Agenda-English

No 11 - 19 mars 2000, 9 Adar 5760

Dans cette édition:
La visite du pape en Israël
Savez-vous que...
Les mouvements de jeunesse contre Haider
Moscou et la Conférence des présidents nord-américains
Le devoir de mémoire en Biélorussie
D’Allemagne en Israël
«Chas», parti ultra-orthodoxe et sioniste ?
Etudes bibliques à Johannesbourg
Des plaques réparatrices d’une offense antijuive à Prague
Comment faire de bonnes affaires en Israël
High Tech à Ekaterinbourg
Aide humanitaire aux victimes des inondations en Afrique du Sud
Une semaine en Israël
Ski en Suisse pour célibataires
Pourim dans le monde juif
Bon appétit!

Une pétition de 98 sénateurs américains au président russe Combattez la vague d’antisémitisme

«Vous, les youpins, vous avez obtenu des résultats impressionnants dans la société russe, en exploitant et en assassinant notre peuple... Partez pour Israël, allez vous entasser là-bas comme des rats et débarrassez-nous de votre présence. Sinon, vous allez devoir nous rendre des comptes, non seulement pour vos actes, mais aussi pour ceux de vos pères». C’est en substance le contenu de la lettre parvenue la semaine dernière dans les bureaux de l’Agence Juive à Moscou. Ce courrier est arrivé par e-mail quelques jours à peine après la publication par l’Agence Juive d’une annonce proposant à de jeunes Juifs de poursuivre leurs études en Israël.

Selon Amos Lahat, directeur du Département de la CEI de l’Agence Juive, les expressions d’antisémitism se sont multiplies dernierement en Russie, sur fond de campagne présidentielle. Certains chefs de partis adoptent systématiquement des attitudes antisémites pour attirer leur électorat, ce qui contribue à surchauffer l’atmosphère actuelle en Russie.

Inquiétés par ces expressions, 98 sénateurs américains ont adressé une pétition au président par intérim Vladimir Poutine, lui demandant de placer la lutte contre l’antisémitisme dans l’ordre des priorités de son pays et d’éviter à tout prix que ce fléau ne devienne un atout dans les mains des candidats au pouvoir.

L’intervention des sénateurs américains s’est faite sur l’initiative de Gordon Smith, sénateur de l’Orégon, et de Joseph Baiden du Delaware. Deux sénateurs seulement se sont opposés à cette pétition: Robert Brad (West Virginia) et Chuck Jack Haigal du Nebraska.

Dans cette édition:

Déploiement exceptionnel des forces de sécurité pour la visite du pape à Jérusalem

Jean-Paul II s’entretiendra avec les Grands-Rabbins d’Israël

Le pèlerinage du pape en Terre sainte entrera dans les annales des services de sécurité comme la plus grande opération jamais conçue pour assurer la sécurité d’une personnalité en visite en Israël. Précisons que le pape sera accompagné de prélats du Vatican et de milliers de pèlerins chrétiens. Des dizaines d’agents du Service de sécurité intérieure et des milliers de policiers sont chargés de la sécurité du souverain pontife et de sa délégation.

Au programme de la visite du pape: entre autres, une messe au mont des Béatitudes, une visite à Yad Vashem, à la basilique du Saint-Sépulcre et au site baptismal de Kessar al-Yahud, près de Jéricho. Le pape s’entretiendra également avec les Grands-Rabbins d’Israël, le président Ezer Weizman et le Premier ministre Ehoud Barak.

La communauté juive d’Italie a exprimé ses réserves concernant la requête de pardon aux minorités victimes des persécutions de l’Église, que le pape a exprimé dans ces termes: «Nous regrettons profondément la conduite de ceux qui, au cours de l’Histoire, ont provoqué les souffrances de vos fils». Le pape a évoqué les persécutions contre les Juifs figurant dans la nomenclature des sept grands outrages de l’Église. Certes, la communauté juive italienne a apprécié à leur juste mesure ces paroles, mais elle a toutefois exprimé sa déception quant au silence du saint père sur la responsabilité directe de l’Église et de Pie XII pendant la Deuxième Guerre mondiale.

Les médias italiens accordent une importance exceptionnelle à la visite du pape en Terre sainte. La chaîne nationale de la télévision italienne a retransmis à plusieurs reprises la visite du pape à la Grande Synagogue de Rome en 1986, geste considéré comme un premier pas vers le resserrement des liens de l’Église avec le judaïsme et le peuple juif, visite dont le Grand-Rabbin de Rome, Elio Toaff, avait pris l’initiative.

«La communauté juive d’Italie envisage cette visite comme une occasion de promouvoir son image et de resserrer les liens entre l’Église et le judaïsme», affirme Tamar Milo, déléguée de l’Agence Juive en Italie. Tamar Milo précise que les relations entre Juifs et Chrétiens sont excellentes dans ce pays et que plusieurs associations se sont chargées de les promouvoir, encore qu’il y ait des manifestations sporadiques d’antisémitisme en Italie.

Ainsi de la récente manifestation de soutien au parti italien d’extrême-droite, l’Alliance nationale. Les positions ultra-nationalistes de ce parti lui confèrent de fortes chances de remporter les élections municipales qui se dérouleront vers la mi-avril dans la province du Lazio (région de Rome).

