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Alya (au pluriel alyoth) signifie
"ascension" or "montée". Ce terme désigne l'immigration
des Juifs venus, individuellement ou en groupes, de la
Diaspora pour vivre en Eretz Israël, sur la Terre
d'Israël. Celui qui "monte" dans ce but est appelé oleh (au pluriel olim), mot que l'on trouve dans la Bible à propos de la sortie d'Egypte des Hébreux
(Gen 50:14 Nb 32:11), puis, plus tard, à propos du retour
des captifs de Babylone (Esd 2:1-59 et Ne 5-6). La
proclamation de Cyrus, roi de Perse, en 538 a.C.n. :
"S'il est parmi vous quelqu'un qui appartienne à son
peuple, - que son Dieu soit avec lui, pour qu'il
monte à Jérusalem" (Esd 1:3, IICh 36:23) - a été
utilisée comme mot de passe pour alya .
C'est l'alya qui a permis de recréer un Etat juif
en Eretz Israël après l'exil de Babylone, et qui a fourni
à la communauté certains des ses maîtres spirituels les
plus éminents pendant la période du Second Temple. Par la
suite, elle a préservé et renouvellé la présence juive en
Eretz Israël pendant les périodes byzantine, arabe,
mameluke, and ottomane. C'est elle, enfin, qui a permis la
création de l'Etat d'Israël à notre époque.
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L'alya jusqu'à la conquête arabe
A l'époque du Second Temple, nombreux sont les Juifs qui immigrent en
Eretz Israël. L'alya, principalement celle des
lettrés de Babylone, se poursuit même après la
destruction du Second Temple (70 p.C.n.), jusqu'en 520
p.C.n., lorsque Mar Zutra, descendant de l'exilarque de
Babylone, s'installe à Tibériade, où il est nommé chef de
l'Académie talmudique.
De la conquête arabe à la conquête ottomane
On trouve peu d'informations sur l'alya des siècles
qui suivent la conquête arabe (636 - 638). Au 11ème
siècle, on assiste à l'arrivée de personnalités
importantes : Salomon ben Judah, venu du Maroc, qui
dirigera les académies talmudiques de Jérusalem et de
Ramleh; et le nassi Daniel beb. Azariah, un
descendant des exilarques de Babylone. A la fin du 12ème
siècle, un plus grand nombre de Juifs d'Afrique du Nord
immigre, fuyant les persécutions dans leur pays d'origine.
Les pogromes subis par les Juifs d'Europe contribuent
aussi à l'alya. L'arrivée la plus importante est
celle des "300 rabbins français et anglais", qui montent
en Eretz Israël en 1210-1211. Vers 1260, un plus grand
nombre d'immigrants vient de ces pays. Le nouveau venu le
plus célèbre de ce siècle est Nahmanide, en 1267; on dit
que depuis son arrivée la présence juive a été
ininterrompue à Jérusalem.
A la fin du 13ème siècle, l'alya connaît une
interruption, provoquée par les combats acharnés qui opposent
les Croisés aux Musulmans. Au 14ème siècle, les Juifs
viennent d'Espagne et d'Allemagne, puis d'Italie au15ème
siècle, où sont aussi mentionnées des arrivées en
provenance d'Iraq, de Perse, des Indes, de Chine, du Yemen
et d'Afrique du Nord.
De la conquête ottomane (turque) aux Hovevei Tsion
La conquête ottomane, en 1516, est suivie par
l'alya de nombreux juifs venus d'Orient, de
Sicile, d'Italie, de France et d'Allemagne, ainsi que des
réfugiés des expulsions d'Espagne et du Portugal.
Certains s'installent à Jérusalem, mais la plupart vont
vivre à Safed. Les immigrants d'Afrique du Nord jouent un
rôle notoire dans cette vague d'alya.
Le rayonnement de la Kabbale à Safed attire de nouveaux
immigrants, tout au long du 16ème siècle. En 1700, un
groupe de 1,500 juifs d'Europe orientale, conduit par
Rabbi Judah He'hassid, s'installe à Jérusalem. Au milieu
du 17ème siècle, il y a une importante immigration de
Juifs originaires de Turquie.
La fin du 18ème siècle marque le début de l'immigration
des hassidim, qui font de l'alya un des
principes de leur enseignement. La première arrivée de
hassidim organisés, conduits par les disciples du
Ba'al Shem Tov, a lieu en 1764, et elle sera suivie par
d'autres vagues au cours des générations
suivantes. En 1808, les Perushim, disciples du Gaon
de Vilna, viennent eux aussi fonder une communauté à
Jérusalem.
En 1830 débute l'alya en provenance d'Allemagne, et
l'on note aussi une immigration assez importante venue de
Hollande et de Hongrie. Au cours du 19ème siècle, on
assiste à l'arrivée de Juifs venus des pays
orientaux : Turquie, Afrique du Nord, Iraq,
Perse, Bukhara, Kurdistan, Afghanistan, Caucase
et Yemen.
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L'alya
sioniste précédant la création de l'Etat (1881-1948)
La Première alya (1882 - 1903)
Le début du retour des Juifs en Eretz Israël à partir de
1881, qui pose les fondements de l'Etat d'Israël, est dû à
trois facteurs différents :
- l'amour ancestral des Juifs pour leur patrie historique,
- la vague des pogromes en Russie,
- les efforts d'une minorité active, convaincue que le
Retour à Sion est la seule solution au problème juif.
La Première alya consiste en individus et en petits
groupes, inspirés par les mouvements Hibath Tsion et Bilou, qui créent les premières localités agricoles, les moshavoth (voir moshava).
Quelques 25,000 immigrants, principalement en provenance d'Europe
de l'Est, viennent à cette période, en deux vagues
principales : 1882 - 1884 et 1890 - 91.
Jusqu'en 1903, période dite de la "Première alya",
28 implantations agricoles ont été fondées, et 90,000
acres de terre ont été achetés. C'est aussi le début de
l'implantation urbaine, particulièrement à Jaffa, ou
3,000 nouveaux arrivants ont établi leur foyer. L'hébreu
est à nouveau une langue vivante (voir Ben Yehuda,
Eliezer), et les premières écoles primaires parlant hébreu
commencent à fonctionner. Toutefois, la culture française,
propagée par l'Alliance Israélite Universelle et
l'administration du baron de Rothschild (voir Edmond de
Rothschild) est très largement répandue.
A la fin de cette période, l'esprit pionnier commence à
s'émousser devant l'ampleur des difficultés, et le pays
connaît un temps de stagnation. Un point tournant se
dessine en 1904, avec le début de la Seconde alya.
La Seconde alya (1904 - 1914)
Le découragement provoqué par l'échec des premières
implantations, les controverses au sein du Mouvement Sioniste sur la question
de l'Ouganda, et la mort de Herzl en 1904, font bientôt place à une renaissance de l'enthousiasme pionnier qui mène à la Seconde alya. Cette nouvelle vague commence avec le pogrome de Kishinev en 1903.
La Seconde alya est composée de jeunes hommes et
femmes, principalement originaires de Russie, et acquis
aux idées socialistes. Ils sont guidés par une idéologie
nationale plus consciente et plus consistante, et, de
plus, ils sont portés par la volonté de poser les
fondements d'une Union des Travailleurs en Eretz Israël.
Les jeunes pionniers de la Seconde alya travaillent
en général comme ouvriers salariés dans les localités
agricoles ou dans les villes. Ils créent les deux premiers
partis travaillistes juifs : le Po'alei Tsion,
fondé sur la philosophie politique de Ber Borochov, et le
Ha'Poel Hatsaïr, qui est influencé par la pensée de
A.D. Gordon. C'est aussi leur initiative qui mène à la
création de la première kevoutsa (voir kiboutz). En
1909, ils prennent part à la fondation de la première
ville entièrement juive, Tel Aviv. Ces pionniers
participent aussi activement aux débuts de l'organisation
juive d'auto-défense, et créent l'association de gardes
Hashomer. Ils introduisent la langue hébraïque dans
tous les domaines de la vie, et contribuent à la fondation
d'une presse et d'une littérature en hébreu.
Cette vague d'alya, qui comporte environ 40,000
immigrants, est interrompue par l'éclatement de la
première guerre mondiale.
La Troisième alya (1919 - 1923)
La Troisième alya, à partir de 1919, est
partiellement une continuation de la seconde, interrompue
par la guerre. L'impulsion renouvellée --produite à la
fois par la révolution russe, les pogromes en Ukraine et
l'influence des mouvements nationalistes européens--
coïncide avec un nouvel espoir provoqué par la Déclaration
Balfour et la conquête britannique de la Palestine. La
possibilité d'émigrer aux U.S.A. est encore réelle, aussi la
plupart de ceux qui choisissent de partir pour Israël le
font donc en vertu de convictions sionistes authentiques.
La Troisième alya comporte 35,000 immigrants : 53%
sont originaires de Russie, 36% de Pologne, et le reste, de Lituanie, de
Roumanie, et d'autres pays d'Europe orientale, ainsi que
800 personnes venues d'Europe occidentale et centrale. La
plupart des nouveaux venus sont membres des mouvements
Hehaloutz de Russie et de Pologne, et Hahomer
Hatsaïr de Galicie.
Ces pionniers constituent une force créative, qui
transforme la communauté juive de Palestine. Avec leurs
prédécesseurs de la Seconde alya, ils fondent la
Histadrouth, le syndicat des travailleurs, et
occupent une place de premier plan dans la Hagana,
l'organisation de défense. Ils fournissent des
travailleurs pour la construction d'habitations et de
routes, et pour les premiers établissements industriels;
ils renforcent l'agriculture juive naissante. La Troisième
alya agrandit aussi la carte de l'implantation
juive, en fondant de nombreux kiboutzim (voir kiboutz) et
moshavim (voir moshav).
La Quatrième alya (1924 - 1928)
Au milieu de 1924, survient une nouvelle vague d'immigration,
différente de la précédente par sa structure
sociale : elle comporte moins de pionniers
(principalement à cause des restrictions pour le départ
imposées par le régime sioviétique en Russie), et plus de
Juifs des classes moyennes --boutiquiers et artisans--
venus principalement de Pologne.
Cette immigration a pour cause deux phénomènes :
- la récession en Pologne, et les restrictions économiques imposées aux Juifs polonais;
- les limitations sévères de l'immigration aux U.S.A., introduites en 1924.
La plupart des nouveaux arrivants n'ont aucun désir de
changer leur mode de vie, et s'installent dans les villes,
surtout à Tel Aviv. Ils investissent leur modeste
capital dans des ateliers et des usines, de petits
hôtels, des restaurants et des boutiques, mais surtout dans le
bâtiment. C'est aussi une période développement agricole
important sur la plaine côtière, où sont fondées de
nouvelles localités dont les membres se consacrent à la
culture des agrumes.
La Quatrième alya comporte 67,000 immigrants, la
moitié d'entre eux venus de Pologne. Cependant, en 1926,
cette vague est freinée par une grave crise économique en
Palestine. Plus de la moitié des 13,000 immigrants
arrivés en 1926 quitte le pays. En 1927, plus de 5,000
personnes quittent le pays, alors que 2,300
seulement viennent s'y installer. En 1928, le nombre des
arrivées est le même que celui des départs : environ
2,000 personnes. Les premiers signes de reprise économique
se font sentir en 1929, avec la reprise de l'alya.
La Cinquième alya (1929 - 1939)
La Cinquième alya apporte plus de 250,000 juifs et
transforme la communauté juive. Elle commence au
compte-goutte en 1929, mais en1933, lorsque Hitler prend
le pouvoir en Allemagne, ce filet devient un flot. Pendant
la période 1933-36, plus de 164,000 juifs entrent
légalement en Palestine, tandis que des milliers de
réfugiés viennent comme immigrants "illégaux" (voir
immigration illégale).
Les Juifs allemands et autrichiens --plus d'un quart des
immigrants-- apportent une contribution importante aux
progrès du pays. Ils constituent la première vague
importante venue d'Europe occidentale et centrale. La
majorité d'entre eux (80%) s'installe dans les villes, et
leurs talents comme leur expérience produisent un
accroissement des normes commerciales et industrielles,
ainsi qu'une amélioration de l'urbanisme. Plus de la
moitié des nouveaux arrivants établissent leurs foyers à
Tel Aviv. A Haïfa, la construction du premier port
moderne du pays est achevée en 1933, tandis qu'à
Jérusalem, les quartiers juifs connaissent une expansion
sans précédent.
Une proportion relativement élevée des immigrants venus
d'Allemagne et d'Autriche pratique la médecine ou une
profession universitaire; ils fournissent le plus grand
nombre des musiciens qui forment le nouvel Orchestre
Philharmonique. 20% de ces immigrants contribue à la
création de nouvelles localités agricoles, moshavim et
kiboutzim. En 1933, débute un nouveau type d' immigration,
appellé Alya des Jeunes.
A la veille de la seconde guerre mondiale, la population
juive de Palestine comprend 475,000 habitants, ce qui
représente 40% environ de la population du pays.
L'immigration "illégale" - (ha'apalah ou alya beth) (1934-1948)
Ha'palah signifie l'immigration clandestine des
Juifs en Eretz Israël. Ce type d'immigration débute sous le pouvoir ottoman
(turc). A partir de 1882 , les Turcs interdisent aux
Juifs d'Europe de l'Est de s'installer en Palestine, sauf
rares exceptions. Sous le Mandat britannique (1918-1948),
les quotas d'immigration fixés par l'Administration
britannique (1916-18), puis par l'Administration
mandataire de Palestine, sont loins de constituer une
réponse au nombre croissant des pionniers, qui cherchent à
s'implanter dans le pays, et des Juifs qui fuient
l'antisémitisme et les persécutions.
La montée d' Hitler au pouvoir accroît l'urgence de
l'alya. En 1934, on effectue la première
tentative d'organiser l'immigration clandestine par voie
maritime. Le mouvement Hehaloutz frète le bateau grec
Vellos", et, avec l'aide des membres de la Hagana, fait
débarquer environ 350 immigrants "illégaux", les
ma'apilim. Dans les années 1937-1939, le Mouvement
Révisionniste et les groupes du Betar font partir
plusieurs navires, transportant des milliers d'immigrants.
En 1938, la Hagana crée le Mossad, "l'Organisation pour
l'Immigration illégale"; il est dirigé par Shaül Avigur.
Pendant la seconde guerre mondiale, l'immigration légale
est extrêmement réduite. D'autre part, la Marine
britannique surveille constamment les bateaux de réfugiés
qui tentent de gagner les côtes de Palestine; certaines
embarcations sont bombardées quand elles s'aprochent de la
terre; d'autres sont renvoyées au large; trois d'entre
elles coulent. Il n'y a que 21 bateaux qui terminent le
voyage, transportant environ 15,000 réfugiés.
Pendant les années de guerre, le Mossad organise aussi
l'immigration clandestine par voie de terre,
principalement à travers le Moyen Orient. Après la guerre,
il lance de grandes opérations, par lesquelles les
immigrants, pour la plupart des survivants de la Shoa,
sont conduits secrètements jusqu'aux rivages d' Italie, de
France, de Roumanie, de Yougoslavie et de Grèce. Entre
1945 et 1948, on compte 65 navires chargés d'immigrants
"illégaux", qui s'embarquent pour la Palestine. Presque
tous sont interceptés par les Anglais, qui transfèrent
leurs passagers au camp de détention d'Atlit. A partir
d'août 1946, ils commencent à déporter les immigrants
vers les camps de Chypre. Le combat pour le droit à
l'immigration libre atteint son sommet en juillet 1947, avec
le voyage de l'Exodus.
Entre 1934 et 1948, quelque 115,000 ma'apilim sont
amenés en Palestine, au mépris des restrictions
britanniques, tandis que 51,000 autres sont internés dans
les camps de Chypre, et ne seront admis dans le pays
qu'après l'indépendance d'Israël.
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Note: Picture taken from "Junior Judaica, Encyclopedia Judaica for Youth" CD ROM by C.D.I. Systems 1992 (LTD) and Keter, Jerusalem, Israel
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Edition française : Barbara Weill
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