Agenda-English

Vol. 1, No. 4
4 27 janvier 2000
20 Chevat 5760

La Commission parlementair à l’immigration et à l’intégration débat sur d’éventuels amendements à la loi du Retour


Pour le ministre de la Justice : le rabbinat ne doit pas être investi du monopole de la définition de "Qui est Juif?"

Dans cette édition :
Un article de Sallai Meridor, président de l’exécutif de l’Agence juive pour Israël
La communauté juive autrichienne à l’heure de l’ascension de Haider
High tech et aliya
Grève de la faim pour la libération de Pollard
Faits et chiffres
Séjour en Azerbaïdjan de jeunes immigrants arrivés en Israël sans leur famille
Les élections en Ouzbékistan
Le sionisme en Argentine
Cette semaine en Israël
D’Alma-Ata à Almaty

Yossi Beilin, ministre israélien de la Justice, préconise plus de libéralisme dans la définition de l’identité juive en matière de loi du Retour. Parallèlement, il souhaite plus de rigueur à l’égard des proches parents de Juifs désireux d’immigrer seuls en Israël. Le ministre a fait ces déclarations devant les membres de la Commission à l’immigration, l’intégration et les affaires diasporiques de la Knesset qui a débattu cette semaine des projets d’amendements de la loi du Retour déposés par plusieurs députés, notamment Haïm Lowenthal, Haïm Druckman et Michaël Kleiner.

M. Beilin a souligné que ses propos sont inspirés par ses positions personnelles et que le Premier ministre Ehud Barak s’oppose catégoriquement à l’adoption d’amendements à la loi du Retour vu les conséquences négatives qu’ils provoqueraient. "Considérant le judaïsme non comme une religion mais comme une nation, je ne peux comprendre pourquoi le Juif non religieux qui se définit comme étant de nationalité juive devrait obtenir pour ce faire l’approbation du rabbinat", a précisé le ministre.

De son point de vue, l’intention implicite du législateur concernant le droit des petits-enfants de Juifs d’immigrer en Israël a été de permettre à ces derniers d’immigrer en même temps que leurs grands-parents. Ce qui ne signifie pas pour autant que toute personne prétendant avoir un grand-parent juif mort depuis 90 ans, pourra librement immigrer en Israël et obtenir la nationalité israélienne.

Haïm Chesler, trésorier de l’Agence Juive a rendu compte des efforts investis par l’Agence Juive pour étayer l’identité juive et le lien à Israël auprès des candidats à l’immigration de la CEI, ainsi qu’à l’intention de consacrer plusieurs millions de dollars supplémentaires dans ce dessein. Ses propos ont été interrompus par le député Shmouel Halpert du parti Agoudat Israel qui l’a accusé personnellement, et plus généralement l’Agence Juive, d’encourager l’immigration de non Juifs en Israël. "Vous allez générer une situation où une minorité juive sera contrainte de vivre dans un État multi-national. La loi du Retour n’est pas sacrée, rien n’empêche de l’amender."

Ces propos ont été suivis par ceux de la vice-ministre de l’Immigration et de l’Intégration, les députés Maria Solodkin (du parti "Israel bealiya"), Sofa Landver ("Israel Ehad"), Victor Brailovsky ("Shinouï") et Michaël Nudelman ("Israel Beitenou"), qui ont félicité le trésorier Chesler, ancien chef de la délégation de l’Agence Juive en CEI après la chute du Rideau de Fer.

Tous se sont également prononcés contre tout amendement à la loi du Retour et ont préconisé l’allègement des procédures de conversion. Les positions de tous les représentants de l’éventail politique israélien sont unanimes : l’adoption d’amendements à la loi du Retour soulèverait de grandes difficultés.

Naomi Blumenthal, présidente de la Commission parlementaire, a souligné la nécessité d’agir avec la plus grande prudence en matière d’amendement à la loi du Retour. Selon elle, toutefois, dans la situation actuelle où plus de 55% des immigrants ne sont pas Juifs selon la Halakha, il faut amender la loi et prévoir une disposition requérant une déclaration solennelle de l’immigrant potentiel affirmant sa volonté de lier son sort à celui du peuple juif et de l’État d’Israël. " L’État d’Israël attire beaucoup d’habitants des pays du tiers-monde; notre pays doit prendre des mesures restrictives pour éviter d’être envahi par des hommes et des femmes n’ayant aucun lien réel avec le judaïsme. "

Youli Tamir, ministre de l’Immigration et de l’Intégration, a présenté l’attitude du gouvernement et du Premier ministre, lequel est formellement opposé à tout amendement à la loi du Retour. Elle a ajouté que la clause dite des " petits-enfants " n’a pas d’importance réelle, le nombre d’immigrants entrant dans cette catégorie étant relativement négligeable.