La communauté juive italienne recense 35 000 membres, dont 18 000 à Rome, 10 000 à Milan, les autres formant de petites communautés réparties sur toute la péninsule. Signalons que les élections communautaires menées la semaine dernière à Rome ont été remportées par la liste «Pour Israël - Progrès et Tradition» de Ricardo Pacifici.

Dans cette édition:

Savez-vous que...

  • 51 653 étudiants ont suivi les cours des 287 oulpanim ouverts en 1999 par l’Agence Juive dans les pays de la CEI.

  • 411 Juifs yougoslaves ont pris part en 1999 aux voyages pilotes organisés par le Mouvement de l’Aliyah de l’Agence Juive. Pour 137 d’entre eux ce voyage a été déterminant puisqu’ils ont décidé d’immigrer en Israël.

  • 1000 jeunes Israéliens se sont rendus dans des communautés juives du monde entier en 1999 sous les auspices du projet de l’Agence Juive Gesher leKesher de resserrement des liens entre Israéliens et Juifs de Diaspora.

  • 804 000 dollars US: c’est la somme allouée par l’Agence Juive au profit de projets de promotion de l’unité, de la tolérance et du respect mutuel dans la société israélienne.

  • 160 000 dollars US: c’est le budget attribué par l’Agence Juive en l’an 2000 pour célébrer les fêtes juives et organiser des activités communautaires, essentiellement dans les grandes villes de la CEI.

  • 16 800 dollars US: c’est la contribution de l’Agence Juive à un projet de prévention de la délinquance parmi les jeunes immigrants de l’ex-URSS.

Dans cette édition:

Sur l’initiative de l’Organisation Sioniste Mondiale et de l’Agence Juive pour Israël

Une grande manifestation de jeunes contre le haïderisme à Jérusalem

«A la veille de la Pâque - chaque génération doit, selon la tradition, se considérer comme étant sortie d’Égypte. La vôtre doit se considérer comme ayant réchappé à Auschwitz et à Treblinka» a déclaré Sallai Meridor, président de l’Organisation Sioniste Mondiale et de l’Agence Juive au cours du rallye contre le haïderisme organisé à Jérusalem mercredi dernier.

Cette manifestation, la première organisée à Jérusalem contre Haider et son parti, a suivi une grande vague de protestation dans toutes les capitales occidentales. Exprimant son appréciation pour la campagne menée par la jeunesse israélienne contre le racisme, Sallai Meridor a tenu à opposer les mouvements de protestation soulevés par Haider en Europe au silence qui précéda l’ascension du fascisme et du nazisme à la veille de la Deuxième Guerre mondiale.

Pour Chaïm Chesler, trésorier de l’Organisation Sioniste Mondiale et de l’Agence Juive, «Ce même esprit caractéristique du front commun formé par les mouvements de jeunesse, les étudiants et les organisations féminines d’Israël, est celui qui a fait tomber le Rideau de fer et qui a permis à des centaines de milliers de Juifs de venir s’installer en Israël. C’est celui qui renversera Haider. Ce combat sera mené de Jérusalem dans le monde entier.»

Le rabbin Michaël Melchior, ministre des relations avec la Diaspora, a cité Niemuller, le célèbre homme d’Église qui recommandait de ne jamais rester indifférent au malheur d’autrui, recommandation matérialisée par ce rallye de protestation.

Israël Singer, Secrétaire général du Congrès Juif Mondial, a fait l’éloge de la jeunesse israélienne qui «vit librement dans sa patrie» sans pour autant témoigner d’indifférence à l’égard de ce qui se passe actuellement en Autriche. Singer s’est engagé à convoyer le message des jeunes Israéliens à leurs pairs américains.

La manifestation, qui s’est déroulée en présence de 3000 jeunes des mouvements de jeunesse israéliens et étrangers et de membres d’organisations féminines, a été accompagnée d’un spectacle évoquant les dangers du racisme interprété par un groupe de 70 chanteurs et danseurs.

Au cours de la cérémonie du souvenir dans la Vallée des communautés disparues de Yad Vashem, qui a précédé le rallye et à laquelle ont participé 400 membres de mouvements de jeunesse, les jeunes ont allumé des flambeaux à la mémoire des victimes de la Shoah ainsi que des lumières rouges pour dénoncer les dangers de l’antisémitisme et du racisme. Le Pr Shevach Weiss, président de Yad Vashem, Ephi Stanzler maire de Guivatayim et Amos Hermon, directeur de la Commission à l’éducation de l’Agence Juive, ont participé à la cérémonie.

La manifestation a été organisée conjointement avec le Conseil israélien des mouvements de jeunesse, le Conseil mondial des mouvements de jeunesse sionistes, l’Association israélienne des étudiants, l’Association mondiale des étudiants juifs, le Conseil des étudiants et des jeunes en Israël, l’Organisation féminine Naamat et d’autres associations féminines, ainsi que des organismes de volontariat.

Dans cette édition:

La visite des présidents des communautés juives américaines fait encore des vagues dans les médias russes

«Ce que redoutent les Juifs américains»

La visite du mois dernier à Moscou des présidents des principales organisations juives américaines continue de susciter de vives réactions dans la presse russe. Un éditorial paru dans l’un des grands journaux russes dénonce l’intervention des personnalités juives américaines contre le resserrement des relations russo-iraniennes.

