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No 23 - 1er juillet 2000 29 Sivan 5760

 

À L’ASSEMBLÉE GÉNÉRALE DE L’AGENCE JUIVE

Barak: «L’heure de vérité avec les Palestiniens»

Dans cette édition:
«Taglit»
Le droit à la différence
Savez-vous que...
L’organisation féminine Hadassah rétorque
Le peuplement du Neguev et de la Galilée
À l’ordre du jour de l’Assemblée générale
Le rappel de l’ambassadeur d’Israël en Autriche: opinion du Pr Bauer
Les prix des Bnei Brith
Les camps d’été de Novosibirsk
Mariage à l’italienne
Partnership 2000: Cleveland-Beit Shean
Les séminaires d’été au Musée du kibboutz Lohamei Haghetaot
Inauguration de l’école Kerner
Une semaine en Israël
Yiddish à Vilnius
Les clubs féminins de Moscou
Des femmes chantent pour la paix
Football et coopération internationale
La recette de la semaine

Gala d’ouverture de l’Assemblée générale de l’Agence Juive à proximité du Mur occidental
Photo: Joe Malcolm



Ehud Barak espère que le sommet de Washington débouchera sur un accord définitif avec les Palestiniens. Affirmant sa volonté de parvenir à la paix tout en renforçant la sécurité d’Israël et en sauvegardant ses intérêts fondamentaux, le Premier ministre a déclaré jeudi soir dernier au cours de la cérémonie de clôture de l’Assemblée générale de l’Agence Juive, dans la salle Chagall de la Knesset: «Nous sommes arrivés à l’heure de vérité avec les Palestiniens. Je remercie la Secrétaire d’État Madeleine Allbright pour les efforts qu’elle a investis pour ce sommet». L’allocution du Premier ministre a été retransmise en direct par la télévision israélienne.

Ehud Barak a ajouté que si tous les espoirs de rallier et d’affermir le peuple juif, et d’intégrer les immigrants d’Éthiopie et de la CEI ne sont pas encore réalisés, son gouvernement conjugue toutefois ses efforts avec ceux de l’Agence Juive pour y parvenir.

Selon Moshé Arens, ancien ministre de la Défense, et représentant de l’opposition, le sommet de Washington est une erreur stratégique, au même titre que le fut la participation de Netanyahu au sommet de Wye, entre autres parce que ce dernier s’est soldé par la visite de Clinton à Gaza. Cette visite a porté atteinte à l’avantage d’Israël en matière de relations avec les États-Unis, au profit de Palestiniens toujours hostiles à Israël: «Nous sommes à une époque où une grande partie des territoires placés sous notre contrôle risquent de nous échapper; si le Premier ministre poursuit sa politique actuelle, cette tendance ira en s’accentuant.»

Pour Shimon Peres, ministre de la Coopération régionale et candidat à la présidence de l’État, les différends entre les parties aux négociations israélo-palestiniennes se sont considérablement réduits, il s’agit désormais de questions de pourcentages et non plus de principes. A ses dires, le monde est parvenu à un stade où le territoire a perdu son importance au profit des compétences humaines, «le monde de l’intelligence n’a pas de frontières». Selon Peres, la politique israélienne doit se focaliser sur quatre objectifs essentiels: 1. La fixation des frontières; 2. l’excellence en matière de recherche et d’enseignement; 3. La promotion de l’aliya et de la solidarité du peuple juif; 4. L’essor du Neguev.

Sallaï Meridor, président de l’Agence Juive, a souligné que la solidarité et l’union des forces est prioritaire à l’heure actuelle dans l’agenda du peuple juif. Meridor a lancé un appel à la libération immédiate des 13 Juifs accusés d’espionnage en Iran, dont le verdict a été récemment prononcé. Meridor a également conjuré son assistance de ne pas oublier les soldats disparus, entre autres le navigateur Ron Arad.

Charles Bronfman, président de l’Union des communautés et fédérations juives américaines, s’est félicité de leur réorganisation et a exprimé son ambition de parvenir à transformer cette structure en une organisation volontaire dominante dans le monde.

Autres orateurs au cours de cette cérémonie de clôture à la Knesset: le président du parlement Avraham Burg, qui a préconisé le renforcement des mesures prises pour garantir l’avenir du peuple juif, et Michaël Malchior, ministre des affaires de Diaspora.

Dans cette édition:

SIGNATURE DE L’ACCORD SUR LA MISE EN OEUVRE DU PROGRAMME «TAGLIT»

Le gouvernement, l’Agence Juive, les représentants de l’Union des communautés et fédérations juives d’Amérique du nord et du Keren Hayessod ont signé un accord portant sur le transport et l’accueil en Israël de jeunes Juifs de l’étranger sous l’égide de la société «Taglit».

L’accord a été finalisé par Sallaï Meridor, président de l’Agence Juive; Michaël Malchior, ministre chargé des Affaires de Diaspora; Charles Bronfman, président du Conseil des communautés juives américaines; Joe Tauber, président du Comité exécutif de l’Union des communautés juives nord-américaines; et Daniel Liwerant, président du Conseil de tutelle du Keren Hayessod. Les signatures ont été apposées au cours d’une cérémonie qui s’est déroulée au moment de la clôture de l’Assemblée générale de l’Agence Juive à la Knesset.

Montant du budget accordé à ce projet: 210 millions de dollars répartis sur cinq ans, dont 70 millions sont alloués par l’État d’Israël.

Selon Sallaï Meridor, si le programme Taglit parvient à faire venir en Israël plus de 40 000 jeunes Juifs par an, l’avenir du peuple juif sera différent.


