UNE VALISE RICHE EN SOUVENIRS DE FAMILLE
Pour Yom Hamichpakha - la fête de la famille célébrée récemment en Israël, Ilan Rubin, Secrétaire général de lAgence Juive et son épouse Cynthia se sont rendus à lécole de leur fille Liora, comme la plupart des parents délèves. Un événement spécial leur était réservé.
Dans cette école est mené par le Centre Frenkel déducation juive un programme spécial intitulé Vechinanta le banekha («Et tu inculqueras [ces commandements] à tes enfants, tu les répéteras dans ta maison...», verset du Chema Israël figurant dans le Deutéronome que tout Juif doit prononcer deux fois par jour). Chaque élève de lécole devait apporter ce jour-là en classe un objet possédant une signification particulière pour tous les membres de sa famille. Tous les objets ont été placés dans une valise entrouverte. Lenseignante les a retirés lun après lautre, et le parent ou lélève devait expliquer limportance quil revêt pour tous les membres de sa famille.
«Ces simples bougeoirs de métal me viennent de ma grand-mère qui les a emportés le jour où elle sest enfuie de Galicie après la Première Guerre mondiale», a expliqué la mère de Liora. «En 1939, quand ma propre mère a quitté Vienne où sétait réfugiée ma grand-mère, ne pouvant emporter dobjets de valeur, elle prit avec elle ces bougeoirs comme souvenir de sa maison et de ses racines juives. Mes parents sont allés sinstaller au Canada après la Deuxième Guerre mondiale, et ces bougeoirs sont devenus le seul souvenir du passé de leur famille. Et quand jai fait mon aliya, il y a presque trente ans, ma mère me les a confiés.»
Amit, dorigine marocaine, raconte que la Hemsa quil a apportée en classe, était restée dans sa famille pendant 22 générations - soit depuis lexpulsion dEspagne. Depuis leur départ du Maroc, ses parents la gardent jalousement: elle est suspendue en bonne place dans leur maison du quartier de Mousrara à Jérusalem.
«Cette Haggadah a été imprimée à Bagdad en 1896, explique Ofra, linstitutrice. Voyez comment elle a été réparée à laide de papier journal, tant les gens étaient pauvres à lépoque! Quand mon grand-père fut emprisonné pour activités sionistes, il la prit avec lui en prison. Puis il la donna à mon père, comme symbole de la nostalgie pour Sion en Diaspora. Pendant des années, malgré toutes les Haggadot richement illustrées dont mes parents ont fait lacquisition, mon père a toujours insisté pour que ce soit celle-ci qui soit lue pendant le seder de Pessah, afin, disait-il, que nous nous souvenions doù nous venions et pourquoi nous sommes ici.»
Lobjet suivant extirpé de la valise est un petit siddour («livre de prières») à la reliure en plastique ordinaire. «Mon grand-père mavait recommandé dacheter un siddour avant de partir effectuer ma période de réserve à larmée, au Liban, au début des années 80, raconte le père de Dani. Il disait que chez lui, en Pologne, jamais un Juif ne quittait sa maison sans livre de prières. Et comme il était arrivé dEurope totalement démuni après la guerre, il ne possédait pas de siddour supplémentaire quil aurait pu me donner. Pendant cette période de réserve, le siddour en poche, jai vu la mort de très près, et soudain, jai ressenti dans ma chair le lien entre les traditions juives et mon pays, Israël. Depuis, ce livre de prières ne me quitte plus.»
«Regardez ces trois photos, dit la mère de Michal: cest moi petite fille en Roumanie, avec mon père et ma mère. Nous sommes soignés, raides et sérieux. Là, je suis avec mes nouveaux amis en Israël, dans la maabara (villages de tentes ou de préfabriqués où étaient hébergés les immigrants dans les années cinquante): jai lair décontractée, heureuse, malgré les conditions difficiles dans lesquelles nous vivions. Cette photo-là, cest Michal à son anniversaire. Regardez comme elle me ressemble quand jétais petite fille en Roumanie, et pourtant comme elle est différente!»