Sous le titre «Ce que redoutent les Juifs américains», l’article souligne que les membres de la délégation s’efforcent d’influer sur les décisions de la Russie au nom du judaïsme mondial.

Selon ce journal, la visite s’est déroulée sur l’initiative de Vladimir Gusinski, président du Congrès Juif russe, lequel briguerait la succession d’Edgar Bronfman, président du Congrès Juif Mondial. Prenant en compte les nombreux entretiens des présidents juifs américains avec les chefs de l’opposition russe, le journal considère que le but essentiel de leur visite était politique, et que leur désir d’intervenir au profit de leurs coreligionnaires russes était secondaire. L’article accuse Gusinski d’avoir organisé cette visite pour promouvoir sa cause personnelle.

Amos Lahat, directeur de l’ancien Département de l’URSS à l’Agence Juive, a pour sa part déclaré que la couverture de cette visite à Moscou des délégués de la Conférence des Presidents américains a dépassé largement les milieux juifs pour s’étendre à tous les médias russes.

«Le public russe ne se sent pas particulièrement concerné par les activités des organismes juifs. Toutefois nous constatons que la presse réagit avec vivacité et causticité à tout ce qui concerne les Juifs que les Russes considèrent comme proches du pouvoir, au point de dicter aux gouvernants leurs décisions et de décider de la composition du gouvernement», a déclaré Amos Lahat. Pour l’ancien directeur de département de l’Agence Juive, «Certains citoyens russes voient d’un mauvais œil la condition réservée aux Juifs dans leur pays, tandis que toute activité de nature diplomatique menée par des Juifs est systématiquement interprétée comme une tentative d’acquérir plus de pouvoir et d’argent, même si cette accusation est erronée dans la plupart des cas.»

Dans cette édition:

Pour le ministre des Minorités de Biélorussie

«Il faut éradiquer l’antisémitisme»

«Le gouvernement biélorusse fait tous les efforts possibles pour contrer et prévenir toute manifestation d’antisémitisme sur son territoire». Cette déclaration du ministre biélorusse des Minorités, Alexander Bilk, a été faite au cours d’une cérémonie organisée au Mémorial de Yama, site de la sépulture de 5000 Juifs de Minsk massacrés il y a 58 ans par les nazis.

Assistaient à cette cérémonie qui s’est déroulée début mars, le président du Congrès Juif de Biélorussie, Léonard Levin; l’ambassadeur d’Israël en Biélorussie, Martin Peled-Flax; l’ambassadeur des États-Unis, Daniel Spekhart; le dirigeant de la communauté Habad de Minsk, le rabbin Joseph Grozman. Une autre cérémonie a eu lieu le soir même au Théâtre de la ville en présence du corps diplomatique en poste à Minsk. Au cours de cette soirée, a été interprété la pièce Prière de mémoire, basée sur l’œuvre de Shalom Aleikhem Tuvia le laitier.

Ayala Bukai, déléguée de l’Agence Juive à Minsk, rapporte qu’après la minute de silence à la mémoire des victimes, tous les orateurs ont insisté sur le devoir de vigilance pour éviter toute irruption de manifestations antisémites dans le monde.

Rappelons que le 2 mars 1942, les nazis procédèrent au rassemblement des 5000 Juifs de Minsk, dont 250 enfants et orphelins, et les concentrèrent au centre de la ville à l’arrière d’une tranchée avant de les fusiller, de les jeter dans la fosse et de les recouvrir de terre, y compris ceux qui étaient encore vivants et qui hurlaient de douleur. Depuis, cette fosse commune est intitulée Yama, mot russe signifiant «fosse».

Lev Reichman, délégué de l’Agence Juive pour les jeunes et les étudiants de Biélorussie précise que de nombreuses activités au cours desquelles le souvenir de la Shoah est abondamment évoqué sont prévues pour cette tranche d’âge. Récemment, un groupement d’étudiants de Minsk actifs au club de jeunes géré par l’Agence Juive dans cette ville, ont pris l’initiative d’enseigner les conséquences de la Shoah sur leur communauté aux plus jeunes d’entre eux. Des membres de ce groupe se rendent dans diverses régions où vivaient autrefois leurs coreligionnaires et y enseignent l’extermination de la communauté juive de Biélorussie pendant la Deuxième Guerre mondiale.

Reichman a également indiqué que le groupe a pris connaissance de tous les détails concernant le ghetto de Minsk et le ghetto «Koidnovo» de Drezinsk, investigué les ruines des grandes yéchivot de Volozhin et de Mir, et visité les sites juifs de Vitebsk - ville natale de Marc Chagall. Les nombreux documents récupérés au cours de ces visites leur servent à mener leurs activités éducatives auprès des jeunes de leur communauté.

Ce groupe a inspiré des associations similaires à Vitebsk, Mogilev et Gomel. Ajoutons que plus de 2000 adolescents et jeunes Juifs participent chaque année à des conférences sur la Shoah et écoutent les témoignages de rescapés dans les clubs et les camps d’été de l’Agence Juive.

57 ans après la Shoah

Consécration de la première synagogue de Skopje

Plus d’un demi-siècle après l’extermination de la communauté juive de Macédoine, une synagogue a été récemment consacrée dans la capitale de ce pays, Skopje. S’inscrivant dans une série de manifestations juives organisées en Macédoine il y a quelques jours, l’inauguration de cette synagogue commémore le souvenir des Juifs déportés de ce pays.

Uri Conforti, délégué de l’Agence Juive en Bulgarie et en Macédoine, rapporte que 200 Juifs seulement vivent encore en Macédoine, pour la plupart des descendants de rescapés ou de victimes de la Shoah. La synagogue offerte par la congrégation Beth Israël de Phoenix (Arizona) et les rouleaux de Torah offerts par les communautés juives de Californie et de Bulgarie permettront à la petite communauté locale de renouveler leur vie juive.

Outre la consécration de la synagogue, des cérémonies du souvenir des victimes de la Shoah ont été organisées dans trois villes de Macédoine: Skopje, Bitula et Shatif, en présence de délégués de l’Agence Juive, du JOINT et du Conseil des Juifs américains, ainsi que de représentants des communautés juives de Salonique, de Bulgarie, de Belgrade, Novisd et Nis.

L’Orchestre philharmonique de Macédoine a également consacré une soirée à l’évocation du souvenir des victimes de la Shoah en interprétant de la musique traditionnelle juive au cours d’un concert auquel a assisté le Premier ministre macédonien, Lupaco Georgiski.

Rappelons que 12 000 Juifs de Macédoine - pratiquement toute la communauté juive de ce pays - ont péri à Treblinka et Auschwitz pendant la Deuxième Guerre mondiale. Leurs synagogues furent rasées ou transformées en usines.

Selon Uri Conforti les relations de la petite communauté juive de Macédoine avec Israël se sont resserrées après la guerre du Kosovo. Nombre de ses membres ont visité Israël , se sont inscrits à l’Agence Juive, ou ont d’ores et déjà immigré en Israël .

Dans cette édition:

Promotion de la aliya parmi les Juifs de l’ex-URSS réfugiés en Allemagne

L’Agence Juive envisage la possibilité de proposer son programme Naaleh - d’immigration de jeunes - aux Juifs originaires de l’ex-Union soviétique qui se sont installés en Allemagne. Ce thème a fait l’objet d’une réunion spéciale de la Commission parlementaire de la Knesset chargée de l’immigration et de l’intégration.

L’Allemagne, statistiquement le troisième pays d’accueil des Juifs d’URSS, après Israël et les Etats-Unis, recense quelque 100 000 migrants juifs de la CEI, dont le rythme d’arrivée atteint les 8000 personnes par an et qui sont désormais majoritaires au sein de la communauté juive allemande.

Considérés comme réfugiés par la législation allemande, ils bénéficient d’une assistance considérable de l’État - hébergement, prestations médicales, recyclage professionnel et subsides pour l’achat de vivres. La communauté juive locale, qui a contribué activement à l’accueil des Juifs d’URSS en Allemagne, souhaite également participer aux efforts de l’Agence Juive pour encourager l’immigration en Israël .

Malgré les avantages économiques offerts par l’Allemagne, les responsables de l’Agence Juive sont convaincus de la valeur ajoutée que constitue Israël sur le plan de l’appartenance et de l’identité juives. Leah Golan, directrice de la section de l’immigration en provenance des pays occidentaux de l’Agence Juive, de retour d’un voyage d’études en Allemagne, a présenté à la Commission chargée de l’immigration et de l’intégration de la Knesset les initiatives prévues par l’Agence Juive pour promouvoir l’immigration en provenance d’Allemagne.

Selon Leah Golan, l’Agence Juive entend se focaliser sur des activités éducatives, en adaptant ses projets de promotion de l’immigration au public potentiel ciblé, ainsi de la Foire Aliya High-Tech prévue pour les mois à venir. L’Agence Juive s’efforcera également de promouvoir les idéaux sionistes parmi les adolescents et les jeunes en les mobilisant autour de son programme Naaleh.

«N’est-il pas choquant de constater que les effectifs de la communauté juive allemande ont augmenté dans de telles proportions ces dernières années du fait de l’immigration de Juifs originaires de l’ex-URSS ?» s’est demandée Naomi Blumenthal, députée à la Knesset et présidente de la Commission à l’immigration et à l’intégration. Pour la députée, il est en effet difficilement concevable qu’un demi-siècle après la Shoah, des Juifs puissent choisir de faire de l’Allemagne leur nouvelle patrie.

Dans cette édition:

Le parti ultra-orthodoxe Shas envisage d’adhérer au sionisme

Shas, parti ultra-orthodoxe fondé il y a 17 ans, envisage de se joindre au Mouvement sioniste et à l’Agence Juive. Il le fera s’il obtient, avant toute chose, l’approbation de son instance suprême: le conseil des Sages de la Torah, ensuite celle du Congrès sioniste qui se réunira dans deux ans.

Les opposants à ce parti, le troisième de la Knesset et le second en terme de coalition (17 députés) ont dénoncé le fait que l’intention déclarée de se joindre aux Institutions Nationales n’est pas inspirée par des raisons idéologiques mais pour de simples calculs matériels et pour l’obtention de postes clés.

En réponse, Sallai Méridor, président de l’Agence Juive, a déclaré que les motivations de Shas à se joindre à l’Agence Juive et au Mouvement sioniste doivent être inspirées non pas par des intérêts matériels, mais par un engagement à défendre les principes directeurs du sionisme: garantir l’unité du peuple juif, basée sur la centralité de l’État d’Israël en tant que pays juif et démocratique; renforcer l’identité juive des jeunes générations; se consacrer enfin à la poursuite de la aliya et au «rassemblement des exilés». En d’autres termes, s’insérer dans un système où Israël et la Diaspora, quelles que soient les options politiques, vivent dans la concorde.

Chaim Chesler, trésorier de l’Agence Juive, a étayé les positions de Sallai Méridor. Ce n’est qu’à la condition que ce parti fassent siens les principes directeurs du sionisme que l’Agence Juive et l’Organisation sioniste pourront l’accueillir à bras ouverts. La même thèse a été défendue par le député Yossef (Tommy) Lapid, chef du parti Shinoui, qui a exprimé sa crainte que le parti Shas ne cherche qu’à satisfaire ses besoins budgétaires. Quant au député Avraham Ravitz du parti ultra-orthodoxe Yahadout Hatorah, il a exclu toute éventualité de rejoindre les rangs de l’Agence Juive, laquelle est, à son avis «dominée par le mouvement réformé».

Dans cette édition:

Judaïsme et sionisme à Johannesbourg

Une centaine de personnes, jeunes en majorité, se sont réunies au début du mois à Johannesbourg pour fêter le mois de Adar par une soirée spéciale d’étude. C’est ce que rapporte Yaron Te’ena, délégué des Bnei Akiva à Johannesbourg.

La soirée a été organisée sous l’égide du Kollel sioniste, programme inédit parrainé par l’Agence Juive et coordonné par l’organisation Torah Mitsion pour promouvoir l’étude du judaïsme et du sionisme. Ce programme prévoit des séances d’étude en hevrouta, des conférences, des loisirs, des chabbatot et des séminaires pour toutes les communautés du pays. L’année dernière, première année de fonctionnement de ce programme, l’un des responsables à Johannesbourg était Yaïr Taleh, un jeune homme d’origine éthiopienne qui, affirme Te’ena, a été chaleureusement accueilli par la communauté juive locale.

Bien que la grande majorité des Juifs de la ville soient d’obédience traditionnelle ou orthodoxe, leurs connaissances du judaïsme sont souvent superficielles, affirme Te’ena. A l’heure actuelle toutefois, 200 hevroutot étudient la Torah et des activités de même nature sont organisées à Capetown, ville où a été inauguré le premier kollel sioniste en 1994.

«Ils font un travail sacré, nous dit Tal Glazer, délégué de l’Agence Juive en Afrique du Sud, et influent sur tous les membres de la communauté juive.»

Dans cette édition:

Prague: l’apposition de plaques réparatrices d’un affront historique

Une offense contre les juifs datant de trois siècles a été réparée il y a quelques jours par le dévoilement de plaques placées à proximité d’un crucifix érigé en 1696 sur le célèbre pont Charles de Prague. Sur ce crucifix, les édiles de la ville avaient fait inscrire l’inscription «Saint, saint, saint...» extraite de la prière de la kedousha, pour se venger contre la communauté juive dont l’un des membres, Elias Backhoffen, avait refusé d’ôter son chapeau en passant devant la statue.

Les trois plaques rédigées en tchèque, hébreu et anglais, sont considérées comme un geste de réconciliation entre Juifs et Chrétiens. Elles précisent que l’inscription injurieuse avait été placée sur le crucifix à la suite de poursuites injustes contre Elias Backhoffen, et précisent qu’elle était humiliante pour la communauté juive.

Les plaques ont été dévoilées par quarante rabbins du Conseil des rabbins d’Amérique du Nord au cours d’une cérémonie à laquelle ont assisté des représentants des communautés juives et catholiques de la ville, ainsi que le maire de Prague, Jan Kasl et l’ambassadeur des États-Unis en République Tchèque, John Shattuck. Elles sont le résultat de l’accord passé entre le maire de la ville, la communauté juive tchèque et le Conseil des rabbins d’Amérique du Nord, venus assister à leur convention annuelle dans la capitale tchèque.

La communauté juive tchèque recense dix communautés, en tout environ 3000 membres dont 1600 vivent à Prague, regroupés en une fédération gérant les institutions juives de Tchéquie. En outre, quelque 2000 personnes sont affiliées à des organismes séculiers, tels que l’Union de la jeunesse juive, l’Union mondiale des étudiants juifs, les clubs de sport Maccabi et Koah, la Wizo et la Terezin Initiative - groupement de rescapés de la Shoah. La société Franz Kafka se charge de la promotion de la culture juive, et les Amitiés Tchéquie-Israël du resserrement des liens entre les deux pays. On estime par ailleurs entre 10 000 et 15 000 le nombre de Juifs non inscrits dans les registres communautaires du pays.

La communauté juive de Prague date de plus d’un millénaire. La célèbre Altneushul, construite vers 1270, est la plus ancienne d’Europe. Le cimetière juif, qui se trouve à proximité, est particulièrement ancien et émouvant: là repose le célèbre Maharal (Yehuda Low), créateur légendaire du Golem. Le Musée juif possède l’une des collections les plus exhaustives d’art juif au monde - 40 000 articles et 100 000 ouvrages rédigés en Bohème et en Moravie.