De gauche à droite: Alex Grass, président du Conseil des Gouverneurs de l’Agence Juive; Sallaï Meridor, président de l’Exécutif de l’Agence Juive; Chaim Chesler, trésorier; le ministre Shimon Peres; Charles Bronfman, président de l’Union des communautés américaines; Avraham Burg, president de la Knesset; le ministre Michaël Melchior
Photo: Joe Malcolm

Dans cette édition:

LA COMMISSION CHARGÉE DE L’UNIFICATION DU PEUPLE JUIF OEUVRERA AU RENFORCEMENT DE L’IDENTITÉ JUIVE

Formée de délégués des trois principaux mouvements du judaïsme, la Commission pour l’unité du peuple juif au sein du Conseil des Gouverneurs de l’Agence Juive, a pris la semaine dernière la décision d’initier des programmes de promotion de l’unité du peuple juif et de renforcement de l’identité juive en Israël. Ces activités s’ajouteront à toutes celles déjà menées par la Commission.

Les résolutions ont été prises au cours d’une réunion extraordinaire de cette Commission dans la synagogue massorati «Kehilat Yaar Ramot» de Jérusalem, laquelle a récemment pâti d’une tentative d’incendie qui s’est soldée par des bris de vitres et des dégats matériels. La police attribue l’incident aux rivalités entre les différentes obédiences religieuses. Parmi les dégats: des chaises calcinées et d’autres dommages matériels. Signalons que cet acte est le second perpétré en un mois contre cette synagogue.

Sallaï Meridor, qui co-préside cette commission avec Alex Grass, le président du Conseil des Gouverneurs de l’Agence Juive, a ouvert les débats en déclarant: «Ceux qui entendent garantir que ce ‘pays ne dévore pas un jour ses habitants’ (Nombres, XIII, 32), doivent condamner ces actes avec véhémence et tout faire pour éviter qu’ils ne soient répétés à l’avenir.»

La Commission a également décidé de recenser toutes les organisations impliquées dans ce domaine en Israël, de mettre en place un centre d’information sur toutes les activités menées par les différentes obédiences religieuses et d’établir un forum mondial représentatif de tous les organismes, associations et principaux dirigeants chargés du rapprochement et du renforcement de l’identité juive en Israël.

Dans cette édition:

SAVEZ-VOUS QUE ...

  • 27 860 personnes ont étudié l’hébreu au cours des quatre premiers mois de l’année dans les 329 oulpanim israéliens.

  • 1350 immigrants ont été intégrés en 1999 dans les quelque 90 kibboutsim et mochavim d’Israël sous l’égide du programme Bait richon bemoledet («Première maison dans la patrie») mis en place par l’Agence Juive, le ministère de l’Intégration et les mouvements kibboutsiques.

  • 20 immigrants d’Inde sont arrivés en Israël la semaine dernière. Sur le total de 1142 immigrants arrivés la semaine dernière, 1001 sont originaires des pays de la CEI. Les autres viennent de France, Belgique, Turquie, Brésil, Colombie, Afrique du Sud, Zimbabwe, Angleterre, Hollande, Allemagne, Australie, États-Unis et Éthiopie.

  • 249 000 dollars US: c’est le montant du budget accordé pour l’année 2000 à l’Institut de formation de moniteurs et responsables des mouvements de jeunesse, et des futurs dirigeants communautaires de Diaspora.

  • 550 000 dollars US: budget de l’Agence Juive attribué pour l’année 2000 à son Département israélien. Destination: mise en oeuvre de projets novateurs focalisés sur la construction et l’assistance aux secteurs défavorisés de la population israélienne par le biais du projet Partnership 2000.

  • 23 000 000 dollars US: c’est ce que débourse en l’an 2000 l’Agence Juive pour les budgets de fonctionnement de ses 24 centres d’intégration en Israël où sont hébergés et pris en charge des immigrants en provenance de tous les pays du monde.

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RÉACTION DE L’ORGANISATION HADASSAH AUX ACCUSATIONS PROFÉRÉES PAR DES PAYS ARABES

«Toute personne visitant l’hôpital Hadassah sait pertinemment que les accusations alléguant de discrimination entre patients juifs et arabes sont fausses, car le personnel de l’hôpital soigne indistinctement les uns et les autres», a déclaré Bonnie Lipton, présidente nationale de l’Organisation féminine sioniste Hadassah, en réponse aux allégations dénonçant le caractère politique et «non humanitaire» des activités de cette organisation.

Ces accusations ont été proférées récemment par des délégués libanais, syriens, libyens et palestiniens au Conseil économique et social de l’ONU (ÉCOSOC), en réaction à la requête de l’organisation Hadassah d’obtenir le statut de consultant ONG auprès de cette Commission. Le vote sur ce registre, qui devait avoir lieu la semaine dernière, a été repoussé au mois de janvier.

Les délégués syrien et palestinien ont exigé que l’organisation Hadassah présente le nombre de traitements subis dans cet hôpital par chaque Palestinien transporté dans ses centres médicaux depuis 1967. Évoquant tout Jérusalem comme territoire occupé, le délégué palestinien a taxé «d’implantation» le site occupé par l’hôpital Hadassah d’Ein Kerem. Le délégué syrien, intervenant en tant qu’observateur, a affirmé que l’organisation Hadassah occulte volontairement ses véritables activités et a demandé des précisions sur la façon dont elle exprime son soutien au peuple arabe. Le délégué libanais s’est pour sa part interrogé sur la relation entre Hadassah et l’Agence Juive, l’Organisation Sioniste Mondiale et le Keren Kayemet.

«Il s’agit là d’une agression directe au droit du peuple juif de posséder un pays et un mouvement national», a rétorqué Bonnie Lipton, «comment se fait-il qu’une organisation humanitaire de l’ampleur de la Hadassah soit confrontée à des arguments de cette nature, pour le simple fait de son sionisme. Nous avons derrière nous presque 90 ans d’activités sanitaires et hospitalières, d’éducation et de sauvetage d’enfants, précisément les domaines électifs de la Commission onusienne. Des milliers, voire des millions de personnes, en Israël, au Proche-Orient et dans le monde entier, ont bénéficié des prestations de nos institutions et des compétences d’hommes et de femmes qui ont été formés par Hadassah», a ajouté Lipton, en précisant qu’en réalité l’hôpital Hadassah a étendu ses services à des patients arabes dès 1912.

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APPEL DES MOUVEMENTS DE PEUPLEMENT DU NEGUEV ET DE GALILÉE AUX DIRIGEANTS DE L’AGENCE JUIVE

Les responsables des mouvements de peuplement ont préconisé une action du président de l’Agence Juive en faveur du ralliement du peuple juif à leur cause et du renforcement du peuplement de la Galilée et du Neguev. Cet appel a été lancé la semaine dernière au cours d’une réunion entre les députés Eli Goldschmidt, Avshalom Vilan et Shalom Simchon, et les dirigeants du Conseil des Gouverneurs de l’Agence Juive que préside Alex Grass. Cette réunion s’est déroulée en présence de Sallaï Meridor et Chaim Chesler, respectivement président et trésorier de l’Agence Juive et du Aaron Abramowich, directeur général de l’Agence Juive pour Israël.

Avant la réunion, le Conseil des Gouverneurs avait entériné la série d’aides réservées aux localités frontalières en provenance de l’Union des communautés juives d’Amérique du Nord et de l’Agence Juive. Les mesures prévues, d’un montant de 83 millions de dollars US, seront réparties sur trois ans.

Les députés Goldschmidt, Vilan et Simchon, ont fait la louange de cette campagne initiée par l’Agence Juive au profit des habitants des localités frontalières. Le député Vilan l’a définie de «lien historique entre le peuple juif et la terre d’Israël, un lien qu’il faut renouveler.»

Le député Simchon, dirigeant du mouvement mochavique et habitant de la zone située le long de la frontière libanaise, a mis en garde contre la création d’une continuité territoriale entre les Arabes de Galilée et le futur État palestinien. «Il y a plus d’Arabes que de Juifs dans cette région d’Israël. Si la population juive n’y est pas renforcée, de vastes zones risquent d’échapper à notre contrôle.

Richard Pearlstone, président de la Commission financière et budgétaire de l’Agence Juive, a souligné que l’Agence Juive doit redoubler de prudence en matière budgétaire. La croissance économique actuelle permettra à Israël de continuer à manifester sa solidarité et d’aider les habitants des localités frontalières.

Chaim Chesler, trésorier de l’Agence Juive, redoute la perte de la Galilée et du Neguev: «Autrefois, le peuplement était l’une des principales missions de l’Agence Juive; à présent, nous devons également assumer un rôle politique afin de garantir que l’État d’Israël reste juif.»

Sallaï Meridor a préconisé la mise en place d’un groupement constitué d’Israéliens et d’étrangers chargé de mener un dialogue incessant sur le registre du peuplement. «Nous devons examiner tous les moyens de faire revivre l’intérêt du public pour ces questions et agir tout particulièrement dans les régions d’Israël où la population juive est minoritaire.»

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À L’ORDRE DU JOUR DE L’ASSEMBLÉE GÉNÉRALE

Exprimant son opposition à tout amendement à la Loi du retour au cours d’une séance consacrée par l’Assemblée générale de l’Agence Juive aux grandes questions du judaïsme contemporain, le député Roman Bronfman a souligné que les différends sur cette question ne concernent pas exclusivement la question de savoir «Qui est Juif ?» mais bien plutôt celle de savoir «qui est chargé de fixer la judéité de tel ou tel individu ?». De son point de vue, la Knesset ne peut débattre de ce registre sans la participation de représentants des communautés juives de Diaspora. Ont également pris part aux débats le maire de Jérusalem, Ehud Olmert; le député Itzhak Gagula; le rabbin David Rosen et les professeurs Yehezkel Dror, Steven Cohen et Eliezer Jaffé.

Parmi les thèmes évoqués: la Loi du retour, la restitution des biens juifs, le racisme et l’antisémitisme, le peuple juif à l’heure du village global, l’identité juive, la philanthropie et la femme dans le judaïsme.

Bronfman a également préconisé la séparation de la religion et de l’État afin de transformer Israël en pays moderne et éclairé où règnent le pluralisme et la tolérance mutuelle entre communautés et groupements ethniques.

Le Pr Eliezer Jaffé de l’Université hébraïque a suggéré que la philanthropie soit canalisée par des associations à but non lucratif à l’avenir. Les donateurs de l’étranger donneraient plus volontiers à des organisations de ce genre plutôt qu’à des instances publiques. De son point de vue, les liens créés seraient alors plus professionnels, plus personnels et mieux orientés vers les cibles choisies par les donateurs. Selon Jaffé, cette suggestion suppose un changement des structures existantes, y compris celles de l’Agence Juive.

Ehud Olmert, maire de Jérusalem, a évoqué la présence de donateurs israéliens à l’heure actuelle, contrairement à la situation par le passé.

Le rabbin David Rosen, directeur de l’antenne israélienne de la Ligue anti-diffamatoire juive, est convaincu que l’antisémitisme s’est considérablement atténué ces dernières années, encore qu’il en existe toujours des poches inquiétantes dans les pays de l’Europe de l’Est et d’Amérique latine. Selon lui, la recrudescence de l’antisémitisme arabe s’explique par des raisons politiques. Par ailleurs, les incidents d’inspiration antisémite aux États-Unis, s’ils ont diminué de fréquence, redoublent de violence.

Les participants à l’Assemblée générale se sont rendus sur le campus éducatif de Kiriat Moriah à Jérusalem où ils ont suivi les activités de renforcement de l’identité juive en Israël et à l’étranger. Ils ont également pris part à des ateliers organisés pour des jeunes Juifs de tous les pays du monde par le programme «Expérience israélienne».