Le député Abed Almalek Dahamshé (du parti " Ra’am ") a déclaré qu’il n’a pas l’intention de limiter de quelque manière le droit des Juifs à retourner sur leur terre mais, de son point de vue " la loi du Retour devrait être amendée pour faire justice aux Arabes souhaitant retourner sur leur terre. "

Le rabbin Richard Hirsh, président de la Commission de l’Agence Juive chargée de la CEI, a de son côté déclaré que si l’Agence Juive s’oppose à l’amendement de la loi du Retour, elle doit implicitement s’engager à étayer l’identité juive et les liens des olim avec l’État d’Israël.

 

Dans cette édition:

" Ils ont le droit d’immigrer, nous avons le devoir de les intégrer "

Sallai Meridor

(Article paru dans le quotidien Yedioth Aharonot du 8 décembre 1999)

Tchernovtsy (ex-Czernowicz), début des années quarante. Kurt Rauchberger est en plein préparatifs pour sa bar-mitsva. Deux semaines avant l’heureux événement, les nazis sont aux portes de la ville et ses parents parviennent à l’envoyer en Ouzbékistan. Ils disparaîtront dans la tourmente. Kurt grandit dans un orphelinat, avant d’épouser une jeune Russe. Du judaïsme, il avait pratiquement tout oublié avant que Stanislaw, son petit-fils se lance à la recherche de ses racines juives dans les années quatre-vingt-dix. Ce qui va l’amener à rendre de fréquentes visites à la synagogue et à prendre contact avec le délégué de l’Agence Juive. Du point de vue strictement " halakhique ", Stanislaw n’est pas Juif. Conformément à la loi du Retour, toutefois, il peut immigrer en Israël.

Toute la cabale autour de la loi du Retour se réfère essentiellement aux petits-enfants de Juifs. Lesquels sont minoritaires puisque la majorité des olim, leurs conjoints et leurs enfants sont Juifs. Le problème qui se pose concerne exclusivement les petits-enfants de Juifs arrivés en Israël sans leurs grands-parents.

Plus que tout autre loi fondamentale de l’État, la loi du Retour fait référence à la nature bivalente de l’État d’Israël : État pour tous ses citoyens sans distinction de religion, d’autre part État de tout le peuple juif. En 1947, Israël a été reconnu en tant qu’État Juif par la communauté internationale, puis déclaré tel par ses fondateurs en 1948. En présentant à la Knesset la loi du Retour, Ben Gurion la considérait comme la plus fondamentale de toutes les lois du nouveau pays. Cette loi, reflet du lien historique entre les Juifs et la terre d’Israël, affirme le droit à l’immigration de tous les Juifs sur leur terre. Sans elle, les fondements moraux de l’État seraient ébranlés, une dichotomie se créerait entre l’État d’Israël et le peuple juif, la aliya cesserait.

Il est vrai que les proches parents non Juifs du point de vue de la Halakha d’immigrants au judaïsme avéré ont le droit d’immigrer en Israël. Suggérer d’interdire leur immigration serait inhumain et, à terme, non seulement se traduirait par des séparations douloureuses, mais encore par une rupture entre le peuple juif de Diaspora et Israël. Dans la situation démographique actuelle du peuple juif, il faut se faire une raison : rares sont les Juifs dont tous les proches peuvent être considérés comme Juifs conformément à la Halakha. Si nous fermons nos portes à leurs conjoints, à leurs parents, à leurs enfants, nous risquons de les décourager. Il nous faut donc relever le défi et agir pour empêcher que des Israéliens ne soient ni goyim à part entière, ni Juifs à part entière.

Dans leur grande majorité, les immigrants que le rabbinat ne reconnaît pas comme Juifs souhaitent faire partie du peuple israélien, de la société juive israélienne. Ils parlent hébreu, s’arrêtent de travailler le chabbat et célèbrent les fêtes juives. Leurs enfants, une fois achevée leur scolarité dans des écoles publiques juives, servent dans Tsahal aux côtés des nôtres.

Nous avons le devoir et le privilège de les aider à devenir des Israéliens, à leur enseigner les valeurs et les traditions dont ils ont été privés pendant soixante-dix ans. Nous devons garantir que ceux qui viennent vivre parmi nous, qui apprennent le judaïsme et qui souhaitent mener une existence de Juifs israéliens, puissent être convertis au judaïsme. C’est là l’intérêt suprême du peuple juif : non pas de fermer nos portes, ni de pérenniser l’existence parmi nous d’une minorité de " demi-Juifs ", non pas de rejeter d’emblée certains membres de leur famille, mais de les rapprocher.

L’État d’Israël et l’Agence Juive n’ont pas fermé leurs portes à Stanislaw : il a immigré en même temps que ses parents et que son grand-père. Il a été accueilli dans un internat, s’est intéressé au judaïsme et s’est converti au moment où il a rejoint les rangs de Tsahal. Kurt Rauchberger, qui pendant presque soixante ans n’a pas mis les pieds dans une synagogue, va prier aujourd’hui avec Stanislaw, son petit-fils, devenu pieux. Un épilogue israélien aux rites interrompus au moment de l’occupation nazie en Ukraine.

 

Dans cette édition:

Les Juifs d’Autriche et l’ascension de Haider

Deux enquêtes menées les jours derniers indiquent qu’en cas de nouvelles élections, Haider l’emporterait. C’est probablement la raison pour laquelle le leader d’extrême-droite préconise de nouvelles élections censées résoudre l’impasse actuelle.

Pour sa part, le ministre israélien de la Justice, Yossi Beilin, recommande le rappel de l’ambassadeur d’Israël à Vienne au cas où Haider et son parti se joindraient au gouvernement.

Les quelque 10 000 juifs d’Autriche suivent de près, et dans le calme, les événements actuels. " Cette situation d’incertitude est certes désagréable, affirme Pnina Schreiber, déléguée de l’Agence Juive en Autriche, les gens sont préoccupés par l’ascension de Haider, mais personne ne songe à boucler ses valises. "

Pnina Schreiber souligne qu’aucun changement dans les scores de la aliya n’est intervenu depuis que le parti de Haider, violemment opposé à l’immigration en Autriche, a remporté la deuxième place aux dernières élections d’octobre. Immédiatement après les résultats, elle n’a reçu que deux ou trois coups de fil en tout et pour tout. Elle s’attend à ce qu’une vingtaine de personnes à peine immigrent en Israël en 2000, le même chiffre que les années précédentes.

Si la popularité de Haider n’a cessé de grimper depuis les élections, elle ne s’est toutefois pas soldée par une recrudescence de l’antisémitisme en Autriche. Selon le correspondant de Kol Israël à Vienne, Karl Pfeifer : " On ne constate pas de recrudescence des sentiments ou des menées antisémites, mais l’antisémitisme a toujours été latent en Autriche, et continuera à l’être. Les Israéliens ont tendance à dénoncer les expressions publiques d’antisémitisme, mais c’est l’antisémitisme latent qui est le plus dangereux. "

Pour Karl Pfeifer, les Juifs autrichiens ne courrent aucun danger réel. D’ailleurs, affirme-t-il, la rhétorique antisémite était beaucoup plus virulente avant les élections d’octobre dernier qu’elle ne l’est à l’heure actuelle. Le nombre de lettres de menace adressées à des dirigeants juif, qui a décuplé avant les élections, a considérablement baissé depuis.

" Si Haider entre au gouvernement, il fera tout ce qui est en son pouvoir pour courtiser les Juifs. Il tient à jouer le parfait démocrate, l’homme politique civilisé. Ce qu’il n’est pas. "

 

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Le secteur israélien des technologies de pointe recrute des Israéliens expatriés et des immigrants.

Un projet nouveau mis au point par le ministère israélien du Travail et des Affaires sociales a pour ambition de recruter des Israéliens expatriés et des immigrants potentiels au profit du secteur israélien des technologies de pointe.

Ce projet permet aux candidats diplômés en sciences de s’inscrire à des cours de perfectionnement en high tech aux États-Unis. Les diplômés en sciences sociales pourront de leur côté s’inscrire à des cours similaires en Israël. Tous les cours prévus procéderont à la formation en informatique des candidats. Selon le ministère du Travail et des Affaires sociales, les lauréats de ces cours trouveront facilement des emplois dans le secteur israélien des industries de pointe.

