. Basé sur cette évidence, l’éventail le plus probable de la taille de la population juive a été estimé entre 92,000 à 106,000 pour 1991 avec une valeur centrale de 100,000. Selon le recensement de 1996, il y avait 55,734 Juifs blancs, 10,449 Juifs noirs, 1,058 « Colorés » (mixtes) et 359 Juifs indiens. Une immigration continu des Juifs d’Afrique du Sud vers Israël et d’autre pays occidentaux (principalement l’Australie), stimulée par une insécurité personnelle et d’autres peurs par rapport au futur, a été reflétée dans une nouvelle enquête faite en 1998. Une nouvelle estimation a été suggérée de 80,000 pour 2000, réduite à 78,000 en 2002. Faisant de l’Afrique du Sud la douzième population mondiale au monde, par taille.

Ces dernières années, la communauté juive d’Ethiopie a été au centre d’un effort international de sauvetage. En 1991, la grande majorité des Juifs d’Ethiopie, à peu près 20,000 personnes ont été amenée en Israël, la plupart d’entre eux en une journée dramatique d’opération aéroportée. Certains de ces immigrants étaient des membres non-juifs de foyers mixtes. On pensait que très peu de Juifs étaient restés en Ethiopie. Mais au cours des années suivantes, le restant du petit noyau juif s’est révélé être plus large que ce qu’on avait alors pensé. Entre 1992 et 2001, près de 20,000 immigrants d’Ethiopie sont arrivés en Israël, la plupart membres de famille non juifs, cherchant la réunification avec leur familles juives. Bien qu’il soit possible que plus de Juifs puisse apparaître et demander à émigrer en Israël, et qu’un nombre plus important de relatifs Chrétiens de Juifs qui se trouvent déjà en Israël, pourraient demander à immigrer avant qu’Israël ne change son programme de réunification familiale actuel. Un nombre volontairement bas de 1,000 juifs a été tentativement suggéré pour 2002.
Il reste encore de très petites populations juives dans différents pays de l’Afrique Sub-Saharienne.

Les restes du judaïsme marocain et tunisien avaient tendance à se réduire lentement à travers l’immigration. Principalement vers Israël, la France et le Canada. L’estimation de 2002 était de 5,600 pour le Maroc et 1,500 pour la Tunisie. Etant donné que certains Juifs avaient un pied à la fois au Maroc ou en Tunisie, et en France ou dans un autre pays occidental, leur attribution géographique était incertaine.

(Voir table 6)

Océanie

Le principal pays de résidence juive en Océanie (Asie Australe) est en Australie où 95% du total estimé à 104,000 Juifs vivent.

(Voir table 7). Un total de 79,805 personnes vivant en Australie, décrivent leur religion comme étant juive dans le recensement national de 1996. Cela représente une augmentation de 5,419 (7.3%) par rapport au chiffre de 1991 de 74,186 juifs déclarés.

En Australie, la question sur la religion est optionnelle. En 1996, plus de 25% (et en 1991 plus de 23%) du total de la population n’avait pas spécifié de religion, ou avait explicitement écrit qu’ils n’en avaient pas. Il faut assumer que ce large groupe contient des personnes qui s’identifient d’une autre façon en tant que Juifs, bien qu’on ne sache pas si les Juifs en Australie ont tendance à déclarer leur religion plus souvenet ou moins souvent que les membres d’autres groupes nationaux ou ethniques. Dans une enquête de 1991 faire à Melbourne, où à peu près la moitié des Juifs d’Australie vivent, seulement moins de 7% des personnes interrogées juives avaient répondu qu’elles ne s’étaient pas identifiées comme juives au cours du recensement. L’enquête de Melbourne peignait en fait une communauté très stable, combinant une acculturation grandissante avec un niveau modéré de mariages inter-communautaires ;

Le judaïsme australien a reçu un renforcement migratoire, au cours de la dernière décennie, en particulier d’Afrique du Sud, de l’Ex-URSS et d’Israël. Au même moment, certains modèles démographiques avaient un effet négatif sur la taille de la population juive, tels que la baisse du taux de fertilité et un fort vieillissement. En tenant compte de ces différents facteurs, notre estimation pour 2002 était de 99,000. La dixième communauté mondiale en taille. Significativement plus que les résultats du recensement officiel mais moins que ce qu’on obtiendrait en ajoutant la proportion complète de ceux qui n’ont répondu aucune religion dans le recensement.

Le recensement de 2001 nous apportera une ligne de base améliorée.

En Nouvelle-Zélande, selon le recensement de 1996, 4,821 personnes indiquaient une affiliation religieuse juive. Un total de 1,545 indiquaient une éthnicité Israélo/judéo/hébraique, dont 633 étaient aussi Juifs par religion, 609 avaient une autre religion et 303 ne reportaient aucune religion. En ajoutant ces derniers à ceux qui ont reporté une religion juive, on trouve une estimation du noyau de population juive à 5,124.

(Voir table 7).

Dispersion et concentration

Les modèles de pays

Alors que les Juifs sont largement dispersés à travers le monde, ils sont aussi concentrés d’une certaine façon. (Voir table 8.) En 2002, plus de 97% du judaïsme mondial vivaient dans les 15 pays ayant la population juive la plus importante. Et plus de 80% vivaient dans les deux communautés les plus larges, les Etats-Unis et Israël. De la même façon, les dix pays leader de la Diaspora, comprenaient ensemble plus de 92 % de la population juive de la Diaspora. Trois pays (Etas-Unis, France et Canada), représentaient pratiquement 80% et les Etats-Unis à eux seuls pour preque 69% du total du judaïsme de la Diaspora. (Voir table 8).
La table 9 démontre la magnitude de la disperion juive. Les 94 pays qui y sont listés, pour avoir chacun au moins 1,000 Juifs, sont dispersés sur les six continents. En 2002, neuf pays avaient une population juive de 100,000 ou plus. Quatre autres pays en avaient 50,000 ou plus. 14 pays avaient de 10 à 50,000 Juifs. 11 pays avaient 5 à 10,000 Juifs et 56 pays moins de 5,000 Juifs chacuns.

En termes relatifs aussi, les Juifs sont peu dispersés pratiquement partout dans la Diaspora. Il n’y a pas un seul pays de la Diaspora où les Juifs représentent plus de 25 pour 1,000 (2.5%) du total de la population. Dans la plupart des pays, ils constituent une fraction bien plus petite. Seulement trois pays de la Diaspora ont plus de 10 pour 1,000 (1%) Juifs dans leur population totale. Cinq autres pays ont plus de 5 Juifs pour 1,000 (0.5%) de la population. Ces huit pays sont, en ordre décroissant de la proportion, mais sans tenir compte du nombre absolu de juifs : Gibraltar, 24 pour 1,000, Etats-Unis, 20.1 pour 1,000, Canada, (11.8), France, (8.8), Uruguay, (6.7), Argentine, (5.3), Australie, (5.2), et Hongrie, (5.1).</