La communauté juive de ce pays a été décimée par la Shoah, 80 000 de ses membres ont disparu. Sous le régime communiste, la situation des rescapés était difficile, les activités communautaires soumises à un contrôle strict du pouvoir. Le procès Slansky de triste mémoire (en 1952) réveilla l’antisémitisme à l’égard de plusieurs Juifs communistes accusés de tous les crimes, et notamment de sionisme. La «Révolution de velours» de 1989 s’est soldée par une nette amélioration de la condition des Juifs tchèques et par un regain de l’identité juive.

Les Juifs praguois ont à leur disposition trois synagogues, un restaurant cacher, deux maisons de retraite, un jardin d’enfants parrainé par la Fondation Lauder, une école et un lycée juifs.

Mira Naveh, directrice de la section Europe de l’Agence Juive, se rend à Prague toutes les six semaines pour rencontrer des immigrants potentiels et des personnes souhaitant visiter Israël et participer à des activités de volontariat. L’oulpan de l’Agence Juive à Prague comprend douze classes: ses 200 élèves s’y retrouvent trois fois par semaine; celui de Brno, trois classes et 40 élèves.

Dans cette édition:

Comment gagner sa vie en Israël

A Los Angeles, un cours destiné aux candidats immigrants

Comment gagner sa vie et celle de sa famille en Israël ? C’est l’un des soucis principaux de ceux qui envisagent une aliya ou un retour en Israël.

C’est pour mieux répondre à cette question que le Centre de l’Aliyah de l’Agence Juive à Los Angeles a décidé de parrainer un cours de perfectionnement pour candidats à l’immigration en Israël. Des hommes d’affaires israéliens chevronnés se sont entretenus avec les soixante participants à ce cours.

Zvi Halamish, directeur financier de la Direction israélienne des domaines, a souligné le besoin en Israël d’hommes d’affaires anglophones pour satisfaire la demande d’un marché florissant et facilité par les changements intervenus en matière de politique fiscale.

Avi Feigenbaum, directeur du Centre des PME de Haïfa, a expliqué la procédure de création d’entreprises en Israël. Ancien délégué de l’Agence Juive à Los Angeles, Feigenbaum a fait l’exposé des avantages proposés par les instances du genre de celle qu’il dirige à l’heure actuelle.

Selon Larry Tishkopf, délégué de l’Agence Juive à Los Angeles et coordonnateur du cours, Israël recherche des anglophones dynamiques. Tishkopf espère qu’à l’avenir le cours sera dispensé par des immigrants bien intégrés dans le secteur économique israélien et par les meilleurs spécialistes de ce secteur, dont l’exemple personnel servirait de modèle aux immigrants potentiels.

Dans cette édition:

Des structures de formation professionnelle en CEI

Olim potentiels et technologies de pointe

Une vingtaine de médecins qui se préparent à émigrer en Israël ont achevé la semaine dernière un cours préparatoire de trois mois en informatique au Centre technologique de l’Agence Juive à Ekaterinbourg. Le cours a été dispensé en anglais facile, et une place privilégiée a été accordée à la terminologie scientifique en langue hébraïque qui leur permettra de s’insérer plus aisément dans le marché israélien du travail.

«Il me sera désormais plus facile de me débrouiller en Israël», affirme le Dr Vladimir Sosovski, un gynécologue de 32 ans, qui vient d’achever ce cours et s’apprête à immigrer en Israël vers la fin du mois de mars. Il ajoute: «En Russie, les technologies de pointe n’ont pas encore envahi le secteur médical. Grâce à ce cours, j’ai pu apprendre l’utilisation de l’ordinateur dans mon travail quotidien, chose que j’ignorais auparavant.»

C’est également le cas de Valéry Mildin, jeune phlébologue de 35 ans, qui estime avoir acquis plus de confiance en lui grâce à ce cours: «Ayant appris la navigation sur l’Internet, l’informatique et le maniement des logiciels d’assistance médicale par ordinateur exploités en Israël, je suis convaincu que je trouverai plus facilement un emploi en Israël.»

Les Drs Sosovski et Mildin, à l’instar de dizaines de médecins et de diplômés d’universités, font partie de la première promotion de ce cours ouvert par l’Agence Juive en décembre 1999. Selon le rapport du chef de la délégation de l’Agence Juive à Ekaterinbourg, Asher Oliamperl, une quarantaine d’ingénieurs, d’économistes et de membres des professions libérales suivent dans le Centre des cours d’informatique adaptés à leurs besoins professionnels spécifiques.

Le Centre a également ouvert un «Cybercafé» fréquenté par plus d’une centaine de jeunes Juifs curieux d’apprendre les potentialités de l’informatique et des médias électroniques.

Outre ce Centre technologique d’Ekaterinbourg, l’Agence Juive a ouvert deux structures similaires à Dniepropetrovsk (Ukraine) et Minsk (Biélorussie) avec la collaboration du réseau ORT et de la Fondation Mortimer Harrison. L’objectif reste le même: enseigner les technologies de pointe et la terminologie spécialisée en anglais et hébreu avant l’arrivée des immigrants en Israël. «La meilleure façon de faciliter leur intégration», affirme Oliamperl.