Boaz Herman, délégué de l’Agence Juive à Miami, rapporte qu’un projet pilote s’inscrivant dans ce programme, déjà mené avec succès à Washington et à New York, est appliqué à l’heure actuelle à Miami, Boston et Chicago grâce à la collaboration du ministère israélien du Travail, de l’Agence Juive et des consulats d’Israël dans ces villes.

Le cours de 600 heures, portant sur la sécurité informatique, la rédaction technique et la gestion des réseaux de communication, ainsi que sur des matières plus générales, sera organisé au profit d’autres villes des États-Unis. Il commencera en janvier 2001, de façon à permettre aux participants potentiels de se rendre préalablement en Israël et de procéder à leur intégration initiale. À la fin du cours, les participants seront orientés vers des employeurs.

Pendant toute la durée du cours, les participants recevront une allocation de l’Institut israélien des Assurances nationales. Selon Herman, ce projet soulève l’enthousiasme de nombreux immigrants potentiels et d’Israéliens expatriés, très intéressés par le secteur high tech d’Israël, fort lucratif, même comparé à d’autres pays occidentaux.

À noter que la communauté juive de Floride recense un million de personnes, dont 30 000 anciens Israéliens.

 

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Le directeur d’un établissement scolaire israélien entame son 15 ème jour de grève de la faim pour protester contre la détention de Pollard

" Libérez Jonathan Pollard - il est moralement innocent ", proclame Eli Yossef, 44 ans, qui vient d’entamer son quinzième jour de grève de la faim devant la Knesset, pour rallier ses concitoyens au profit de Jonathan Pollard, accusé d’espionnage au profit d’Israël par la justice américaine.

Né en Égypte, Eli Yossef émigra en Angleterre avant de faire son aliya à l’âge de 19 ans et de s’enrôler immédiatement dans une unité combattante de Tsahal. Il y a sept ans, il a fondé le lycée Bnot Tsion, un internat pour jeunes immigrantes originaires de France et du Maroc.

Convaincu que l’État d’Israël ne prend pas les mesures adéquates pour libérer Pollard, Yossef a entamé il y a deux semaines une grève de la faim, après s’être remis d’un grave accident de voiture. Pour lui, toute personne communiquant à l’État d’Israël des informations concernant l’intention d’un pays ennemi de l’attaquer aux gaz toxiques, 55 ans après la Shoah, est moralement innocent, quand bien même il serait techniquement coupable.

Yossef ne ménage pas ses critiques contre les dirigeants israéliens : " l’État d’Israël aurait dû obtenir d’autres sources ces informations concernant sa sécurité, mais à partir du moment où Pollard a été recruté par les services israéliens, Israël devait le soutenir inconditionnellement. "

Les responsables israéliens chargés de négocier la libération de Pollard rétorquent qu’ils n’ont pas cessé de faire pression sur l’administration américaine, mais que compte tenu de l’opposition déclarée des services de renseignements américains, leurs efforts sont menés par des voies diplomatiques et sans tapage médiatique.

 

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Savez-vous que ?

  • La semaine dernière Alan Hoffman, ancien directeur du Centre Melton de l’Université hébraïque de Jérusalem, a été nommé directeur général du Département de l’éducation sioniste de l’Agence Juive. Ce Département a envoyé quelque 350 délégués dans des institutions d’éducation formelle et informelle du monde entier.

  • 1207 immigrants de tous les pays du monde doivent arriver cette semaine en Israël, dont 1128 de la CEI.

  • La Foire de la aliya a attiré plus de 12 000 visiteurs l’an dernier en Argentine. 10 000 personnes supplémentaires envisagent une aliya. En 1999, le nombre d’immigrants en provenance d’Argentine a augmenté de 27% par rapport à l’année précédente.

  • L’Agence Juive devra débourser la somme de 26 153 000 de dollars US pour assurer le fonctionnement des centres d’intégration de l’Agence Juive pour l’année 2000.

  • Les activités du camp d’été organisé par l’Agence Juive au profit de 784 enfants immigrants de la région de Quara en Éthiopie lui ont coûté 116 300 dollars US.

  • Le budget total de l’Agence Juive pour Israël de l’an 2000 s’élève à 387 735 000 dollars US, dont 320 900 000 dollars pour son budget de fonctionnement, 9 330 000 dollars pour les opérations de sauvetage et 57 505 000 dollars constitués par des donations à destinées à des projets spécifiques.

 

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Où va l’argent des donateurs ?

Un long week-end en famille à Bakou pour onze jeunes originaires d’Azerbaïdjan qui poursuivent seuls leurs études en Israël

Eleven youth and young adults from Azerbaijan have been flown back to their families for a long weekend. They are accompanying a mission of top American leaders designed to familiarize participants with absorption and educational projects supported by their collective fundraising efforts. According to the Jewish Agency emissary in Baku, the youngsters - high school and university students - came to Israel on their own as part of the Jewish Agency's Na'aleh and Selah programs.

Onze jeunes d’Azerbaïdjan ont passé un long week-end dans leur pays d’origine, en compagnie d’une délégation de dirigeants et donateurs juifs américains désireux de contribution à la promotion de l’éducation et de l’intégration des immigrants en Israël. Selon le délégué de l’Agence Juive à Bakou, ces jeunes lycéens et étudiants sont arrivés seuls en Israël dans le cadre des programmes Na’aleh et Selah.

Les jeunes, leurs parents et les membres de la délégation américaine prendront un repas en commun, puis les membres de la délégation seront reçus dans les familles, après quoi tous se rendront à la synagogue.

La visite à Bakou est le point culminant de " Voyage of Discovery ", mission de cinq jours de 93 présidents de fédérations de communautés juives américaines et de dirigeants juifs américains. Troisième expédition de ce genre, celle-ci a été pour la première fois financée par l’Union des communautés juives américaines.

Entamée à Tel-Aviv le dimanche 23 janvier, cette mission est focalisée sur l’intégration des immigrants et les programmes d’insertion sociale parrainés par l’Agence Juive pour Israël et par le Comité de distribution du JOINT.

Le parcours des participants a été réparti en quatre itinéraires, chacun comportant des entretiens avec des immigrants récemment accueillis dans des centres d’intégration, à Lod, Ashkelon ou Mevasseret Sion. En outre, ont été organisées des visites dans des villages pour enfants immigrants et dans des établissements pour jeunes deshérités ou maltraités; des visites à des projets destinés à faciliter l’intégration d’immigrants récemment arrivés d’Éthiopie, ainsi qu’à des projets novateurs conçus dans le cadre du programme Partnership 2000.

Les membres de la délégation américaine ont rencontré Nathan Sharansky, ministre de l’Intérieur; Sallai Meridor, président de l’Exécutif de l’Agence Juive pour Israël; Haïm Chesler, trésorier, ainsi que d’autres éminentes personnalités israéliennes.

Toute la délégation, accompagnée des onze jeunes est arrivée avant-hier à Bakou où elle a été informée des efforts entrepris sur place par les délégués de l’Agence Juive pour préparer les membres de la communauté juive locale à immigrer en Israël, et ceux du JOINT pour aider les plus démunis. Au nombre des activités de l’Agence Juive à Bakou, mentionnons un oulpan, une limoudia (structure préparatoire d’adultes à la aliya), un camp d’hiver pour jeunes et un club pour adultes. Ajoutons que le Comité de distribution du JOINT se charge du fonctionnement d’un jardin d’enfants, d’un centre communautaire, de services d’assistance sociale et d’un centre " Hillel " pour étudiants juifs.

 

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Les élections en Ouzbékistan : aucune incidence sur la communauté juive

Les récentes élections en Ouzbékistan n’ont eu aucune influence directe sur la population juive du pays, déclare Amos Lahat, directeur général du Département de la CEI de l’Agence Juive. Début janvier, Islam Abduganievich Karimov a été réélu pour la troisième fois président de l’ancienne république soviétique d’Ouzbékistan, avec 92% des voix. Quelques semaines plus tôt, les électeurs ont réélu un gouvernement représenté par une majorité de 250 sièges à l’Assemblée nationale.

" L’année passée, plusieurs tentatives de nature terroriste ont ébranlé l’Ouzbékistan, a ajouté Lahat en mentionnant l’attentat de Tachkent qui, en automne dernier, a coûté la vie à plusieurs personnes. Le gouvernement est parvenu à maîtriser les groupes extrémistes islamiques responsables de cet attentat et à restaurer un calme relatif dans le pays. Tant que Karimov sera président, la situation des Juifs d’Ouzbékistan restera relativement stable, malgré la recrudescence de l’intégrisme islamique dans la région. "

Karimov, 62 ans, est ingénieur mécanicien et détenteur d’un doctorat d’économie. Ancien ministre des Finances, on lui attribue la réforme du Parti communiste de son pays après son élection au poste de Premier secrétaire du Comité central du parti.