«Ce petit garçon cest moi, annonce le père dAviva, jai trois ans et je tiens en main le journal new-yorkais qui annonçait le vote de lONU en 1948. Quand jai fait mon aliya, 25 ans plus tard, jai ressenti en contemplant cette photo que javais bouclé une boucle...»
«Ma grand-mère était une pionnière dorigine allemande, la fille aînée de ses parents, raconte la mère de Reut. En quittant sa famille dans les années trente, elle se refusa à emmener tout ce qui pouvait lui rappeler son pays dorigine. Sa mère lui donna ce collier la veille de son départ, pour marquer sa re-naissance en Israël. Grand-mère loffrit à son tour à ma mère le jour de ma naissance, et jespère le donner à Reut le jour où elle donnera naissance à sa fille aînée!»
Et cette vieille valise doù étaient extraits tous ces trésors de famille, doù vient-elle? Elle aussi a une histoire émouvante: «Quand nous avons obtenu lautorisation de quitter la Russie, nous navions pas dargent pour nous offrir de belles valises, raconte le père dIlana. Arrivés en Israël, nous nous apprêtions à la jeter, mais nous nous sommes dits quil fallait la garder en souvenir de notre vie antérieure et de notre bonheur de vivre dans notre pays.»
Ilan Rubin et sa femme ont été particulièrement émus de lattachement témoigné par chacun des camarades de classe de leur fille pour ces menus objets qui font partie intégrante de litinéraire et de la mémoire de leur famille, mais aussi qui attestent de lidéal sioniste transmis de génération en génération. Ce programme du Centre Frenkel a réveillé des souvenirs familiaux et des sentiments dattachement indéfectibles à la terre dIsraël.
«Les prophètes du post-sionisme en Israël et à létranger simaginent quils comprennent la réalité israélienne à travers la presse. Sils avaient la chance dassister un jour à un Yom Michpakha de ce genre, ils se rendraient compte de ce que représente ce pays pour nous, et les souvenirs que nous gardons précieusement des pays que nous avons quittés.»
Dans cette édition:
UN TIMBRE À VOTRE EFFIGIE
À LA FOIRE INTERNATIONALE DE PHILATÉLIE DE JÉRUSALEM
La Foire internationale de philatélie de Jérusalem souvre aujourdhui, 18 mars et durera quatre
jours, au Centre des congrès de la capitale. Elle est conjointement organisée par lAssociation philatélique israélienne et par le service de philatélie de la Poste israélienne. Chaque visiteur pourra, pour la modique somme de 35 shekels, se faire photographier et recevoir une série de seize timbres à son effigie.
Des timbres rares et dautres artefacts seront exposés dans 500 vitrines pour le plus grand plaisir des collectionneurs. Outre les collections juives et israéliennes, plusieurs pays seront représentés à cette foire, notamment lItalie, lAllemagne, lArgentine et lEspagne.
Dans cette édition:
LA RECETTE DE LA SEMAINE
Bientôt la saison chaude. Quoi de meilleur quune soupe froide pour commencer un repas? Voici une recette de gazpacho, particulièrement populaire en Espagne et au Portugal.
Ingrédients
500 g de tomates
1 concombre
2 poivrons verts épépinés
3 tranches de pain de mie (sans la croûte) ou 4 cuillerées à soupe de poudre damandes
1 petit oignon ou quelques oignons de printemps
2 gousses dail
4 cuillerées à soupe dhuile dolive
3 cuillerées à soupe de vinaigre de vin
3 cuillerées à soupe de concentré de tomate
1 cuillerée à soupe de menthe, marjolaine ou persil finement ciselé
1 ou 2 verres deau
sel, poivre
Préparation
Ébouillanter les tomates et les peler. Laver le concombre et les poivrons et les couper en dés.
Tremper le pain dans de leau, bien lessorer et le placer dans le robot avec les autres ingrédients (ou de la poudre damandes).
Ajouter de leau froide pour obtenir un mélange homogène. Placer quelques heures au réfrigérateur avant de servir.
BON APPETIT!
Beteavon!
Dans cette édition: