Les récentes publications du Bureau central des Statistiques sont révélatrices de la situation économique actuelle d’Israël. Citons quelques données plutôt alarmantes:
La récession s’aggrave et se traduit désormais par une réduction de la consommation. Au cours du deuxième trimestre de l’année les revenus des secteurs commerciaux et des services ont chuté de 5,7%, presqu’autant qu’au cours du premier trimestre (6%) et beaucoup plus qu’au cours des premiers mois de l’intifada.
Baisse de 10% des importations des biens de consommation en juillet par rapport au mois d’octobre 2000. L’importation de matières premières a diminué de 18,5% par rapport à octobre dernier. Autant de difficultés que le secteur industriel doit surmonter à l’heure actuelle.
Baisse de 2% par rapport à la même période de l’an dernier de l’achat de véhicules privés et commerciaux entre janvier et juillet 2001.
Selon des estimations récentes, le marché financier israélien continuera à pâtir de la récession actuelle et de la précarité de la situation sécuritaire. Issue possible: le redressement des marchés financiers américains que les optimistes prévoient pour 2002.
Suite aux chiffres inquiétants du chômage au deuxième trimestre de cette année – 214 000 sans emploi, soit 8,6% de la population active d’Israël – le gouvernement a décidé d’accorder aux petites et moyennes entreprises une aide de 200 millions de shekels. Une commission ministérielle ad-hoc, que présidera Ariel Sharon en personne, sera créée pour venir en aide aux entreprises en difficulté. La proposition de Shlomo Benizri, ministre du Travail, d’accroître le nombre de cours de recyclage et de travaux publics a également été homologuée, une mesure qui devrait contribuer à la réduction du nombre de chômeurs. Autres décisions opérationnelles: mettre en congé sans solde un millier d’employés d’usines, mesure qui évitera leur renvoi et qui coûtera la somme de 850 000 shekels; et assurer le recyclage de diplômés d’université aux métiers d’enseignants en informatique et en biotechnologie.
Depuis octobre dernier, les investisseurs israéliens ont perdu une somme totale de 100 milliards de shekels sur les marchés boursiers d’Israël et de l’étranger: 60 milliards dus à la baisse de la valeur nominale de leurs actions sur le marché boursier israélien et 40 milliards sur les marchés financiers étrangers.
Les dettes accumulées par l’Autorité palestinienne et par des entreprises palestiniennes à l’endroit d’entrepreneurs israéliens sont officiellement considérées comme des créances douteuses par le fisc et la t.v.a. En conséquence, la taxe sur la valeur ajoutée versée par les sociétés israéliennes au titre de transactions avec des Palestiniens, sera remboursée aux entrepreneurs israéliens.
Véritable «invasion» de sociétés immobilières israéliennes dans les pays d’Europe de l’Est: ainsi la société Engel General Diblopress vient de faire l’acquisition d’un terrain de 70 dunams (7 hectares) à Prague, sur lequel seront édifiés 1300 appartements, dont la vente rapportera 70 millions de dollars aux investisseurs. Cette société mène déjà une dizaine de projets de construction d’immeubles d’habitation d’une valeur marchande de 400 millions de dollars en Europe de l’Est, essentiellement en République tchèque, Hongrie et Pologne. Au nombre de ses récentes acquisitions: des terrains destinés à l’édification de centres commerciaux dans ces pays.