Contrairement à la récente campagne électorale de Russie, la " question juive " n’a été à aucun moment à l’ordre du jour des élections en Ouzbékistan, et aucune tentative de courtiser l’électorat juif n’a été entreprise par les candidats à la présidence. Si les Juifs occupent de nombreux postes clés dans les professions libérales, la communauté juive recense à peine 24 000 membres, pour une population totale de 24 millions d’habitants.

Indépendante de la Russie depuis 1991, l’Ouzbékistan est inséré entre la Kirghizie, le Tadjikistan, l’Afghanistan, le Turkménistan et la mer d’Aral.

 

Décrue des effectifs de la communauté juive d’Ouzbékistan

La population juive d’Ouzbékistan s’est clairsemée au cours de la dernière décennie - principal responsable : son immigration massive en Israël. Elle recensait 96 000 âmes en 1989, contre 24 000 à l’heure actuelle.

La majorité des juifs d’Ouzbékistan - environ 14 800 - vit à Tachkent, où se trouvent deux synagogues. Les autres, à Samarcande (4200), Boukhara (3000) et Fergana (850) et quelques-uns éparpillés dans des petits bourgs et des villages.

Ils sont en général d’origine boukharienne, descendants des caravaniers de Perse qui empruntaient la route de la Soie. Leurs origines les font remonter au Ier siècle de l’ère chrétienne, voire avant. À Samarcande et Boukhara, ils vivent dans les quartiers juifs de la vieille ville. Très unis entre eux, ils ont fait de remarquables efforts à travers l’histoire pour pérenniser les traditions et le mode de vie juifs. Ils pratiquent la circoncision, respectent les règles de la cachrout, prient quotidiennement et enseignent l’hébreu à leurs enfants. Les mariages mixtes sont relativement rares. La synagogue de Samarcande est dirigée par un rabbin local d’obédience Habad.

La vaste majorité des Ashkenazes d’Ouzbékistan vit à Tachkent, comme c’est également le cas des quelque 2000 juifs boukhariens. Les premiers, chez qui les mariages mixtes sont fréquents, sont beaucoup plus assimilés que les seconds.

Plus de 800 enfants de la communauté fréquentent les écoles juives de Tachkent, Samarcande et Boukhara. Les communautés juives de Tachkent et Samarcande ont mis en place des centres culturels juifs ainsi qu’un Talmud-Torah pour enfants les dimanches, celle de à Boukhara, un jardin d’enfants. Un mensuel juif intitulé Shofar est publié en langue russe.

Rappelons que le premier délégué de l’Agence Juive dans les républiques d’Asie centrale est arrivé à Tachkent en 1990. Les activités de l’Agence Juive sont focalisées sur la promotion de l’immigration vers Israël. Y participent 26 000 juifs, 10 000 d’Ouzbékistan et 16 000 des autres républiques d’Asie centrale qui suivent des oulpanim, participent à des colonies de vacances, fréquentent des clubs et s’adonnent à de nombreuses activités pour jeunes.

 

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Sionisme et quartiers périphériques de Buenos Aires

Le regain du judaïsme et du sionisme en Argentine se manifeste par la recrudescence de l’immigration en provenance de ce pays.

Kito Hasson, chef de la délégation de l’Agence Juive en Amérique Latine, rapporte qu’une branche du mouvement sioniste " Young Israel ", la deuxième en Argentine a été récemment ouverte dans un quartier de Buenos Aires. Avec la branche uruguayenne du mouvement, le mouvement recense 500 adolescents.

Un nouveau centre communautaire pour jeunes juifs argentins a été inauguré dans la capitale argentine à la mémoire d’Aryeh Dulzin, qui fut président de l’Organisation sioniste mondiale entre 1978 et 1987. Ce centre a pour visée le renforcement de l’identité juive et sioniste des jeunes âgés de 14 à 23 ans. Au nombre des activités prévues : une colonie de vacances et des séminaires sur le judaïsme et le sionisme.

Le " Young Israel ", mouvement affilié aux Sionistes généraux, est actif dans plusieurs pays de Diaspora.