Délégués de l’Assemblée générale de l’Agence Juive au spectacle organisé par les enfants d’immigrants originaires d’Éthiopie, de Cuba et de Yougoslavie au Centre d’intégration Beit Canada d’Ashkelon
Photo: Joe Malcolm

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SELON LE PR BAUER: LE RAPPEL DE L’AMBASSADEUR D’ISRAËL EN AUTRICHE A ÉTÉ UNE ERREUR

«Le rappel en Israël de l’ambassadeur en Autriche après l’élection de Haider a été une grave erreur», a déclaré récemment le Pr Yehuda Bauer au cours d’un débat sur le rôle du mouvement sioniste dans la lutte contre l’antisémitisme qui s’est déroulé au cours du Comité d’action sioniste. «La seule manière de combattre l’antisémitisme est d’unir les forces de tous ceux qui ont des raisons personnelles de lutter contre l’antisémitisme et le racisme», a-t-il ajouté.

Le Pr Bauer a mis en garde contre la recrudescence de l’antisémitisme dans les pays arabes voisins d’Israël, Égypte et Jordanie comprises. Il suggère d’exploiter les médias électroniques et l’Internet pour mieux combattre ce phénomène. Le Pr Bauer a également suggéré d’exploiter le procès Lipstadt-Irving dans ce but, notamment en publiant les ouvrages appelés à être publiés sur cette affaire.

Spécialiste de renommée mondiale de la Shoah, le Pr Bauer a violemment critiqué la réaction du gouvernement israélien à la coalition autrichienne. De son point de vue, Haider est beaucoup plus concerné par les Albanais, les Bosniaques et les autres groupements ethniques vivant en Autriche que par les Juifs. «Si j’avais été à la place du ministre israélien des Affaires étrangères, je n’aurai pas rappelé notre ambassadeur à Vienne. Au contraire: j’aurais renforcé le personnel de cette ambassade et intensifié la campagne d’opinion. Ce fut là une erreur politique de premier ordre», a déclaré Bauer, qui prévoit la levée prochaine des sanctions décrétées contre le gouvernement autrichien par l’Union européenne, et par contrecoup, l’isolement d’Israël.

Le Pr Dinah Porat de l’Université de Tel-Aviv a cité trois événements qui ont attisé l’antisémitisme dans le monde: la visite du pape en Israël qui, bien que réussie, a suscité l’opposition de nombreux catholiques aux gestes de pacification de l’Église à l’endroit du peuple juif; le procès Lipstadt-Irving, qui risque de soulever des vagues d’antisémitisme en Europe et dans le reste du monde; enfin les mesures prises pour restituer les biens juifs spoliés pendant la Shoah, qui rallument la haine antisémite en Europe de l’Est.

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LE PRIX BNEI BRITH RÉCOMPENSE LA CONTRIBUTION DE JOURNALISTES ISRAÉLIENS AU RESSERREMENT DES RELATIONS ENTRE ISRAËL ET LA DIASPORA

La contribution exceptionnelle des médias au resserrement des relations entre Israël et la Diaspora a été reconnue la semaine dernière: huit journalistes israéliens ont reçu à Jérusalem le Prix de journalisme des Bnei Brith fondé à la mémoire de Wolf et Hilda Matsdorf, en présence du rabbin et ministre Michaël Malchior, du grand écrivain israélien Aharon Appelfeld et d’une assistance très nombreuse formée de représentants des médias et de nombreuses personnalités.

Fondé en 1991, ce prix récompense des articles et reportages exceptionnels consacrés à la situation des Juifs de Diaspora et aux relations entretenues avec Israël par des communautés juives de l’étranger dans la presse écrite et les médias électroniques israéliens. Ce prix est assorti d’une allocation de 5000 shekels.

Eli Eyal, membre du jury, journaliste et membre de l’Exécutif sioniste, a présidé la cérémonie d’octroi des prix. Il a souligné que si les sujets spécifiquement juifs ont longtemps été négligés par la presse israélienne, ce n’est plus le cas aujourd’hui où ils sont amplement couverts - au même titre que ceux relatifs à la défense, à la politique ou à la diplomatie -, preuve qu’ils sont aussi considérés comme essentiels pour l’État d’Israël.

Parmi les huit lauréats, Mark Siminovics (rédacteur et producteur) et Zoltan Terner (réalisateur), qui ont produit trois films documentaires pour la télévision israélienne sur la communauté juive de Bukovine avant et après la Shoah, productions qui ont remarquablement familiarisé les téléspectateurs de tout âge avec cette époque.

Esther Hecht, ancienne rédactrice au Jerusalem Post, a reçu ce prix en reconnaissance de trois de ses articles: True Believers («De vrais croyants») sur la communauté karaïte en Israël et dans l’ex-Union soviétique; Cry for them Argentina («Pleure-les, Argentine») sur la communauté juive argentine à l’ombre des disparitions et des attentats terroristes; et Heartbreak Hotel («Hôtel des crève-cœurs») sur les vicissitudes des immigrants en Israël.

La mention «Honorable» a été accordée à Guideon Remez (rédacteur et présentateur) et à l’équipe de l’ «Heure internationale» de Kol Israël: Jacqueline Elkayam (productrice) et Miri Scharf (reporter) pour leur reportage émouvant sur l’immigration en Israël de Juifs cubains. La même distinction a été octroyée à Haïm Hausman, producteur et réalisateur de la télévision israélienne pour son émission en deux épisodes sur le Gaon de Vilna; à Amotz Asa-El, rédacteur économique du Jerusalem Post, pour son article sur l’«Homme de l’année»: Nikolaï Rappaport.

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LES CAMPS D’ÉTÉ DE NOVOSIBIRSK

Les jeunes participants aux colonies de vacances organisées le mois prochain par l’Agence Juive en Russie orientale par l’Agence Juive seront accompagnés par... leurs parents. Deux autres camps d’été ouvriront leurs portes fin juillet à Omsk et Krasnoyarsk.