Ekaterinbourg, l’ancienne Sverdlosk, ville natale de Boris Elstine, est située dans l’Oural, à la limite entre l’Europe et l’Asie. L’Agence Juive estime à 20 000 le nombre de Juifs de la ville. La vie communautaire y est relativement active, avec une dizaine d’associations et de délégations, dont celle de l’Agence Juive, du JOINT, de Habad, Beit Hillel, le Congrès Juif russe, Vaad et Menorah. L’Agence Juive y organise trois oulpanim d’hébreu auxquels sont inscrits à l’heure actuelle 360 élèves, un Centre technologique, un club pour jeunes et des camps d’été et d’hiver.

Dans cette édition:

L’aide humanitaire israélienne aux victimes des inondations en Afrique du Sud

Des milliers d’habitants du township d’Alexandra, près de Johannesbourg, ont été victimes des inondations de la semaine dernière.

Tal Glazer, chef de la délégation de l’Agence Juive en Afrique du Sud, a pris l’initiative d’une action humanitaire dans cette région, conjointement avec les directeurs des mouvements de jeunesse sionistes, les associations d’étudiants et la communauté juive de Johannesbourg. Six tonnes de vivres et d’équipements ont ainsi été recueillies.

Amos Hermon, président du Comité éducatif de l’Agence Juive, a accordé l’aval de l’Agence Juive à cette mission humanitaire, à la condition que les autorités municipales de Johannesbourg se chargent de faire escorter le convoi vers ce township, connu comme zone dangereuse. Pour garantir que les vivres atteignent leur destination, les camions du convoi portaient sur des panneaux les mises en garde suivantes: «N’attaquez pas ces camions. Ils nous amènent des vivres».

Dans cette édition:

Une semaine en Israël

Grève du secteur médical israélien depuis plusieurs jours. Les médecins protestent contre l’érosion de leurs salaires.



Alerte dans les services israéliens de sécurité la semaine dernière, de crainte d’un attentat du Hamas. Il est question de le prolonger jusqu’à la fin de Pourim.



Nomination d’Avraham Dichter, ancien membre de la Sayeret Matkal (commando d’élite de l’état-major israélien), qui succédera à Ami Ayalon à la tête des Services de sécurité.



Signature la semaine dernière d’une convention entre Juifs, Chrétiens et Musulmans dans le dessein d’améliorer l’écologie et la qualité de vie en Israël.

Dans cette édition:

Des sports d’hiver pour célibataires juifs en Suisse

Un séjour de six jours dans la station suisse d’Arosa est proposé cette semaine à des célibataires juifs de 28 à 48 ans. Ski et snowboard au programme, sauna et centre de remise en forme, mais aussi rencontres, échanges de vues avec des membres d’autres communautés européennes.

Les participants auront l’embarras du choix parmi les activités mises à leur disposition par l’hôtel **** dans cette belle station de sports d’hiver. La rencontre a été coordonnée par YACHAD, réseau européen de célibataires juifs.

Dans cette édition:

Pourim à travers le monde

Ce lundi soir, les Juifs du monde entier vont se rendre à la synagogue, lire le Livre d’Esther (la Meguilla) et célébrer la fête de Pourim. Fête joyeuse du calendrier juif, Pourim est marqué le 14 Adar, par l’échange de friandises et de pâtisseries, de dons aux pauvres et de déguisements. Les années embolismiques comme celle-ci, un mois supplémentaire est ajouté au calendrier, Adar II. Dans les villes entourées de remparts, comme à Jérusalem, la fête est célébrée le 15 Adar, jour de Shoushan Pourim.

Le Centre pédagogique du Département de l’éducation de l’Agence Juive nous a communiqué les détails suivants concernant la manière dont Pourim est célébré dans les diverses communautés juives du monde, celles d’hier et celles d’aujourd’hui.

En Perse, pour commencer, puisque c’est dans l’Empire perse que les Juifs célébrèrent pour la première fois leur victoire providentielle sur Aman , le grand vizir d’Assuérus, qui après avoir lancé ses dès, fomentait leur perte le 13ème jour du mois de Adar. Pour commémorer ce pour («tirage au sort» en accadien), les enfants préparaient une effigie d’Aman qu’ils revêtaient de vêtements bourrés de poudre à canon, la pendaient à un gibet érigé dans la cour de leur maison et l’incendiaient.

En Afghanistan, les enfants dessinaient des effigies d’Aman sur du papier et du carton et les piétinaient pendant la lecture de la Meguillah. Ils se servaient aussi de socques de bois qui, tapées les unes contre les autres, faisaient un bruit d’enfer.

A Boukhara, il neigeait à Pourim. Alors on faisait un grand bonhomme de neige incarnant Aman près de la synagogue, dont le torse était déformé, les jambes décharnées et la tête éléphantesque: deux morceaux de charbon pour les yeux, une carotte pour le nez et un peu de betterave pour la bouche et le tour était joué. La chaîne «dorée» en pelures de pastèque qui pendait sur le ventre du bonhomme symbolisait les fonctions élevées d’Aman. Sur la tête était placée un vieux pot. Après le repas de fête, la communauté se réunissait autour d’Aman, allumait un grand bûcher et tous attendaient en chœur la fonte du bonhomme de neige.

Dans le Caucase, les femmes fabriquaient du charbon de bois dans leur cuisine. De retour de hommes de la synagogue et de la lecture de la Meguillah, les hommes les interrogeaient sur la nature de ces charbons. Elles devaient alors répondre «Aman », à quoi les hommes rétorquaient «Brûle-le» et les femmes les jetaient dans l’âtre.