 

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Cette semaine en Israël

  • " Il a toujours voulu partir pour Israël et a donné sa vie pour ce pays ", a déclaré cette semaine le père de Raphaël Zangwill, soldat de Tsahal, tué à 24 ans au Sud-Liban. Raphaël est arrivé seul de Lettonie en 1995. Il aimait beaucoup ses camarades et parlait sans cesse de son service dans les rangs de l’armée israélienne, raconte son père.

  • Le président de l’État, Ezer Weizman, dans un discours à la nation : " Je n’ai pas l’intention de démissionner, je suis innocent. Tout au plus ai-je commis de bonne foi une erreur humaine. "

  • La grève de 10 jours des enseignants israéliens vient de s’achever. En revanche, les ports maritimes d’Israël sont toujours en grève.

  • Mobilisation générale pour la tempête de neige annoncée pour la fin de la semaine. Depuis début janvier le niveau du lac de Tibériade a augmenté de 37 cm, 18 cm au-dessus du niveau inférieur. Pas d’inquiétude toutefois : il reste encore quatre bons mètres à remplir pour atteindre le niveau supérieur.

 

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D’Alma-Ata à Almaty en passant par Nahalal

Reuven Weinstein se balade, heureux comme un gamin, dans les rues d’Almaty, l’ex-Alma Alta, capitale du Kazakhstan. Il est l’un des professeurs d’hébreu du Kazakhstan venus prendre part à un séminaire sur l’histoire des Juifs de la région, une riche histoire malheureusement occultée par des décades de répression soviétique. Certains de ses collègues ont passé deux jours en train pour assister à ce séminaire, en compagnie de délégués de l’Agence Juive. Au programme : de l’hébreu, une kabbalat Chabbat et un seder de Tou bi-chevat, le nouvel an des arbres.

Il connait cette ville comme sa poche; il y est arrivé à l’âge de six ans dans les années trente avec sa famille, venue d’Irkoutsk en Sibérie. La maison où il vivait enfant a disparu, mais l’école sur le trottoir d’en face, la gare aussi, qui le faisait rêver, sont toujours là. " Je jouais ici, mon chien m’accompagnait à l’école, en face. Là, c’est la gare d’où mon père est parti pour la guerre. "

Son enthousiasme est contagieux : ses collègues du séminaire voient littéralement les soldats du contingent d’Alma-Ata montant dans le train, la division Panfilow qui s’ébranle en direction du front. Ils voient aussi la jeune tante de Reuven, 18 ans à peine, se dirigeant vers la gare accompagnée d’un bon millier de jeunes femmes volontaires. " Quand elles sont arrivées, un général de l’armée Rouge les a mis en garde, mais aucune d’elles n’a rebroussé chemin ", raconte Weinstein.

À douze ans, Weinstein a quitté Alma-Ata, avant de se joindre à la aliya des jeunes (aliyat Hanoar) et de faire ses études à l’école agricole de Nahalal. Pendant son service militaire dans le Nahal (unité pionnière) il va rencontrer sa future épouse, Tamar. Le jeune couple s’installe au kibbouts et jusqu’à sa retraite récente, Reuven Weinstein a travaillé au Service de répression des fraudes de la police israélienne. Désormais, il peut s’occuper de ce qu’il aime, s’occuper de l’intégration des immigrants, et Tamar partage sa passion.

Quand on lui a proposé de partir pour l’Alma-Ata de son enfance - devenue entretemps Almaty - il ne se tenait plus de joie, et a emporté avec lui des photos que sa mère avait cousues dans son manteau quand il avait 12 ans. Pendant la Seconde Guerre mondiale, adultes et enfants de la ville passaient une bonne partie de leur temps à la gare, pour y découvrir les blessés, ceux qui rentraient du front, les réfugiés. C’est dans cette gare que se sont noués ses premiers liens avec le sionisme. Un jour, des membres du corps enseignant d’Odessa sont descendus du train. Parmi eux se trouvait le Pr Yaakov Marson, une âme généreuse partie à la recherche d’enfants juifs à qui il enseignait gratuitement l’hébreu et le judaïsme. " Je suis fier de suivre ses pas et d’aider ceux qui sont restés ici à retourner au judaïsme ", dit Weinstein.

Précisons que 2000 Juifs du Kazakhstan ont immigré en Israël. Ceux qui vivent dans ce pays suivent des cours d’hébreu, participent à de nombreuses activités juives et célèbrent ensemble les fêtes juives.

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