Boris Wolovik, délégué pour la jeunesse à l’Agence Juive de Novosibirsk, rapporte que l’initiative consistant à faire participer les parents aux programmes de prise de conscience de l’identité juive sont destinés à créer un environnement réconfortant aux enfants après leur retour dans leurs familles.

Auparavant, quand les enfants rentraient dans leurs foyers, leurs parents n’étaient pas à même d’appréhender - ayant été pendant des décennies coupés de toute activité et de toute conscience juive - cette nouvelle identité juive que leurs enfants avaient acquise pendant les camps d’été. Cette nouvelle initiative est destinée à gommer la résistance des familles.

Au cours des deux dernières années, 2000 enfants et adolescents ont participé aux camps d’été et d’hiver organisés par l’Agence Juive en Russie orientale. Jusqu’alors, les parents étaient conviés uniquement une fois par promotion, tandis que désormais, ils pourront se joindre à leurs enfants pendant toute la période de la colonie de vacances, qui dure entre une semaine et dix jours.

«Au-delà du renforcement de l’identité juive, nous voulons exposer les parents aux activités auxquelles leurs enfants prennent part et souligner les différences entre les camps israéliens et les camps d’été organisés localement», précise Motti Klimer, chef de la délégation de l’Agence Juive en Russie orientale. «Désormais les parents prendront conscience en même temps que leurs enfants des activités juives et sionistes organisées par l’Agence Juive, et pourront choisir en toute liberté de placer leurs enfants dans des camps locaux ou dans ceux de l’Agence Juive.»

Novosibirsk, principale agglomération urbaine de Sibérie occidentale, recense une population de 3 000 000 d’habitants. Selon les estimations de l’Agence Juive, la communauté juive compterait 11 000 membres et quelque 20 000 dans les régions avoisinantes. L’Agence Juive y gère plusieurs centres focalisés sur l’aliya, qui sont fréquentés par 450 personnes par an. Les clubs pour jeunes et les deux oulpanim d’hébreu ouverts par l’Agence Juive dans la ville sont fréquentés par un millier de personnes.

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MARIAGE À L’ITALIENNE

Sarah et Henry vont célébrer leur mariage le mois prochain à la grande synagogue de Rome. Peu avant de réaliser leur aliya. Ils se sont rencontrés l’été dernier en Israël au cours d’un voyage organisé pour célibataires juifs par le Mouvement de l’aliya de l’Agence Juive, dont le but était de réunir des juifs âgés de 25 à 40 ans de France et d’Italie et de les instruire des possibilités d’intégration professionnelle, des structures d’enseignement et du logement en Israël. La Romaine Sarah avait 30 ans, le Parisien Henry, 34 ans.

La semaine dernière, le jeune couple s’est entretenu avec Tamar Milo, coordinatrice du groupe de célibataires juifs à Rome. C’est entre Mitspe Ramon, le mont Herzl et une conférence sur le marché de l’emploi en Israël, qu’ils sont tombés amoureux...

La bénédiction leur sera donnée le mois prochain à la grande synagogue de Rome. Entretemps, le jeune couple a ouvert un dossier d’immigration à l’Agence Juive de Paris, et entend s’installer en Israël peu après Roch Hachana. En attendant de parler couramment l’hébreu, ils continueront de communiquer en italien. Pour l’heure, leur hébreu rudimentaire leur sert de langue secrète...

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LES RELATIONS COMMERCIALES ENTRE BEIT SHEAN ET L’AMÉRIQUE DU NORD

Une conférence sera donnée cette semaine à la Cleveland House de Beit Shean afin de promouvoir les relations industrielles et commerciales entre la région et des sociétés américaines. La Cleveland House de Beit Shean coordonne toutes les activités destinées au resserrement des liens entre la communauté juive de Cleveland et la région de Beit Shean menées sous l’égide du programme Partnership 2000 de l’Agence Juive et de l’Union des communautés juives américaines.

Sagi Melamed, directeur de la région Beit Shean à l’Agence Juive, rapporte que ce congrès, organisé conjointement avec l’Autorité pour le développement des petites entreprises de la ville et la Chambre de Commerce Ohio-Israël, se tiendra en présence de délégués d’une quarantaine d’entreprises de high-tech, métallurgie, d’usines alimentaires et plastiques basées dans la région.

Trois représentants de la communauté juive de Cleveland: Alan Shonberg, président des chambres de commerce d’Amérique du Nord; Howard Gold, président de la Chambre de Commerce Ohio-Israël; et Vick Cohen, président du Comité de développement économique du projet Partnership 2000, présenteront aux directeurs de sociétés israéliennes et américaines les diverses possibilités de partenariat et d’investissements de sociétés américaines dans des usines de la région de Beit Shean, ainsi que les potentialités des marchés américains pour leurs exportations. Pini Kabalo, maire de Beit Shean, et Yael Shaltieli, présidente du conseil régional de la Vallée de Beit Shean, seront présents à ce congrès.

Après la conférence, les représentants de la communauté juive de Cleveland s’entretiendront personnellement avec des sociétés et des usines auxquelles ils présenteront le potentiel de développement des relations commerciales avec des partenaires américains. En novembre prochain, une mission économique américaine se rendra dans la ville pour examiner les possibilités d’investissements dans la région de Beit Shean.

Nizan Aviran, directeur de l’Autorité chargée du développement des petites entreprises à Beit Shean, affirme que le chiffre des exportations des sociétés implantées dans cette ville aux États-Unis atteint les 100 millions de dollars par an. Selon Aviran, toutes les sociétés dont les représentants rencontrent cette semaine les chefs d’entreprises de Cleveland exportent d’ores et déjà leurs produits à l’étranger, essentiellement aux États-Unis.

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LES SÉMINAIRES D’ÉTÉ DU MUSÉE DES COMBATTANTS DES GHETTOS

Deux groupes d’Américains participent en ce moment à des séminaires pluriculturels d’été au Centre pour l’éducation humaniste du Musée des combattants du Ghetto du kibboutz Lohamei Hagetaot, situé non loin de Nahariya. Un groupe d’enseignants, juifs et non juifs du Midwest, auquel se sont joints huit éducateurs afro-américains et des dirigeants spirituels de la région de Washington envoyés par le Mémorial de l’Holocauste américain, participent en ce moment à un séminaire de dix jours.

Outre les cours d’éducation au pluralisme, le programme comprend également des réunions avec des lauréats juifs, arabes et druzes du Centre d’éducation humaniste, au cours desquelles les participants débattent des liens entre la Shoah et les grands problèmes contemporains. L’objectif de ces réunions est de paver la voie à la compréhension mutuelle et à la réconciliation.

Le Centre d’éducation humaniste organise des programmes d’études pour lycéens arabes et juifs dans une quinzaine d’établissements scolaires de Galilée, notamment au lycée druze de la localité de Daliat-el-Carmel et dans les écoles arabo-italienne et Leo Baeck de Haïfa. Les lycéens qui fréquentent ces cours sont tous volontaires, et consacrent 30 heures à l’étude de la Shoah. Le programme d’étude s’achève par une visite guidée des parents par les élèves.

«Jusqu’alors, le thème de la Shoah était tabou dans le dialogue judéo-arabe», affirme Raya Kalisman, fondatrice du Centre il y a quatre ans et directrice actuelle. C’est une expérience essentielle pour les jeunes. Nous présentons les souffrances du peuple juif sous un angle humaniste, et nos élèves juifs et arabes s’y identifient sans problème. L’étude de la Shoah enseigne que l’indifférence aux souffrances des autres et l’atteinte aux droits de ses semblables remet en question les fondements de la société humaine.»

Soulignons que le Centre d’éducation humaniste a reçu le mois dernier le Prix du Dialogue octroyé par le président de la Knesset.

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INAUGURATION DE L’ÉCOLE KERNER DE GALILÉE

Le Conseil régional Maaleh Yossef a inauguré la semaine dernière l’école primaire Kerner en présence de 200 élèves. Cet établissement a été nommé en l’honneur de Brian Kerner, président de l’Appel juif unifié du Royaume Uni, en hommage à son œuvre en Galilée et à sa contribution à l’essor éducatif et social de la région.

Quelque 150 dirigeants de l’Union des communautés juives américaines, du Keren Hayessod américain et des personnalités locales ont assisté à la cérémonie. S’y trouvaient également des membres de la famille Kerner - son épouse Sylvia et son fils Stefan qui est co-président du projet Partnership 2000 dans cette région, ainsi qu’Aharon Ma’atouk, maire de Merom Hagalil. Présents également Avi Pazner, président mondial du Keren Hayessod; Daniel Liwerant, président du Conseil de tutelle de cette organisation; Avi Karampa, enfin, président du Conseil régional de Maaleh Yossef.

«Cette réalisation s’inscrit dans toute la série de projets menés au profit des localités frontalières, de Nahariya à Metoullah», a souligné Michaël Mohnblatt, directeur de la campagne de l’Appel juif unifié anglais en Israël. Rappelons que la campagne de collecte lancée par téléthon le 21 mai dernier au profit des localités de la frontière libanaise, a rapporté 400 000 dollars US.

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UNE SEMAINE EN ISRAËL

Un sommet israélo-palestinien fin juillet prochain ? La chose n’est pas exclue. Les Américains multiplient leurs efforts dans ce sens, afin de parvenir à un accord définitif avant le 13 septembre prochain, date à laquelle Arafat entend proclamer l’indépendance de son pays. La secrétaire d’État Madeleine Albright ne cache pas son scepticisme, mais le président Clinton est convaincu que les dirigeants israéliens et palestiniens doivent prendre les décisions qui s’imposent.


Natan Sharansky, leader du parti «Israël be’aliya» et ministre de l’Intérieur, ainsi qu’Yitzhak Levy, chef du parti national religieux et ministre du Logement, ont annoncé qu’ils quitteraient la coalition gouvernementale en cas de réunion du sommet de Washington.


Chaises musicales entre les ténors du parti centriste: Amnon Lipkin-Shahak, ministre du Tourisme, reçoit également le portefeuille des Transports, que détenait le ministre démissionnaire Yitzhak Mordehaï. Le député Dan Meridor est nommé ministre sans portefeuille, chargé des services secrets. Le député Roni Milo devient pour sa part vice-ministre du Tourisme.


Le parti ultra-orthodoxe Shas s’est prononcé cette semaine contre la motion de censure présentée par l’opposition à la Knesset.


Le président Ezer Weizman s’est rendu la semaine dernière en Égypte, pour faire ses adieux à son homologue égyptien: Hosni Moubarak.

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YIDDISH À VILNIUS

Cette semaine se tiendra à Vilnius, la capitale lituanienne, le troisième Séminaire annuel de yiddish et de littérature juive. Ce séminaire de quatre semaines est organisé conjointement par la communauté juive de Lituanie, l’Université de Vilnius et le mouvement hiérosolymitain «Jeune Yiddish». Ephraïm Meidan, chef de la délégation de l’Agence Juive dans les États Baltes, rapporte qu’y participeront 70 personnes venues des États-Unis, d’Australie, de Nouvelle-Zélande, de France, Angleterre, Allemagne, Ukraine et d’autres pays.

Les cours seront donnés à quatre niveaux, de débutants à avancés. Parmi les enseignants chevronnés: le Pr Gerald Pricks de l’Université de Caroline du sud; le Dr Dov-Ber Karler de l’Université d’Oxford, Andrei Bradstein de l’Université de Moscou, le Pr David Katz de l’Université de Vilnius.

Un programme culturel diversifié est prévu pour les participants au séminaire, notamment des visites des sites juifs de Vilnius, Kovno, Ponevesh, Veterki; des pièces de théâtre et des films en yiddish, et même des cours de cuisine juive.

Pour plus d’informations, consultez le site www.yiddishvilnius.com

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LES CLUBS FÉMININS DE MOSCOU

Alla Sivashova, musicienne, a été si émue par sa récente visite en Israël qu’elle a composé dès son retour des chansons sur Jérusalem et sur Israël. Elle a visité notre pays en compagnie de quelques-unes de ses amies du Club féminin de l’Agence Juive. L’une d’elles, peintre, inspirée par les paysages israéliens, a réalisé une série de tableaux sur Jérusalem et d’autres sites.

Le Club féminin de Moscou a été créé il y a deux ans par Marina Ben Arieh, déléguée de l’Agence Juive dans cette ville. Marina, sceptique au début sur les chances de réussite d’un club de ce genre, a été agréablement surprise par le dynamisme et l’enthousiasme de ses membres qui, pour la plupart, n’avaient que de vagues souvenirs de leur patrimoine juif.

Une quarantaine de femmes assistent aux réunions mensuelles, notamment des professionnelles reconnues dans leur domaine. De nouvelles venues viennent régulièrement remplacer celles qui immigrent en Israël.

«Nous avons commencé par évoquer nos problèmes personnels, famille, enfants, dit Marina Ben Arieh, avant de débattre de sujets plus généraux, plus spécifiquement juifs.» Ainsi, avant chaque fête juive, le groupe s’intéresse aux traditions, ainsi qu’à la préparation des plats traditionnels: beignets de Hanouccah, crêpes au fromage blanc pour Shavouot, oreilles d’Aman à Pourim. Elles suivent également des conférences données par des Israéliens sur différents thèmes.

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DES FEMMES CHANTENT POUR LA PAIX

Le Forum du leadership féminin de la région du lac de Tibériade organise cette semaine une fête de la chanson pour la paix à Naharayim, localité où sept jeunes filles de Beit Shemesh furent tuées en 1997 par un soldat jordanien au cours d’une excursion organisée par leur école.

Ce Forum a été établi il y a deux ans sous l’égide du projet Partnership 2000 de l’Agence Juive, afin de promouvoir le statut de la femme en Israël et d’encourager les femmes de la région de jouer des rôles de leaders dans leur communauté. La région du Kinneret comprend la ville de Tibériade, les localités de la vallée du Jourdain et de Basse-Galilée, ainsi que celles de Menahemiya, Yavne’el, Migdal, Kfar Tavor et Ilaniya.

Selon Semadar Sinaï, coordinatrice du Forum, cette instance agit dans quatre directions principales: la promotion personnelle de la femme et l’étude à Tibériade; la mise en place d’un dialogue constructif avec les femmes palestiniennes et jordaniennes par le biais de projets conjoints; la création d’ateliers et d’expositions au profit des talents féminins; enfin l’organisation de manifestations sociales et culturelles.

Un Forum similaire a été créé parallèlement dans les communautés juives de Tulsa, Minneapolis, St.Paul et Milwaukee, quatre communautés juives partenaires de la région du Kinneret dans le cadre du projet Partnership 2000. À la tête du Forum américain se trouve Sarah Sanditen de Tulsa (Oklahoma).

Le festival de chant aura lieu le 4 juillet prochain, jour de la fête de l’Indépendance américaine, en présence de représentantes des quatre communautés juives partenaires de la région du Kinneret. Des femmes viendront de tout Israël y participer. Au programme: des prestations de Gali Atari et de la chanteuse arabe Lubneh Salameh, de la danseuse Ayelet Gabaï, du duo Shiran et de la chorale «Shirei Kinneret».

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FOOTBALL ET COOPÉRATION INTERNATIONALE

Deux ingrédients indispensables pour créer une équipe de football: des jeunes motivés et la contribution d’un généreux donateur. C’est ainsi que vient de naître au Centre d’intégration de Kiriat Yam une équipe de foot composée de jeunes immigrants éthiopiens.

Ils sont une cinquantaine, âgés de 6 à 18 ans. Répartis en quatre groupes, ils s’entraînent deux fois par semaine. Leurs entraîneurs au Centre communautaire de Kiriat Yam, sont aussi des immigrants, venus, eux des pays de l’ex-Union soviétique. Le tout est une initiative récente, encouragée par une donation faite à l’Appel Juif unifié de Londres, qui a permis l’acquisition d’uniformes et de tous les équipements nécessaires.

Pour Naama Malhi, directrice du Centre d’intégration de Kiriat Yam: «Ce projet contribuera à développer les jeunes talents sportifs et à rapprocher les mentalités et les cultures.»

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LA RECETTE DE LA SEMAINE

Israël Aharoni est l’un des plus célèbres chefs israéliens. Restaurateur et esthète, il a contribué à répandre en Israël la gastronomie de tous les pays du monde. Il est également l’auteur de plusieurs ouvrages de cuisine, dont The Melting Pot («Le Creuset»), dont nous livrons ci-dessous une recette de poisson à l’éthiopienne:

Ingrédients
6 petits poissons (daurades, merlans...)
2 tomates coupées en tranches
2 pommes de terre en tranches
2 oignons en tranches
4 piments piquants ciselés

Sauce
Mélangez intimement:
6 gousses d’ail écrasées
2 cuillerées de poivre
1/2 cuillerée de cardamome en poudre
1 cuillerée de curcuma
2 cuillerées de sel
1/2 verre d’huile
1/2 verre d’eau

Préparation
Placez pommes de terre, tomates, oignons et piments dans un plat à four. Disposez au-dessus les poissons et recouvrir de sauce. Mettre 1/2 heure à four préchauffé (180o).

BON APPETIT!

Beteavon!

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Nous publions dans cette édition de notre Agenda un article de Chaim Chesler, trésorier de l’Agence Juive et de l’Organisation Sioniste Mondiale, publié le 26 juin dernier dans le Jerusalem Post

ISRAËL, PAYS JUIF ET DÉMOCRATIQUE

Lettre ouverte à Yossi Beilin

Dans un article récemment publié par le Congrès Juif Mondial, Yossi Beilin exprime son inquiétude face au «nombre décroissant de Juifs dans le monde et à l’état d’aliénation croissante entre Israël et les communautés de Diaspora.» Pour se mesurer à ces problèmes, l’auteur suggère la création d’un «nouveau cadre de vie juive» qui rallierait les Juifs d’Israël et de Diaspora dans un parlement juif, tout en réitérant ses critiques à l’endroit des organismes existants - les Institutions Nationales - qui remplissent précisément ce rôle, sans qu’il soit besoin d’en créer d’autres.

Voilà plus d’un quart de siècle que Beilin exprime les mêmes critiques, condamne l’Agence Juive qu’il considère comme une organisation inepte et inutile, pour l’ensemble de la société israélienne et pour l’ensemble du peuple juif. Ses flèches révèlent un manque total de compréhension du rôle crucial que joue l’Agence Juive en tant que vecteur du dialogue mené par les Juifs du monde entier; ignorent l’évolution de cette organisation et son utilité dans un monde juif en perpétuelle mutation; portent atteinte à la stabilité de ce monde.

Pour Beilin, si l’Agence Juive a certes un rôle important à jouer en tant qu’organe exécutif du judaïsme, elle s’avère d’une inefficacité totale en matière de dialogue. Beilin passe outre aux engagements des communautés dans le sein de l’Agence Juive, comme il passe outre aux nombreux programmes destinés à créer un lien direct entre les communautés et avec Israël. Des engagements auxquels le judaïsme mondial est particulièrement attaché.

C’est grâce à ces engagements que l’Agence Juive est parvenue à apurer les dettes des localités frontalières, depuis le retrait des forces de Tsahal du Sud-Liban; grâce à ces engagements que l’Agence Juive collecte et alloue, avec la collaboration active du gouvernement israélien, des fonds spéciaux consacrés à promouvoir les services sociaux et culturels qui viennent consolider cette région menacée.

Nous sommes d’accord sur un point, le Dr Beilin et moi-même: sur l’urgence de renforcer l’identité juive. C’est la raison pour laquelle l’Agence Juive a conçu depuis plusieurs années ces structures de visites éducatives de jeunes Juifs de Diaspora en Israël. «Taglit» est pour nous le partenaire indispensable à ces fins.

Beilin prétend que l’Agence Juive fait obstacle à l’implication des Juifs de Diaspora en Israël, et propage l’inégalité entre le peuple juif et l’État juif. Il souligne que si les fonds en provenance des communautés juives de Diaspora représentaient autrefois une proportion considérable du budget national d’Israël, ils ne constituent désormais qu’1/2 pour cent à peine. A citer des chiffres en termes purement financiers, Beilin en oublie l’évolution des relations d’Israël avec les Juifs de Diaspora.

Aujourd’hui, c’est vrai, Israël ne tend plus la main de la même manière: les campagnes de collecte de fonds lui permettent désormais de mettre au point des partenariats stratégiques avec les Juifs de l’étranger. Beilin aura beau affirmer que les communautés juives du monde n’ont pas de rôle à jouer dans l’édification de notre pays, il oublie que ce sont ces dernières qui souhaitent s’impliquer dans l’essor d’Israël. Et que c’est l’Agence Juive qui leur en donne la possibilité.

Récemment, plutôt que de consacrer ses énergies à trouver une solution à des décennies de privations de la minorité arabe d’Israël, Beilin se sert d’un arrêt de la Cour suprême affirmant le droit légitime d’une famille arabe à acquérir une maison dans la localité juive de Katzir. Pour Beilin, l’Agence Juive est un vecteur de discrimination qui dresse les Juifs contre les Arabes, et qui, de ce fait, porte atteinte au projet sioniste. Le président de la Cour suprême d’Israël, Aharon Barak, l’un de ceux qui ont statué sur l’affaire de Katzir, a lui-même déclaré que l’entreprise sioniste implique précisément le renforcement des localités juives. Ce qui, du point de vue du président de la Cour suprême, ne constitue pas une contradiction intrinsèque avec le droit à l’égalité de tous les citoyens israéliens. Comment Beilin peut-il donc avancer que l’Agence Juive porte atteinte à l’idéal sioniste et à l’État d’Israël ?

Dans son article, Beilin prétend que le sionisme est, non pas la réalisation de 2000 ans d’aspirations du peuple juif à retourner à Sion, mais tout simplement une réaction à l’antisémitisme. Si c’était le cas, qu’est-ce qui aurait empêché Herzl d’accepter la proposition des Britanniques de créer un pays juif en Afrique orientale ? Que signifie le mot «sionisme» pour Beilin ?

Israël n’est pas un terrain à vendre au plus offrant. C’est le cœur de la civilisation juive, l’apogée de l’existence nationale du peuple juif. Et l’Agence Juive est la seule structure capable d’unifier et de rapprocher les Juifs d’Israël et de Diaspora confondus.

Le seul organisme où sont pris en compte tous les besoins spécifiquement juifs, où parviennent et d’où partent les ressources destinées à améliorer le sort des Juifs où qu’ils se trouvent est l’Agence Juive. Les besoins sont infinis, les contributions toujours insuffisantes. Mais ce n’est pas une raison pour supprimer cette structure existante et opérationnelle sans proposer d’alternative. Beilin est sûrement sincère dans son désir de garantir le bien-être et la prospérité du peuple juif à l’avenir, mais ses critiques à l’endroit de l’Agence Juive sont déplacées et pernicieuses à la cause dont il se prétend le défenseur.

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