En Égypte, les jeunes garçons chevauchaient à Pourim des chevaux, des ânes et des chameaux pour parcourir les venelles des quartiers juifs, commémorant ainsi le verset: «[...] Il le promena à cheval par la grande place de la ville, en s’écriant devant lui: ‘Voilà ce qui se fait pour l’homme que le roi veut honorer!’» (Esther VI, 11).

En Libye, les enfants jetaient au feu une effigie d’Aman, chacun s’efforçant de sauter le plus haut qu’il pouvait au-dessus du bûcher.

En Tunisie aussi on brûlait l’effigie d’Aman. Les tout-petits confectionnaient des effigies d’Aman en papier tandis que les plus grands en faisaient de grandes à l’aide de chiffons, de vieux vêtements et de paille. Les Juifs de la ville se réunissaient non loin de l’école où un bûcher avait été préparé. Les enfants jetaient leurs effigies de papier ou de chiffons dans le feu, les battant à l’aide de bâtons spéciaux préparés pour la circonstance jusqu’à ce que le feu les consume. Après quoi, du sel et du soufre étaient jetés dans les braises aux cris de «Longue vie à Mardochée», «Maudit soit Aman », «Bénie soit Esther », «Maudite soit Zerech».

En Algérie, les enfants allumaient des cierges pendant le repas de fête.

Au Yémen, avant Pourim, les enfants nouaient en croix des bâtons, les recouvraient et criaient de toutes leurs forces «Aman le méchant». Un dicton juif yéménite évoque d’ailleurs cette coutume ancestrale. Dans la ville yéménite de Asaddeh, on fabriquait une grande effigie d’Aman en chiffons, on la plaçait sur un âne et les enfants la promenaient de maison en maison. Chacun ouvrait sa porte, donnait des friandises aux enfants tout en crachant et en jetant des seaux d’eau sale sur l’effigie d’Aman .
Dans certaines localités yéménites, les enfants hissaient un épouvantail sur une charrette tirée par un cheval. Deux perles de verroterie servaient d’yeux, une barbe était fixée à son menton et on le revêtait de vêtements de couleur vive. Les enfants précédaient la charrette en criant «Voilà ce qui se fait pour le méchant Aman». La veille de Pourim, Aman était pendu à un arbre dans la cour de la synagogue, les enfants lui jetaient des pierres jusqu’à ce qu’il ne restât de lui que les deux bâtons croisés qui étaient alors jetés au feu. Les participants ne s’en allaient que quand il ne restait plus que des cendres et de la poussière.

A Salonique, des gâteaux d’Aman étaient préparés la veille du Chabbat Zekhor et placés sur les rebords des fenêtres jusqu’au repas de fête. On les découpait alors symboliquement en tranches et on les dévorait.

En France, les enfants ramassaient de petites pierres lisses sur lesquelles ils inscrivaient le nom d’Aman, qu’ils jetaient en chœur pendant la lecture de la Meguillah à chaque fois qu’était mentionné le nom d’Aman, conformément au verset biblique «Tu effaceras la mémoire d’Amalek...» (Deutéronome XXV,19).

En Italie, les enfants se séparaient en deux groupes qui se lançaient des noix. Les adultes parcouraient les rues de la ville montés sur des chevaux et tenant en main des branches de cyprès, plaçaient une effigie d’Aman sur un promontoire et l’encerclaient au son des trompettes.

En Allemagne, la veille de Pourim, on allumait des torches contenant de la poudre à canon. Pendant la lecture de la Meguillah, les torches explosaient en faisant un bruit assourdissant. Dans une ville allemande, deux bougies étaient allumées à la synagogue, l’une intitulée Aman, l’autre Zerech (la femme d’Aman) et on les laissait brûler jusqu’au bout en signe de vengeance contre les ennemis d’Israël. On préparait aussi des gâteaux en forme de pantins qu’on appelait «Aman» et que les enfants dévoraient en commençant par la tête.

Dans cette édition:

LA RECETTE DE LA SEMAINE

«Oreilles d’Aman» (Hamantaschen) aux noix ou aux dattes

Pour la pâte:
3 verres de farine
200 g de margarine
4 jaunes d’œufs
1/2 verre de lait
1/4 de verre de sucre glace

Pour la farce aux noix:
150 g de noix concassées
50 g de pignons
1/2 jaune d’œuf
1/4 de verre d’eau
1/2 verre de sucre
2 cuillerées à soupe de miel

Pour la farce aux dattes:
250 g de dattes écrasées
1/4 de verre d’eau
50 g de noix concassées
de la cannelle

Mélanger tous les ingrédients de la pâte jusqu’à l’obtention d’une pâte ferme et lisse. Mélanger tous les ingrédients de la farce choisie; pour celle aux dattes, faire cuire à petit feu les ingrédients à l’exception des noix. Laisser refroidir. Abaisser la pâte à une épaisseur de trois millimètres. Y découper des rondelles de 6 à 8 cm de diamètre. Déposer la farce avec une cuillère à café au centre de chaque rondelle de pâte et former trois triangles de pâte au-dessus de la farce. Mettre à four moyen 25 à 30 minutes. Laisser refroidir avant de saupoudrer de sucre glace. Conserver dans une boîte métallique de préférence.

BON APPETIT!

Beteavon!

Dans cette édition: