NOUVELLES ÉCONOMIQUES
La flambée du dollar continue: lundi dernier, il atteignait un taux de change record de 4,744 shekels. Depuis la décision, il y a sept semaines, du gouverneur de la Banque d'Israël, de réduire les taux d'intérêt indicatifs de 2%, le shekel a subi une dévaluation de 12% par rapport au dollar. Pour contrer cette tendance, le gouverneur à annoncé mercredi dernier qu'il n'hésiterait pas à augmenter les taux d'intérêt en cas de besoin, afin d'apaiser le marché des changes et contenir le taux d'inflation fixé comme objectif dans le budget. La Banque d'Israël redoute en effet qu'une dévaluation trop importante entraîne une spirale inflationniste. Aussitôt après la déclaration du gouverneur, le taux de change du dollar est revenu à 4,72 shekels – soit une baisse de 0,5% par rapport à la veille. Depuis le taux de change du dollar baisse de jour en jour, atteignant 4,63 shekel ce vendredi.
Les portefeuilles d'Israéliens dans des banques étrangères devraient atteindre 2 milliards de dollars fin mars 2002 – soit 800% de plus que le dernier trimestre de l'an dernier. Au cours des trois premiers trimestres de l'année 2001, les Israéliens ont investi l'équivalent de 300 millions de dollars de valeurs mobilières à l'étranger, un tiers des investissements prévus pour le premier trimestre de l'an 2002. Pour ce qui est des investissements dans d'autres secteurs, les Israéliens ont investi 1,1 milliard de dollars à l'étranger au cours des trois premiers trimestres de l'année 2001. Depuis les événements du 11 septembre dernier, on constate une recrudescence des investissements israéliens, ainsi qu'une hausse du volume des transactions de valeurs boursières israéliennes cotées à l'étranger.
Demande record pour les bons du trésor israéliens: au lieu des 300 millions d'euros prévus, le ministre des Finances, Silvain Shalom a donc décidé d'augmenter son offre à 400 millions. Cette opération a été menée par Merrill Lynch et par UBS Warburg. Ces bons sur 7 ans rapportent 5,98%, ce qui représente une base de 122 (1,2%) par rapport aux bons allemands pour la même période. Les acheteurs sont essentiellement des instituts bancaires, des fonds de retraite et des organismes importants d'investissement. Pour le ministre des Finances, ce succès est une nouvelle preuve de la confiance des Européens en la solidité de l'économie israélienne.
Un groupe d'entrepreneurs américains propose de créer un parc touristique à Eilat. Cet investissement de 300 millions de dollars porte sur un terrain de trois kilomètres carrés appartenant à la Direction des domaines. Cette dernière a déjà donné son aval à ce projet. Les entrepreneurs du groupe Sea Kingdom soumettent à l'heure actuelle leurs propositions en vue de l'homologation de ce projet. Lequel prévoit notamment un parc d'attractions, des équipements sportifs et de loisir, un établissement thermal, des aquariums géants, une piste de ski sur neige artificielle.
La société israélienne Shachal, fournisseur de services médicaux pour le traitement des cardiaques, a soumis une offre d'achat de la société américaine Raytel pour la somme de 30 millions de dollars. Cotée à la bourse suisse, Shachal souhaite faire l'acquisition de Raytel pour pénétrer le marché américain. Raytel, qui dessert 162 000 abonnés, a annoncé des pertes de 33 millions de dollars en 2001, un chiffre d'affaires de 71 millions en l'an 2000 et des bénéfices de 5 millions de dollars sur un chiffre d'affaires de 98 millions de dollars en 1999. Shachal pour sa part a fait, entre janvier et septembre 2001, des bénéfices de 12,3 millions de dollars et sa valeur marchande est estimée à 130 millions de dollars.
Une start-up israélienne a réalisé un record la semaine dernière: Mellanox, société israélienne qui fabrique des puces électroniques a obtenu 50 millions de dollars pour sa troisième mise sur le marché, sur une valeur boursière de 251 millions de dollars. L'opération a été organisée par VCF Bessemer Venture Partners qui a pris une participation de 10 millions dans la société, suivie entre autres par la Bank of America Securities, la China Development Bank, Dell computers, Sun microsystems, Jerusalem Global Ventures, les fabricants de composants électroniques JMI et Quanta computers, Intel Capital, Rasa ventures, Sequoia Capital, USVP, Vitesse Semiconductors, VCF Walden.
La société immobilière israélienne Mivneh Taassiya entend investir 50 millions de dollars dans des projets d'immobilier de location à l'étranger. Elle a organisé la semaine dernière une présentation préliminaire pour investisseurs institutionnels. Le but de Mivneh Taassiya est de collecter 580 millions de shekels indexés sur l'euro, les investissements étant principalement réalisés en Europe occidentale. Cette société est contrôlée par Eliezer Fishman.
La société israélienne de pesticides Agan Machteshim a fait l'acquisition de la ligne de produits Oxol de la société Occidental. L'oxol est un solvant utilisé comme composant dans les peintures pour carrosseries et dans celui des industries électroniques et des adhésifs. Agan Machteshim obtient les stocks américains du produit, la propriété intellectuelle, les brevets et les marques déposées. Montant de la transaction, réalisée par sa filiale Millenia: un million de dollars.
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TITUS ANDRONICUS, TRAGI-COMÉDIE DE SHAKESPEARE EN ISRAËL
Horreur, mort, bain de sang et cannibalisme au programme: suite à la projection à succès du film Titus Andronicus avec Anthony Hopkins, la troupe du théâtre CAOS de Londres va se produire en Israël dans cette pièce de Shakespeare. Première des pièces du grand dramaturge anglais (1594), la pièce est une tragi-comédie particulièrement violente, effrayante et émouvante à la fois, traite de revanche et de massacres, fait la critique impitoyable d'une société qui se hait. Les répétitions, perturbées par les attentats du 11 septembre, font la preuve que l'horreur est vécue au quotidien de nos jours comme autrefois.
CAOS est une troupe universellement reconnue. Ses productions précédentes à l'étranger comme en Israël ont remporté un immense succés. Son Titus Andronicus est dynamique, féroce, barbare et ponctué des coups d'œil sardoniques de l'auteur.
Un pâté de chair humaine!
Titus Andronicus revient de Rome après avoir remporté une victoire sur les Goths. Il a emmené avec lui la reine Tamura, dont le fils aîné a été sacrifié. Storninos, fils du défunt César, est censé épouser la fille de Titus, mais cette dernière est amoureuse de son frère, lequel est l'époux de Tamura. Celle-ci conspire avec ses fils pour se venger de Titus. D'où un bain de sang, de viols, de meurtres et de tortures qui va culminer avec un gigantesque pâté à la viande confectionné pour Tamura avec la chair de ses fils.
Le metteur en scène, Xavier Leret rapproche cette pièce des réalités actuelles: «Au moment des attentats du 11 septembre, nous étions en train de répéter la scène où Titus revoit sa fille pour la première fois après qu'elle ait été violée et sa langue coupée. La pièce a acquis soudain une actualité choquante et inespérée à la fois: dans la pièce, des parents assassinent réciproquement leurs enfants. Titus tue les fils de la reine responsable du meurtre de ses fils et du viol de sa fille, et sert à la reine un pâté à la viande (de ses fils). L'horreur absolue, tellement caricaturale, tellement actuelle, qu'elle inspire un rire irrépressible malgré sa cruauté.»
La pièce a été accueillie avec beaucoup d'enthousiasme en Angleterre, par le public comme par la critique.
Elle sera présentée en Israël par Rafi Ben-Yaacov sous l'égide du British Council et du théâtre Habimah à Tel-Aviv, au théâtre Ohel Shem, les 12 et 13 mars; au théâtre de Jérusalem, les 14 et 16 mars; au théâtre de Haïfa, le 17 mars; au Nouveau Centre culturel de Richon Letsion, le 18 mars; au théâtre de Beershéva, le 19 mars; au théâtre Ohel d'Herzliya, le 20 mars; enfin au Centre culturel Mofet de Raanana, le 21 mars.
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